Tatouage numéro 11 !

Le week-end dernier, j’étais à Bordeaux. C’était un petit voyage originellement prévu au mois de mars, repoussé pour les raisons qu’on connait. En début d’année, une copinautrice (Allison Germain pour ne pas la nommer) me faisait découvrir le travail d’une tatoueuse bordelaise et je suis immédiatement tombée en amour pour les Sigils qu’elle réalisait.

Alors je vous invite à faire une petite recherche Google pour savoir ce que c’est, où d’aller directement voir les stories de la tatoueuse sur son compte Instagram.

Chance du calendrier, il restait justement un créneau pour mon week-end de vacances. \o/ Alors samedi 26 septembre, direction l’Atelier du Sensible pour tattoo number 11.

Comment ça se passe ? On est accueilli dans un charmant petit shop, et pendant quelques minutes ou heures, on parle de ce pourquoi on est là. Pourquoi un sigil, qu’est-ce qu’on en attend, etc. Pendant qu’on discute, Poulby écrit des petites choses jusqu’à arriver à la phrase parfaite qui correspond à nous/nos attentes. Elle crée ensuite le sigil et hop, place aux aiguilles.

Allez voir son travail pour admirer la finesse des traits, que ce soit pour les sigils ou pour les autres tatouages. C’est fin, élégant, plein de sensibilité. Exactement comme Poulby. ^_^

[J’ai vu] After Life, de et avec Ricky Gervais

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Synopsis : Tony avait une vie parfaite, mais lorsque sa femme Lisa meurt des suites d’un cancer, Tony change. Après avoir envisagé de se suicider, il décide plutôt de vivre assez longtemps pour punir le monde entier.

Spoiler alert : gros coup de cœur pour cette série.

J’ai beau chercher, je ne trouve rien à jeter. J’ai regardé les deux saisons en une semaine, j’ai pleuré presque à chaque épisode et ri au moins autant. Le ton est très juste, je dis que j’ai beaucoup pleuré mais ce n’était pas larmoyant à l’excès, tout était dans la retenue. Ricky Gervais livre une prestation admirable, il est drôle et émouvant. Tous les autres personnages sont également extrêmement bien joués, réalistes.

Cette série traite donc du deuil. Tony a perdu sa femme et en veut au monde entier, il est en colère, dépressif, triste, il n’accepte pas que des gens vivent et pas Lisa. Il aimerait se suicider mais il doit s’occuper de leur chienne. J’aimerais souligner ici la qualité des plans avec l’animal. TOUTES les scènes sont magnifiques. Il n’y a pas de dialogue, tout se joue dans les positions, les gestes, les regards. J’ai trouvé ça incroyablement bien réalisé.

Tony va ensuite prendre conscience, à travers ses relations avec ses proches, qu’il peut profiter de sa courte vie pour égayer celle des autres. Et là encore on est sur un jeu de deuil assez bien traité, la balance entre vouloir tout lâcher et le savoir de l’éphémérité de l’existence. Ricky Gervais le joue très bien quand il raconte des moments de sa vie avec Lisa, des larmes plein les yeux et avec le sourire.

Que dire de plus ? Cette série est belle, et je vous conseille vraiment de la regarder. 😉

Un an déjà…

… que mon bébé Ghost est mort. J’ai l’impression que c’était hier et pourtant, c’est comme si j’avais vécu l’éternité en une année.

Mes cheveux blancs en témoigneront, le coup fut rude, la chute terrible et la remontée presque impossible. Il y a 6 mois, je pensais même ne jamais m’en relever.

Je n’ai pas réussi à m’en sortir seule. La présence de mes autres animaux aidait mais je les faisais souffrir tant ma peine était grande. Alors j’ai pris la décision d’aller chez un psychologue. Ce fut compliqué. Comment expliquer que j’avais besoin d’aide pour « la mort d’un chien ». Comment admettre que je ne parvenais pas à sortir du gouffre toute seule. En fait, je n’avais plus le choix. C’était ça ou m’enfoncer dans la dépression jusqu’au bout.

