[Avis] The Burning World, Isaac Marion

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Voilà donc un roman que j’attendais depuis très longtemps ! Après avoir été immensément déçue par le film en 2013, j’ai dû me replonger un certain nombre de fois dans la lecture du roman. Même sans la catastrophe du film, j’aurais lu et relu le roman, je l’avoue. Je ne vais pas refaire l’apologie de « Vivants », mais si vous avez raté mon article à ce sujet, je vous invite à cliquer ici.

En septembre dernier, Isaac Marion lançait les précommandes de la suite de « Vivants ». Enfiiiiiiin, me suis-je exclamée. Sortie prévue en février. Mais pourquoiiiiiii ? me suis-je lamentée.

Et en février, le précieux arrivait.

Première réaction : il est épais. Bien plus que « Vivants ».
Deuxième réaction : j’arrête toutes mes lectures en cours et je m’y mets.

J’ai mis un peu de temps à le lire. Déjà parce qu’en anglais, j’évite de parcourir les paragraphes à grande vitesse. Et de deux, je ne voulais pas le terminer. 5 ans d’attente pour 5 jours de lecture ? Blah. Mais vraiment, le roman a été à la hauteur de l’attente.

« The Burning World » reprend l’histoire là où elle s’était arrêtée. Nous retrouvons donc R et Julie quelques semaines seulement après les événements de la fin de « Vivants », et pour ceux qui n’auraient plus en mémoire leurs péripéties, un discret rappel des faits permet de ne pas être perdu.

J’avais adoré « Vivants ». Et découvrir « The Burning World » a été comme une grande claque dans ma figure.
« Vivants » était une jolie histoire pleine de poésie et de questionnements. « The Burning World » pousse la réflexion plus loin, jusqu’à presque en délaisser le couple formé par R et Julie. Alors qu’ils œuvraient pour répandre le remède de la guérison pour les zombies, ils se retrouvent face à un groupuscule mystérieux qui veut prendre le contrôle de ce qu’il reste du monde. Un groupe mené par un personnage caché, issu du passé de R, aux méthodes qui ne sont pas sans faire écho à notre propre société.

R apprend à refonctionner comme un être humain et se pose toujours autant de questions. Sa vie précédente, qu’il essaie d’enfouir, ressurgit et laisse apparaître un homme à mille lieues de celui qu’il voudrait être. Il se retrouve lié aux événements qui ont conduit à l’avènement des zombies, et s’interroge sur les « secondes chances ».
Julie, de son côté, se bat contre ses démons et montre un côté sombre qui laissera des traces. Toutes ses fêlures aperçues dans « Vivants » se trouvent exacerbées, la jeune fille pleine d’espoirs disparaît peu à peu, glissant lentement dans ce qu’est devenu le monde : le chaos et la loi du plus fort.

Les personnages secondaires prennent plus d’importance. Marcus a accepté les souvenirs de sa vie d’avant et veut aider R à faire de même. Nora est incroyable et est devenue un des phares de l’histoire. Un autre personnage, aperçu dans « The New Hunger » (préquelle de « Vivants »), commence à faire le lien entre tous les événements.

« The Burning World » est une sorte de road-trip dans un monde ravagé, des quêtes personnelles qui deviennent celles de la survie de l’humanité, des choix qui marqueront chacun des personnages. Tous les fils noués commencent à se défaire.

Isaac Marion nous plonge dès les premiers mots dans l’univers familier de « Vivants ». L’écriture est chargée, comme si elle voulait nous offrir toute la palette possible des émotions, mais elle happe. Le roman est beaucoup plus lourd que le précédent, et détonne par son caractère extraordinaire : jamais je n’aurais pensé avoir droit à une telle épopée après la fin pleine d’espoir de « Vivants ».

L’auteur a un don pour les mots et les personnages, il décrit les situations sans prendre de gants et nous jette dans son histoire sans filet, en amenant une tension sur les derniers chapitres qui empêche de fermer le livre avant la fin. C’est bien mené, bien écrit, et ça surprend.

