Les Loups du Gévaudan – Mai 2015

Le 23 mai dernier, nous avons bravé le froid de la Lozère pour aller visiter le Parc des Loups du Gévaudan, dans la commune de Sainte-Lucie.

Après avoir suivi un GPS farfelu qui nous a fait passer par des endroits improbables, nous sommes arrivés en début d’après-midi au parc. Pour 8€ par adulte, vous pouvez passer la journée près des enclos des loups, dépenser de l’argent dans la boutique (pour ma part, un poster, un dé pour ma mamie, et une carte postale -parce que je me suis restreinte, hein, sinon je repartais avec des t-shirts, des stylos, des bouquins, etc.), visiter le musée, et surtout, suivre une visite commentée par l’un des gardiens du parc.

La visite débutant une bonne heure après notre arrivée, nous avons d’abord fait un tour par nous-mêmes. J’avais lu sur internet des avis d’usagers qui avaient été déçus, parce que les loups ne se montraient pas sans le guide. Coup de bol pour nous, nous en avons croisé un à peine cinq minutes après le début du tour. ^_^ Je l’ai bien entendu mitraillé, certaine de ne pas revoir d’autres. Et pourtant, les loups arctiques faisaient une bonne grosse sieste à l’ombre, à portée d’objectif.

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Le parc en lui-même est très sympa, il y a une jolie vue, on marche bien dans un cadre chouette. Les loups ont de véritables espaces pour vivre, se cacher, se déplacer. Mais le clou de tout ça, c’est tout de même la visite guidée.

À 14h15, le soigneur chargé du tour a commencé ses explications. Pendant presque une heure, il nous a fait découvrir les différentes races de loups présentes dans le parc, l’histoire de celui-ci, son but et ses objectifs. Et bien entendu, il nous a parlé des façons de vivre des loups, comment ils réagissaient aux événements, comment ils fonctionnaient.

Nous avons ainsi pu faire la connaissance des loups de Mongolie et de Pologne, mais surtout, des loups du Canada, véritable coup de cœur pour moi.

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Le soigneur a rendu sa visite incroyablement vivante et captivante. Il était intéressant, et visiblement fou des animaux dont il avait la garde. Une des choses que j’ai le plus appréciées dans cette visite était ce refus d’accepter que parce que les loups sont en cage, ils sont forcément apprivoisés. Plutôt deux fois qu’une, il nous a rappelé qu’ils étaient des animaux sauvages, malgré leur naissance en captivité,et qu’en tant que tels, il y avait une sorte de majesté en eux.

Une fois la visite terminée, je n’avais qu’une envie, c’était de faire le même travail que ce soigneur.

Il est également possible de de parrainer l’un des loups, l’argent servant aux bons fonctionnement et entretien du parc.

À savoir qu’en été, il y a des visites nocturnes, où on peut avoir la chance d’entendre les loups hurler… (Comme j’ai décidé de retourner au parc, je vais essayer d’en profiter pour y aller un jour où c’est prévu. ^_^)

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Londres – Février 2015

Ce début 2015 aura été marqué par la préparation d’un court séjour à Londres, séjour duquel je reviens tout juste. Quatre jours dans la capitale anglaise à beaucoup (vraiment beaucoup) marcher, à se les geler, et à se rendre compte que ça y est, mes vingt ans sont loin.

Départ de Lyon lundi matin à 7h10 (donc levée à 4h30, c’est dur), direction aéroport de Gatwick. Avec Easy Jet, les billets aller-retour ont coûté une centaine d’euros. Il suffit juste de s’y prendre un petit peu à l’avance, et si possible, être flexible dans les dates pour avoir les meilleurs prix. À Gatwick, il faut prendre une navette pour gagner Londres, et il y a deux options : le train express, trente minutes au prix de £17,70, et notre choix à nous, le bus qui, pour £10 « seulement », met une heure de plus.

Big Ben, maintenant appelé Elizabeth Tower. Tristitude.

Big Ben, maintenant appelé Elizabeth Tower. Tristitude.

