[À la découverte de] Ophélie Bruneau, SFFF power

Aujourd’hui, nous avons l’honneur d’accueillir Ophélie Bruneau. Amatrice de tenues à froufrous, de chapeaux miniatures, de sauvetage d’animaux et de poupées mannequins du monde entier, elle est aussi autrice de SFFF. Son roman « Et pour quelques gigahertz de plus » aux éditions Ad Astra a été finaliste du Prix Julia-Verlanger et coup de cœur des Bibliothèques municipales de la ville de Paris en 2012. Elle a publié (entre autres) sa série « Ana l’Étoilée » aux éditions du Chat Noir, a collaboré avec Florent Maudoux sur les romans tirés de sa BD « Freaks’ Squeele » et elle a rejoint le groupe The Deep Ones, un collectif de musiciens et d’auteurs de l’imaginaire proposant des lectures de textes en live avec accompagnement musical.
Ce mois-ci, vous pourrez découvrir son nouveau roman Young Adult, « L’Enceinte 9 », chez Lynks Editions.

LPps2018

Photo de Philippe Schroeder.

Ophélie, bienvenue dans mon Terrier. Pour les lecteurs du blog, je te laisse en dire plus sur toi et ton parcours d’autrice.

Oh, c’est chouette ici ! Ça a l’air confortable. J’ai apporté des chocolats, est-ce que tu en veux ?
Ophélie Bruneau, c’est le vrai nom écrit sur ma carte d’identité. Si j’avais choisi un pseudonyme, j’aurais opté pour quelque chose de plus exotique, sans doute.
Les mots, les histoires, j’ai toujours vécu dedans, la faute à un cerveau bizarre qui interagit mal avec les gens en chair et en os, mais je n’imaginais pas être publiée. Et puis en 2006, j’ai réussi le NaNoWriMo : 30 jours, 50000 mots. C’était moins dur que je ne le craignais. Ça m’a donné envie d’aller plus loin. Depuis, je louvoie dans le joli petit milieu des littératures de l’imaginaire avec plein de nouvelles publiées, une dizaine de romans et quelques belles collaborations.

Quel est le processus de création de tes romans ? Comment construis-tu tes histoires, tes personnages… ? Qu’est-ce qui, à un moment, te fait dire que tu tiens une histoire à raconter ?

Tout commence par une image, une ambiance, une ébauche de scène, un thème qui gagnerait à être abordé autrement (cf. Catherine Dufour et son idée du « livre manquant »). Je garde, j’attends, j’ajoute d’autres ingrédients. Peu à peu, les personnages s’esquissent, la base prend forme. Ensuite vient la réflexion, comment donner vie à ces fragments, dans quel univers, comment articuler l’intrigue pour qu’elle tienne la route. Je me documente, je pose un plan succinct. Je me donne des contraintes (« les deux parents du héros sont en vie et il leur parle encore » ou bien « inclure des poules ») pour que l’écriture ressemble à un jeu. Un jour, je me lance dans la rédaction. Et bien entendu, je ne suis mon plan qu’à moitié.

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Lequel de tes personnages préfères-tu ? Et au contraire, à qui aimerais-tu mettre une claque derrière la tête ?

J’ai un faible pour les clowns, les gentils qui parlent fort et qui font des blagues, typiquement, Léonie dans L’Ouroboros d’argent.
Quand je suis passée de l’autre côté du miroir pour Freaks’ Squeele, je me suis rendu compte que les personnages préférés de l’auteur n’étaient pas les mêmes que ceux du lecteur. Dans le trio de héros, je m’identifie davantage à Xiong Mao la studieuse, mais à écrire, Chance est beaucoup plus fun.
Bref, oui aux personnages marrants, non aux fourbes, aux moralisateurs et à ceux qui refusent de se remettre en question (Artie, je te vois, je t’aime mais tu es un vilain).

Quel est ton meilleur souvenir d’autrice ?

À chaque personne qui s’arrête devant moi parce qu’on lui a recommandé un de mes livres, à chaque festival qui m’invite, à chaque éditeur qui dit « oui » à un de mes romans, à chaque anthologiste qui me demande une nouvelle, c’est le plus beau jour de ma vie. Il y a des périodes très fastes où c’est le plus beau jour de ma vie plusieurs fois dans la journée.

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Où puises-tu tes inspirations ?

Dans mes rêves, dans les rêves des autres (coucou Robert Darvel), dans les transports en commun, dans mes lectures (coucou Karim Berrouka), dans mes sorties ciné… Le secret, c’est de garder les écoutilles ouvertes en grand, et aussi de réfléchir beaucoup, parce que l’étincelle initiale ne suffit pas à faire une histoire. Écrire, c’est aussi et surtout du boulot.

Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le dernier film (ou série) vu ?

Dans la collection Aventure des fascicules du Carnoplaste, je viens de lire les deux fictions préhistoriques de Xavier Dollo, un drôle d’exercice de style où l’auteur parvient à écrire au premier degré en apparence, tout en étant en fait complètement méta.
Rien à voir avec le rattrapage de l’intégrale Ghost in the Shell : Stand Alone Complex que nous avons fait avec mon mari.
À moins que…
Non, vraiment pas.

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Raconte-nous une journée idéale.

Si je peux me lever naturellement, sans réveil, sans contrainte, c’est un bon début. Et bien manger, aussi. La bouffe, c’est la vie. Le reste peut et doit changer : film, balade, musée, salon littéraire, ce qui compte, c’est le bonheur de la découverte et du partage.
La journée idéale d’aujourd’hui n’est pas la même que celle de demain. Quant à savoir si elle inclut une séance d’écriture… Parfois oui, parfois non !

Si tu pouvais aller prendre un café avec un artiste (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?

Neil Gaiman ! C’est un des créateurs avec lesquels je me sens le plus en phase, je vois les faiblesses de ses œuvres mais ses forces les compensent au centuple. Il y a une humanité profonde aussi bien dans ses textes que dans sa présence sur les réseaux sociaux.

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Et enfin, quels sont tes projets à venir ?

L’Enceinte 9, un roman YA à l’ambiance dystopique, paraîtra le 22 août 2019 aux éditions Lynks. J’aurai l’occasion de le dédicacer, et de rencontrer du monde par la même occasion, aux Aventuriales fin septembre, aux Halliennales début octobre, et probablement aux Utopiales à la Toussaint.
D’ici à la fin 2019, j’ai pour but d’écrire deux nouvelles, puis de finir deux premiers jets de romans : un polar fantastique et un gros projet steampunk. Faut pas traîner, la pile à écrire est haute comme ça !

Un grand merci à Ophélie d’avoir répondu à mes questions ! Vous pouvez la retrouver sur son site internetsa page facebook ou encore sur Twitter.

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