Isaac Marion a réussi le pari de ne pas me décevoir sur cette suite tant attendue. Si vous lisez en anglais, je ne peux que vous encourager à acheter et lire cette (grosse) pépite. Plus le monsieur fera des bonnes ventes, et plus vite nous pourrons lire « The Living », la suite et fin de cette saga !

Où acheter ? Directement sur le site de l’auteur ICI ou sur Amazon.

Oniriques 2017

Les Oniriques, j’ai fait les deux premières éditions en touriste. Deux éditions et quatre ans que je rêve d’y aller en tant qu’autrice. Rêve réalisé en 2017 ! \o/

Tellement de choses à dire de ce salon…

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Crédit photo : Jean-François Marin

L’accueil adorable des bénévoles et organisateurs.
Le marché incroyable avec des artisans tellement doués que je voulais tout acheter.
Les livres par centaines.
Les auteurs qu’on revoit, qui sont presque des copains maintenant, ceux qu’on rencontre, et qui m’ont fait une place parmi eux.
Cette anthologie pleine de créatures étranges et d’auteurs extraordinaires, si extraordinaires que je suis encore sur mon nuage d’avoir mon nom sur la couverture.
La table ronde du samedi, avec Karim Berrouka et Frédéric Czilinder, modérée par Adrien Party. Un des meilleurs moments du salon pour moi !
Les lecteurs, les habitués ou ceux qui ont découvert mes zombies.
Les pizzas ! Je ne me rappelle plus du nom du resto, mais je crois que c’était la meilleure chèvre-miel du monde.

C’était top !

C’était la première fois que je vendais mon stock complet de bouquins (même si j’ai été aidée par une flaque de café), j’ai signé une foule d’anthologies (« Vous pouvez me dire où sont les autres auteurs ? » « Déjà, vous pouvez repérer celle qui a les cheveux verts, c’est le plus facile. »), j’ai parlé zombies avec des gens inspirés, j’ai retrouvé des copains, j’ai bien rigolé avec Ana Dess qui n’a pas eu une minute à elle, j’ai passé un bon moment de dédicaces avec mes voisins de tablée Lou Jan et Bruno Pochesci, puis les sorcières de Wish sur la table antho, j’ai acheté des livres, j’ai fait signer trois exemplaires de « Moi, Peter Pan » à Michael Roch (lisez-le), on m’a planté une jolie barrette dans les cheveux et vendu un crâne en bois…

Un grand merci à tout le monde, orgas, bénévoles, lecteurs, copains, auteurs, éditeurs, artisans. Merci à Fred d’Omerveilles et à son super et souriant stagiaire d’avoir géré tout ça. Vous avez fait de ce week-end un très chouette moment. ♥

[Avis + concours] Moi, Peter Pan – Michael Roch

4e de couverture :
« – Tu pleures ?
Les montagnes sont bleues derrière ses yeux. Une couleur de pluie passée qui regarde, une fois au sol, le souvenir amer de son nuage.
– Peter, répète-t-elle, tu pleures ? »

Offrant une nouvelle vision du personnage, complémentaire et à la fois détachée de celle imaginée par James M. Barrie, Michael Roch revisite le mythe du garçon qui ne veut pas grandir.

Moi, Peter Pan est un roman contemplatif, onirique et d’une poésie saisissante à lire en empruntant le chemin vers la deuxième étoile à droite avant de filer tout droit jusqu’au matin…

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Il y a des livres qui laissent un filament doré dans les pensées, bien après l’avoir refermé.
Des livres qui s’ouvrent doucement dans un froissement de papier et qui transportent l’explorateur étonné dans des contrées qu’il pensait familières.
Des livres qui se savourent, se dévorent, et qui, au lieu de laisser un vide derrière eux, remplissent l’obscurité d’étoiles.

« Moi, Peter Pan » est de ceux-là.

