[J’ai joué à] A Mortician’s Tale

J’ai profité de soldes sur Steam pour acquérir un jeu dont j’entends parler depuis quelques mois : A Mortician’s Tale.

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Développé par Laundry Bear Games, le jeu s’inscrit dans le mouvement « Death positive ». On y incarne une jeune femme croque-mort dans une société de pompes funèbres (funeral home en anglais).


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Le schéma est toujours le même : la date est annoncée sur un écran noir, on retrouve le personnage dans sa salle de préparation alors qu’un email arrive pour prévenir de l’arrivée d’un corps. Vous voyez sur l’image la table de préparation des corps à gauche, le four crématoire juste à côté au fond, les urnes funéraires sur le côté droit, et le bureau où arrivent les mails.

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Dans la boîte mail, on retrouve les directives des gérants de la société, des échanges avec d’autres employés, et surtout, il y a une newsletter : à chaque fois que vous allez dans cette boîte mail, un nouveau message est là afin de parler des techniques funéraires mais aussi des différentes cultures autour de la mort.

Chaque jour, les gérants vous expliquent quel corps va arriver et ce qu’il faut faire avec. Certains ne doivent être que nettoyés avant de passer dans le four crématoire, d’autres doivent être embaumés complètement pour que la famille puisse venir voir le corps avant les funérailles.

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Voilà comment se présente le corps. Vous avez sur la droite tous les instruments nécessaires à l’embaumement et à gauche les produits à injecter en remplacement du sang. C’est très bien expliqué, pas compliqué à manier, et on réalise pleinement ce qu’est le travail de croque-mort.

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Les yeux et la bouche ont été fermés grâce à des capsules et du fil, le corps est propre, et la bande blanche sur le corps sert à diriger la souris afin de « faire un massage » pour faciliter l’écoulement du sang.

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Une fois le corps embaumé, la croque-mort se rend dans la chambre funéraire pour présenter ses condoléances à la famille. Là, elle entend des anecdotes sur le défunt et/ou sur la vision de la mort en général.

J’ai plutôt été satisfaite de ce jeu, même si on le termine en moins d’une heure. Je trouve que c’est très intéressant de savoir comment se passent les soins, de « participer ». La newsletter est également riche en anecdotes.

Je ne sais pas si le jeu trouvera un public autre que celui s’intéressant déjà au sujet, mais c’est en tout cas un moyen très ludique de comprendre ce qu’il se passe autour des corps des défunts.

Jeu à retrouver sur Steam.

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Mes coups de cœur de 2017

Comme j’ai fait mon bilan le mois dernier, et en guise de dernier article de 2017, voilà la liste de mes coups de cœur de cette année. \o/

BD

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« Cœur de pierre », dont je vous avais parlé .

Roman adulte

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« Moi, Peter Pan » de Michael Roch, mon avis ici.

Roman jeunesse

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« Pax et le petit soldat », une magnifique histoire d’amitié entre un petit garçon et un renard, avec la guerre en toile de fond. J’en ai pleuré.

Essai

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« Sur le Chagrin et le deuil », l’un des meilleurs livres sur le sujet. Très humain et très juste dans le choix des mots.

Spectacle

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« Histoire à lire debout », par la troupe des jeunes à Chavanoz. J’avais écrit un article ici.

Série TV

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« Dirk Gently ». J’ai hésité avec Z Nation, mais la 4e saison m’ennuie un peu alors finalement, c’est ma récente découverte qui prend la tête de mon classement.

 

Film

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Parce que c’était beau et drôle.

Et vous, vos coups de cœur de l’année ?

[Coup de cœur BD] Cœur de pierre

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En faisant une veille pour passer une commande de BD pour ma bibliothèque, je suis tombée sur « Cœur de Pierre » de Séverine Gauthier et Jérémie Almanza. Le résumé me plaisait bien, les dessins aussi, et les quelques avis glanés sur internet m’ont encouragée à la prendre. Parmi la quinzaine d’ouvrages commandés, c’est celui que j’avais le plus hâte de découvrir.

Résumé : Le jour où la petite fille au cœur d’artichaut rencontre le garçon au cœur de pierre, elle tombe éperdument amoureuse de lui. Dès lors, elle lui offre chaque jour une feuille de son cœur que chaque jour celui-ci rejette plus méchamment. Le cœur de la petite fille se rétrécit et bientôt elle perd sa joie de vivre. Visiblement, le garçon au cœur de pierre ne semble pas du tout prêt à se laisser aimer…

Cette BD m’a fait pleurer.