Je dois dire que ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai compris que je pouvais continuer à vivre. Ghost était l’amour de ma vie mais il n’a pas emporté mon amour avec lui. Alors oui, c’est toujours dur. Parfois je regarde l’urne de ses cendres et je prends de plein fouet le fait que son corps est réduit à cela, qu’il ne reviendra jamais, que je ne le verrai plus jamais. Mais je suis toujours en vie.

Il y a un an, je perdais mon compagnon de route. Aujourd’hui, j’ai créé un mémorial pour lui rendre hommage. J’aime beaucoup l’idée de ce cimetière virtuel. Le site est participatif, vous pouvez y laisser un mot si le cœur vous en dit, ou créer votre propre mémorial pour votre animal.

« Les chiens ne nous abandonnent que pour mourir, mais ils nous laissent leurs merveilleux souvenirs pour éclairer le reste de notre chemin. »

« Parler de ses peines, c’est déjà se consoler. »

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L’année 2019 a été l’une des années les plus difficiles de toute ma vie, si ce n’est la plus difficile. Des deuils, j’en ai connu et des sévères. Deuil d’humains et deuil d’animaux. Mais un deuil comme celui que je vis depuis mars 2019, jamais. Chaque matin, se lever avec l’unique envie que la journée passe rapidement afin de retourner se coucher. Ne plus avoir envie de rien. Ne plus savoir ce qu’est l’enthousiasme, les bonheurs simples. Voir le temps défiler en se disant que la peine est tellement récente, et vivre l’éternité en souffrance.

Cette année 2019, je l’ai passée enfermée dans ma douleur et la solitude de ne pas pouvoir la partager. Malgré le soutien que j’ai pu recevoir, Ghost était mon compagnon à moi seule, c’était un lien unique.

Et j’ai mis du temps à accepter que je devais avancer, que rien n’irait mieux miraculeusement. Je n’allais pas me réveiller un matin en me disant « ah, ça y est, mon deuil est terminé ». Alors j’avais le choix entre continuer sur la même voie en attendant la fin de ma vie, ou essayer de construire autour de l’absence.

Pendant des mois, j’ai laissé la boîte qui contenait les cendres de Ghost sur un meuble sans y toucher. Je ne l’ai même pas ouverte. Je ne savais même pas ce qu’il y avait à l’intérieur, parce qu’on ne m’avait pas dit que ce n’était qu’une boîte, que l’urne était dedans, et qu’elle était en plus destructible dans le temps. Je l’avais récupérée telle quelle chez le vétérinaire, et je n’avais pas eu la force d’enlever le plastique qui l’entourait.

Il y a quelques semaines, j’ai appris que la société qui s’était occupée de l’incinération de Ghost avait été rachetée, et qu’une agence avait ouvert près de chez mes parents. Je ne sais pas trop pourquoi mais j’ai eu envie de rencontrer la personne qui la gérait. Alors j’ai pris un rendez-vous et nous avons longuement discuté, de son travail, du deuil animalier.

Et plus tard, j’ai enfin décidé de faire un pas en avant. Un tout petit. En achetant l’urne définitive qui contiendrait les cendres de Ghost.

Ça m’a fait quelque chose de voir la boîte s’ouvrir, de savoir que dans la pièce d’à côté, on se chargeait de transférer ce qu’il restait du corps de mon chien. J’ai vu les cendres, j’y tenais. Et je suis repartie avec l’urne qui a trouvé sa place dans ma salle à manger.

Dans le même temps, parce que j’ai compris que je n’étais pas capable de trouver la paix toute seule, j’ai pris rendez-vous chez un professionnel pour me faire aider. J’ai longtemps hésité, partagée entre la honte et la culpabilité, et maintenant que j’y suis allée, que j’ai parlé, échangé, je ne regrette pas mon choix. Ce n’est certes pas miraculeux. Je sais que le temps n’effacera rien et que l’absence de mon chien me tuera pour le reste de ma vie, mais maintenant, je sais que je peux commencer à construire autour de cette absence.