Dans une poésie teintée de mélancolie, Michael Roch nous offre une vision du célèbre personnage que l’on connaît tous, détachée et pourtant ancrée dans l’imaginaire collectif. C’est là toute la force de ce roman. On y retrouve Peter Pan, bien sûr. On discute avec son ombre, on vole avec Clochette, on aime Lili la Tigresse, on tremble face aux pirates et on regrette Wendy. Tout ce qui fait la familiarité du Pays Imaginaire est présent, mais autrement. Le ton plus adulte, plus torturé, plus onirique, fait qu’on se retrouve en terrain connu, seulement dans un autre temps.

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Il est difficile de raconter « Moi, Peter Pan ». Le roman ne suit pas un fil conducteur mais est une succession de courts instants de la vie de Peter Pan. Avec toute la complexité du personnage, ces moments sont des immersions dans ses doutes, ses douleurs, et ses rêves.

L’écriture est bouleversante. Avec des mots simples mais qui font mouche, Michael Roch revisite le mythe et lui donne une dimension spectaculairement nostalgique. C’est un livre à offrir, à s’offrir, à lire et à relire, pour ne jamais perdre son âme d’enfant… même dans les moments les plus difficiles de la vie.

« – Tu as survécu, me rassure Clochette.
– Mais j’irais creuser sa tombe pour retrouver ses murmures. »

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Et parce que ce livre est une pépite, je vous propose d’en gagner un exemplaire. Michael étant aux Oniriques la semaine prochaine, je lui demanderai même de vous le dédicacer… 😉 Pour tenter de le remporter, il suffit de remplir le formulaire ci-dessous. Vous avez jusqu’à jeudi soir, j’annoncerai le résultat vendredi dans la journée pour un envoi lundi prochain. Bonne chance !

EDIT : Apparemment, le formulaire ne s’affiche pas pour tout le monde, alors si le néant vous empêche de participer, vous pouvez m’envoyer un mail à lys.du.terrier(a)gmail.com avec comme objet « Concours Peter Pan ». 😉

AND THE WINNER IS… Olivier S. ! Bravo. 😀

[J’ai vu] Vincent Dedienne en spectacle

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Il y a quelques mois, j’ai vu à la télé pour la première fois un petit gars super sympa. Depuis, j’attends avec impatience ses chroniques drôles et acides. Et lorsque j’ai su qu’il menait à travers la France un one-man show, je n’ai pas hésité une seconde à prendre une place pour aller le voir.

J’habite à Lyon, on aurait pu penser que je n’avais pas des kilomètres à faire pour ça. Eh bien figurez-vous que le garçon joue à guichet fermé sur toutes les dates ! Quand j’ai voulu acheter ma place, Lyon et les environs étaient tous complets, tristesse. Mais il en restait à Toulouse. Alors quoi, j’allais me déplacer jusque là-bas et aller à un spectacle TOUTE SEULE ? Oui. (Je fais des trucs fous des fois, j’en ai plein de prévus pour le mois de mars, mais là, pour le coup, j’ai amorti les frais en dormant chez mon oncle et ma tante.)

Bref. J’étais donc cette semaine à Toulouse pour aller voir Vincent Dedienne au Casino Barrière.

Vincent Dedienne, ce sont les Bios Interdites dans le Supplément (Canal +), une chronique sur France Inter,, et maintenant Q comme Kiosque dans Quotidien (TMC). C’est un humoriste, auteur et comédien. C’est un garçon joli comme un cœur avec un humour débordant de fêlures et de tendresse. Et son spectacle est comme ça.

Il y parle de lui, beaucoup Il fait rire. Il émeut, un peu. Il nous raconte sa vie comme on écouterait un pote un peu foufou le faire. En l’écoutant, on a envie de le serrer dans nos bras, de lui mettre une claque derrière la tête, ou encore de regarder le monde comme lui.

J’ai passé un excellent moment, vous l’avez compris maintenant. Je ne regrette pas une seule seconde d’avoir infligé à l’associable que je suis une soirée toute seule dans un endroit que je ne connaissais pas. Peut-être que je suis une grande fille maintenant et que je recommencerai. 😉