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Je pensais lire une jolie histoire d’amour entre un petit garçon au cœur de pierre et une petite fille au cœur d’artichaut. Je m’attendais à ce que la petite fille, après bien des péripéties, parvienne à toucher le cœur du garçon, et que tout finisse bien pour eux. Convenu, non ? Mais ça pouvait marcher. Eh bien, j’étais loin du compte.

Je n’étais pas préparée à cette avalanche d’émotions. C’est une BD jeunesse, et je me demande comment les enfants réagissent à cette histoire (je vais tester).

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C’est dur, ça fait mal.

C’est très, très, très beau. Magnifique dans le texte et les dessins. C’est écrit en alexandrin, ce qui donne une rythmique assez particulière, ajoutant encore plus de mélancolie au récit.

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Le trait est d’une délicatesse incroyable, tout se passe dans la posture des personnages et l’expression de leurs yeux. Les couleurs contrebalancent le monde du petit garçon et celui de la petite fille, ainsi que du troisième personnage.

La poésie du texte incite à le lire à voix haute juste pour entendre chanter les mots.

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Je ne peux pas expliquer pourquoi j’ai été si touchée par ces deux enfants sans vous spoiler l’histoire, ce qui serait dommage au vu de la qualité de la BD. C’est un gros coup de cœur pour moi. ♥

[Avis] Petite histoire de l’embaumement – N. Delestre

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une lecture faite dans le cadre de mes investigations post-mortem. Depuis plusieurs années, je ne vous l’apprends plus, la Mort est un sujet sur lequel je travaille avec assiduité, et à côté de toutes les considérations sur le deuil qui occupent la majorité de mes réflexions, je m’intéresse aussi beaucoup au domaine des pompes funèbres et des soins funéraires. (Ce n’est pas pour rien que l’héroïne de Pandémonium est thanatopractrice. ^^)

C’est dans cette optique que je suis avec grande attention depuis ses débuts le site Embaumements, dont Nicolas Delestre est l’un des fondateurs. Les informations qu’on y trouve sont toujours intéressantes, et les vidéos offrent un support ludique pour en apprendre toujours plus.

Nicolas Delestre, donc, est spécialisé dans l’histoire de la préservation des corps et dans l’étude des momifications volontaires ou naturelles. C’est un collectionneur et un bibliophile reconnu essentiellement dans les domaines de la médecine légale, de l’embaumement et de l’anthropologie criminelle. (biographie de la maison d’édition). Et il est l’auteur de « Petite histoire de l’embaumement en Europe au XIXe siècle » paru aux éditions du Murmure ce mois-ci, dont je vais vous parler maintenant.

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Comme son titre l’indique, l’auteur se concentre sur l’Europe du XIXe siècle pour nous raconter les prémices des techniques de la thanatopraxie telle que nous la connaissons aujourd’hui.

On suit dans cet ouvrage les débuts hésitants mais motivés de l’embaumement, afin de rendre la Mort plus « facile » pour les vivants. En conservant l’intégrité des corps, les médecins de l’époque ont compris l’importance de cette nouvelle science, puisqu’elle permettait aux familles de garder leurs proches plus longtemps après le décès. Les raisons allant d’un rapatriement ou pour simplement permettre à la famille éloignée géographiquement de pouvoir assister à la veillée.

L’auteur propose une courte mais efficace leçon d’histoire sur les différents praticiens qui se sont essayés aux techniques de préservation des corps, pour en arriver aux techniques utilisées de nos jours.

Les passionnés de la question pourront déplorer la brièveté du récit, bien que cette concision fasse de cet ouvrage un petit guide efficace pour avoir les bases de l’histoire au même endroit. Je le trouve bien fait pour les « novices » intéressés par le sujet, car le style et la quantité d’informations ne sont pas trop lourds et donnent envie d’en découvrir plus.

Pour finir, je remercie Nicolas Delestre de m’avoir permis de découvrir son ouvrage qui tient désormais une bonne place dans ma bibliographie personnelle sur la Mort et les soins funéraires. J’espère avoir l’occasion de suivre l’auteur dans ses nouveaux projets !

Pour vous procurer l’ouvrage, c’est par là.