À peine arrivées à Victoria Station, direction le palais de Buckingham pour la relève de la garde, où bien entendu, nous n’avons absolument rien vu. Je pense qu’être sur place une bonne heure avant n’est pas du luxe, étant donné que tous les touristes y accourent. Il ne faut pas avoir peur de la foule non plus, j’ai eu l’impression de me retrouver à Lyon un 8 décembre.

Nous avons eu la chance d’avoir un très beau temps le premier jour, ce qui nous a permis d’apprécier le tour dans le London Eye. C’est tout de même plus sympa de voir Londres sans une épaisse couche de brouillard. Compter un bon budget, puisque c’est £21,50 par adulte. Apparemment, il y a des pass, qui permettent de faire les quatre attractions phare pour moins cher (le London Eye, l’Aquarium, une maison hantée et le musée de Mme Tussaud je crois).

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Le beau temps a fait que nous avons un peu traîné dans le parc Saint James, où il y avait environ trois millions d’oiseaux. L’endroit est sympa pour se poser, pique-niquer, écouter les babillements des londoniens, etc.

Le premier jour fut l’occasion de goûter un vrai fish and chips anglais, et bon sang, c’était une monstruosité. Très, très bon, mais vraiment trop volumineux. Je pense que je ne vais pas avoir envie d’en remanger avant plusieurs mois tellement il m’a pesé sur l’estomac. Enfin, le bar était sympa, malgré le verre d’eau payant.

Le monstre.

Le monstre.

Les trois jours suivants, gants et bonnet étaient de rigueur. Nous avons beaucoup marché, puisque finalement, tout était relativement proche. Mes jambes vont s’en souvenir longtemps, mais j’ai préféré au métro, même si avec l’Oyster Card, on ne dépasse pas les £8 par jour (ça fait quand même un petit budget si on part en famille). Tout ça pour dire que nous étions situées près de Trafalgar Square, et que nous sommes allées jusqu’à Whitechapel et Baker Street sans monter dans un bus. ^^ D’ailleurs, le quartier de Whitechapel était inintéressant au possible, alors sauf si vous voulez faire la visite guidée Jack L’Éventreur (qui n’a lieu qu’en soirée), économisez vos pas.

L’Abbaye de Westminster et la Tour de Londres, à voir, mais une vingtaine de pounds pour une entrée adulte. Par contre, les musées sont gratuits, ce qui est top. J’adore le British Museum.

Un musée à faire si vous aimez le thème est celui de Sherlock Holmes, situé à Baker Street. L’entrée est à £10, et vous avez accès à une reconstitution de la maison du célèbre détective. Attention, pas la maison de Sherlock Cumberbatch. :p Il y a une petite boutique à côté du musée où vous trouverez pas mal de produits dérivés, autant des romans d’origine que les films ou la série de la BBC.

Côté nourriture, à part le fish and chips de la mort, nous avons testé un restaurant Garfunkel, qui a un bon rapport qualité/prix.

Pour finir, un petit mot sur l’hôtel. Nous avions choisi le Thistle Trafalgar Square, qui est situé juste à côté du National Gallery. Il est dans une rue peu fréquentée, et comme il est très bien insonorisé, nous n’avons pas été dérangées par le bruit de l’extérieur. Le personnel est très sympathique et serviable, et lucky us!, notre chambre a été upgradée, du coup elle était plus grande, le lit était un King Size (le bonheur). Le prix n’est pas donné, mais si vous voulez être au cœur de Londres, c’est la fourchette. Et franchement, aucun regret. À la sortie de l’hôtel, il suffisait de quelques minutes pour trouver l’animation de la ville. Le seul bémol, mais ce n’est pas la faute de l’hôtel, est le manque de civisme des autres clients. Les portes qui claquent, les gens qui crient à près de 23h, bon, je sais que ce sont les vacances, que Londres vit aussi la nuit, bla bla bla, mais zut, nous on a fait nos petites mamies, et on voulait dormir à 23h !

Perso, je me croyais dans le Titanic.

Perso, je me croyais dans le Titanic.

