Les doutes de l’autrice en galère

IMG_20190226_180313

Photo @Éditions du Chat Noir

Depuis un peu plus d’un an, je trouve toujours une bonne excuse pour ne pas me mettre à écrire : pas le temps, l’esprit trop occupé par la bibliothèque, un PC pourri, pas les bonnes ressources pour les recherches, un cœur brisé, trop froid/chaud chez moi, et j’en passe.

À chaque fois que je pouvais résoudre un de ces problèmes, j’en trouvais un autre, résultant à des mois et des mois de disette littéraire.

Jusqu’à aujourd’hui. Aujourd’hui, alors que je faisais complètement autre chose, j’ai ENFIN eu la révélation. Aujourd’hui, j’ai compris : je suis morte de trouille à l’idée de « l’après Pandémonium ».

Globalement, c’est un bon roman plutôt apprécié des lecteurs. Je devrais être enthousiaste à continuer sur ma lancée, mais c’est tout le contraire. J’ai tellement bossé sur ce roman que je me suis persuadée que je ne ferais jamais mieux et que j’étais arrivée à mon maximum.

Pandémonium est mon 6e roman publié, et je sais qu’il est bien meilleur que les Tarots Divins ou que mes zombies. Je l’ai dit en l’écrivant, en le corrigeant et quand il est sorti : c’est mon meilleur roman. Ajouter à la suite « jusque là » me semble irréaliste.

Est-ce que je peux faire mieux ? Ou au moins, aussi bien ? Est-ce bien nécessaire de bosser des mois sur un roman qu’on trouvera de toute façon au-dessous de Pandémonium ? C’est ça qui me tétanise dès que je me mets devant le PC.

Maintenant que j’ai identifié le problème, je vais pouvoir (peut-être) travailler dessus et (peut-être) changer mon état d’esprit. On aura beau me dire que ces questions ne se posent pas, tant que je ne l’aurai pas compris moi-même, c’est mort.

J’ai un projet que je crève d’envie d’écrire, avec une immersion dans les rites funéraires au Japon et la mythologie des Enfers japonaise. J’ai commencé les recherches, je me renseigne… et j’espère très fort que mes chaînes vont enfin se briser.

Publicités

Ghost ou la malédiction du Japon

DSCN0153

En ce moment, Ghost, mon chien, est victime de ce que j’appelle « la malédiction du Japon ».

Il y a 8 ans, j’étais à Tokyo pour la troisième fois. C’était, je le pensais à ce moment-là, la « dernière fois avant l’ultime ». En effet, j’avais décidé de vivre au Japon. J’avais tout bien préparé, VISA, appartement, boulot. J’étais fin prête et pour X raisons, je me suis dégonflée.

À cette époque, le Japon, c’était toute ma vie. Aussi, lorsque j’ai réalisé que mon envie d’y vivre ne se concrétiserait pas, j’ai dû ajuster mon existence. Petit à petit, j’ai occulté tous mes précédents voyages, en oubliant des détails et des événements, allant jusqu’à rayer de ma mémoire le plus gros béguin que j’ai jamais eu. J’ai coupé les ponts avec les gens qui auraient pu me rappeler ce que j’avais vécu pendant quelques années.

Et Ghost est arrivé. J’avais dorénavant un chien, alors plus question de penser à vivre au Japon. J’ai fermé les yeux, définitivement, sur cette vie. J’ai mené ma barque à 1000 lieues de là où elle aurait dû aller. Et je n’ai plus repensé au Japon pendant presque huit ans.

Jusqu’à il y a quelques mois où, pour une obscure raison, j’ai décidé de regarder le DVD d’un spectacle que j’étais allée voir à Tokyo en 2007.

Passons la claque dans la figure et tous les souvenirs enfouis qui ont refait surface. Je me suis retrouvée projetée en 2011, au moment où j’étais (jeune) pleine de projets et de rêves. J’ai regretté mes choix. Amèrement. Peut-être pour la première fois de ma vie. J’ai relu mes « mémoires », que j’avais écrites lors de mes précédents voyages. Des tas de détails sont revenus à la vie.

Alors ni une ni deux, puisqu’on ne peut pas changer le passé, j’ai pris des billets d’avion pour Tokyo.

Et Ghost est tombé malade. Évidemment, ce n’est pas lié, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que mon chien était le symbole de mon détachement du Japon, et lorsque j’ai décidé de briser ma promesse, j’ai été punie.

(Bon, Ghost va beaucoup mieux, hein. Il a été soigné et pète le feu, donc *normalement*, ça devrait aller.)

Je ne sais pas ce que j’attends de ce voyage à venir. Beaucoup de choses et en même temps, rien. Je ne sais plus tellement où j’en suis côté professionnel, je doute de tout. Le Japon ne sera pas la réponse à tout ça mais… je ne sais pas. Pour le moment au moins, j’ai cette perspective qui m’enchante et je compte les jours jusqu’au départ !

Ma vie à la campagne, 1 an après

IMG_20180910_201014_resized_20190216_052456394

Voilà un an et un mois (tout pile) que j’ai décidé de quitter la vie urbaine pour venir habiter dans un petit village de 1500 habitants. Il y a un an, j’étais certaine de ce choix : c’était l’un des meilleurs de ma vie. Je n’avais plus à prendre la voiture pour aller travailler (un des buts de mon existence !), le loyer était largement abordable pour une surface carrément agréable -voire même un peu trop grande pour moi, mais qui s’en plaindrait ? J’avais de plus un jardin pour les chiens, bref, la totale.

IMG_20180910_200828_resized_20190216_052456870

Ghost est content.

Durant l’année écoulée, je me suis rendue compte que le chauffage au fioul, c’est du caca et ça coûte une blinde, surtout que l’appartement est un vrai gruyère. Le point noir de ce lieu de vie, compensé par le reste même si je passe un hiver bien pourri.

Bref, dans l’absolu, je pense que j’aurais beaucoup de mal à trouver aussi bien et aussi peu cher si je décidais de quitter le village, en tout cas pour le moment.

IMG_20180330_200636_resized_20190216_052456038

Mais ma vie à la campagne, ce n’est pas qu’avoir un chouette lieu de vie. C’est aussi ne plus avoir de vie sociale. \o/

Au début, ça me convenait très bien. Je n’aime pas trop sortir, je préfère rester à la maison plutôt que de voir des gens, le boulot à la bib me suffisait à avoir mon quota d’interactions. Un mode de vie qui m’allait bien. Sauf qu’au bout d’un an, j’ai réalisé que je ne voyais vraiment personne. Je ne vais plus à Lyon, je ne vois plus les copains qu’en salon, et globalement, j’habite maintenant trop loin de tout le monde pour faire des sorties spontanées. J’ai même abandonné les randonnées alors qu’il y a plein de sentiers autour de chez moi.

IMG_20180301_071206_resized_20190216_052455663

Je sais que j’ai un peu trop pensé à la bibliothèque cette année au détriment de tout le reste, et ça s’est ressenti autant dans ma carrière littéraire que dans ma vie sociale. C’est un peu triste. x)

Je ne regrette pas d’avoir emménagé ici, c’est quand même un chouette coin avec des gens plutôt accueillants et un boulot que j’aime. Mais il y a des choses à ajuster pour les mois à venir. ^_^