Notre programme était plutôt chargé, jusqu’à ce que mercredi midi, on se rende compte qu’il était terminé. Je ne sais pas si nous avons été super rapides, si nous aurions dû flâner un peu plus, mais en tout cas, nous avons vu tout ce que nous voulions. En fait, peut-être qu’il nous manquait les moments shopping, mais comme nous détestons ça…

Je ne peux pas réellement donner de bons plans, nous étions deux, et nous ne faisions pas particulièrement attention à nos dépenses. Pour donner une idée, entre les transports (aéroport => Londres, une Oyster Card) et la nourriture (un repas et un café Starbucks par jour), j’ai dépensé £150. J’ai ajouté à ça une visite au Forbidden Planet, où je me suis fait plaisir avec trois Funko Pop et le tournevis sonique du 10e Docteur, et deux/trois souvenirs pour mon neveu. Total des quatre jours, sans les billets d’avion et l’hôtel : £200. Je pense, et j’espère, qu’il y a moyen de s’en sortir pour moins, en particulier en (évitant les Starbucks) faisant quelques courses dans un Tesco, et en privilégiant les musées gratuits.

En tout cas, ces quatre jours m’ont vraiment fait du bien. Changer d’air, même pour un court séjour, permet de s’aérer la tête, et j’en avais bien besoin. J’ai eu quelques idées pour mon prochain roman, mais dans l’ensemble, j’ai carrément zappé le monde de l’édition. Et ça, ça n’a pas de prix. ^_~

Légende

Ce matin, alors que je prenais une douche rapide en me levant, le contact de l’eau froide sur mes jambes me frappa de nostalgie, m’envoyant droit au Portugal.

Le Portugal, ce sont les étés de toute mon enfance, depuis mes trois mois (il est évident que je ne me souviens pas de ce premier voyage, mais apparemment, il allait donner le ton des années suivantes -on m’a fait dormir par terre ou entre deux fauteuils, pour ne pas balancer ^^). Tous les ans, nous préparions nos valises pour passer un mois en Algarve, la région de mes grands-parents paternels. Ma sœur et moi comptions les jours sur le calendrier, l’impatience atteignant son apogée la veille du départ, nous empêchant de fermer l’œil avant très tard, alors que nous savions que nous partions toujours très tôt (au moins 4h du matin !). Nous avions hâte de retrouver là-bas nos oncle et tante, et surtout nos deux cousins du même âge que nous. Mais aussitôt les fesses dans la voiture, le sommeil était le plus fort. Et tant mieux, car l’Espagne était toujours un calvaire à traverser, avant l’apparition bénie de la climatisation. Chaque fois, nous essayions de tenir le compte des gigantesques taureaux qui jonchaient la route, et chaque fois, le résultat était différent de l’année précédente : inattention, sieste, et surtout chaleur. Un été, l’aiguille du thermomètre de la voiture est même tombée tellement il faisait chaud à l’intérieur. C’était l’époque des serviettes humides accrochées aux fenêtres et du brumisateur qu’on demandait toutes les deux minutes

Mais tout cela disparaissait quand le panneau annonçant l’arrivée imminente au pays se montrait enfin.

À partir de la frontière, il ne nous restait plus qu’une heure de route avant d’arrêter la voiture. Nous arrivions généralement la nuit, enfin, je me souviens surtout des arrivées la nuit. Je connaissais le chemin presque par cœur depuis la frontière, mais c’était lorsque nous descendions le large chemin de terre, que la voiture cahotait, tout ça pour gagner trois minutes (il y avait une vraie route plus loin), que vraiment, nous étions arrivés. Nous ouvrions les fenêtres de la voiture, et les odeurs familières dansaient. Mon père se garait alors devant l’immeuble de mes grands-parents, à côté du café où nous prenions chaque soir un chocolat chaud et la journée une glace. Parfois, il y avait des gens dehors, et ils nous saluaient. Les petits français étaient arrivés.

Le temps de ranger un peu les affaires, de grignoter les trois milles plats qu’avaient préparés ma grand-mère, de prendre une douche, et hop, au lit. Avec ma sœur, nous partagions une chambre, celle qui était juste à côté de la cuisine, et surtout de ce qu’on appelait la marquise, là où pendant très longtemps, nous lavions le linge à la main (j’ai appris plus tard qu’en fait, il y avait bien une machine à laver, mais qu’il fallait qu’elle déborde pour que ma grand-mère accepte de la lancer, donc pour avoir nos maillots de bain propres, il fallait bien que ma mère lave à la main).

Je ne suis pas allée au Portugal depuis presque dix ans, et pourtant, même en fermant les yeux, je saurais reconnaître chaque recoin de cet appartement, l’odeur de chaque pièce, l’odeur qui venait de dehors, selon l’endroit où on ouvrait une fenêtre.

Après la nuit de repos post-voyage, commençait la routine qui allait durer un bon petit mois. Petit-déjeuner, plage, repas, sieste, magasins, repas, sortie à la Marina ou au café. Cette routine variait lorsque nous allions à la maison de campagne de ma grand-mère, puisqu’il n’y avait pas de plage à proximité (mais il y avait la maison de Figo juste à côté ^^). Parfois, nous allions à Lagoa, ou à Alvor, ou encore chercher de l’eau à Monchique. C’était des extra dans les vacances, des petites choses au milieu des « journées-types » (ce n’est absolument pas péjoratif, ce sont les journées que j’aimais le plus).

On se levait donc très tôt, avec un petit-déjeuner fait de pain préparé par ma grand-mère ou de « papos secos », des petits pains portugais à base de flocons de pommes de terre (je viens juste de l’apprendre en cherchant une image), tout ça bien entendu à tremper dans du lait bien chaud.

Une fois prêts, direction la Praia da Rocha, où nous restions les premières années jusque dans l’après-midi, puis par la suite uniquement jusqu’à midi. Je déteste l’eau. À un niveau phobique. Je n’ai toujours pas pu surmonter les deux vagues consécutives qui m’ont fait rouler sous l’eau alors que j’avais quatre ans. Toutes les années, une semaine ou deux avant le départ, je faisais toujours ce même rêve : un raz-de-marée qui nous submergeait jusque dans les hauteurs des falaises. Ce qui fait qu’il était hors de question que je mette un orteil dans l’océan s’il n’y avait ne serait-ce que des vaguelettes, ou si la marée était haute. Par contre, mettez-moi là à marée basse, et je fais des kilomètres dans l’eau (jusqu’à ce qu’elle m’arrive à la taille, quoi…).

Pourtant, c’est cet instant qui m’est apparu ce matin, en prenant ma douche. La sensation de froid du premier contact avec l’océan, le matin quand nous arrivions à la plage. Ce délicieux frisson qui me faisait sautiller sur place en criant « non, non, j’attends qu’elle chauffe ! ».

Tout est apparu en même temps. La nostalgie de ces années derrière moi, du bonheur des vacances, du dépaysement et pourtant du chez nous. La chaleur torride qui tapait sur nos têtes, la recherche de l’ombre dans les rues, les siestes pour faire passer les moments les plus chauds, les magasins pièges à touristes qui nous intéressaient tant, les repas à « la cantine » à manger du poulet grillé et des frites, les chinchards que ma mère nous triait, même quand nous étions assez grandes pour trier nos poissons toutes seules, les chocolats et les glaces quand on se rejoignait le soir, avec nos cousins.

Cet été catastrophique de mes dix ans, où je me suis perdue dans la campagne en plein après-midi avec mon cousin du même âge que moi. Où nous avons délogé un essaim de guêpes alors que le plus petit était accroché par le pied au mur. Où j’ai voulu savoir si je pouvais voler, et où je me suis retrouvée avec les deux pieds dans le plâtre, foutant mon dos en l’air par la même occasion. Des souvenirs qu’on aime se rappeler, dix-huit ans après, et qui sont une partie de la légende de nos étés.

Et puis il y a eu cette phrase de ma sœur il y a quelques jours, son intention d’emmener mon neveu là-bas l’an prochain, une nouvelle génération qui allait goûter à ce que nous, nous avions goûté. Une génération qui allait forger sa propre légende là où nous avions écrit la nôtre. La joie qui se mêle à la nostalgie des jours passés qui ne seront plus, de la place à laisser, de la place que moi je laisse, que personne ne prendra.