Un an déjà…

… que mon bébé Ghost est mort. J’ai l’impression que c’était hier et pourtant, c’est comme si j’avais vécu l’éternité en une année.

Mes cheveux blancs en témoigneront, le coup fut rude, la chute terrible et la remontée presque impossible. Il y a 6 mois, je pensais même ne jamais m’en relever.

Je n’ai pas réussi à m’en sortir seule. La présence de mes autres animaux aidait mais je les faisais souffrir tant ma peine était grande. Alors j’ai pris la décision d’aller chez un psychologue. Ce fut compliqué. Comment expliquer que j’avais besoin d’aide pour « la mort d’un chien ». Comment admettre que je ne parvenais pas à sortir du gouffre toute seule. En fait, je n’avais plus le choix. C’était ça ou m’enfoncer dans la dépression jusqu’au bout.

Je dois dire que ça m’a fait beaucoup de bien. J’ai compris que je pouvais continuer à vivre. Ghost était l’amour de ma vie mais il n’a pas emporté mon amour avec lui. Alors oui, c’est toujours dur. Parfois je regarde l’urne de ses cendres et je prends de plein fouet le fait que son corps est réduit à cela, qu’il ne reviendra jamais, que je ne le verrai plus jamais. Mais je suis toujours en vie.

Il y a un an, je perdais mon compagnon de route. Aujourd’hui, j’ai créé un mémorial pour lui rendre hommage. J’aime beaucoup l’idée de ce cimetière virtuel. Le site est participatif, vous pouvez y laisser un mot si le cœur vous en dit, ou créer votre propre mémorial pour votre animal.

« Les chiens ne nous abandonnent que pour mourir, mais ils nous laissent leurs merveilleux souvenirs pour éclairer le reste de notre chemin. »

« Parler de ses peines, c’est déjà se consoler. »

DSCN1982aa

L’année 2019 a été l’une des années les plus difficiles de toute ma vie, si ce n’est la plus difficile. Des deuils, j’en ai connu et des sévères. Deuil d’humains et deuil d’animaux. Mais un deuil comme celui que je vis depuis mars 2019, jamais. Chaque matin, se lever avec l’unique envie que la journée passe rapidement afin de retourner se coucher. Ne plus avoir envie de rien. Ne plus savoir ce qu’est l’enthousiasme, les bonheurs simples. Voir le temps défiler en se disant que la peine est tellement récente, et vivre l’éternité en souffrance.

Cette année 2019, je l’ai passée enfermée dans ma douleur et la solitude de ne pas pouvoir la partager. Malgré le soutien que j’ai pu recevoir, Ghost était mon compagnon à moi seule, c’était un lien unique.

Et j’ai mis du temps à accepter que je devais avancer, que rien n’irait mieux miraculeusement. Je n’allais pas me réveiller un matin en me disant « ah, ça y est, mon deuil est terminé ». Alors j’avais le choix entre continuer sur la même voie en attendant la fin de ma vie, ou essayer de construire autour de l’absence.

Pendant des mois, j’ai laissé la boîte qui contenait les cendres de Ghost sur un meuble sans y toucher. Je ne l’ai même pas ouverte. Je ne savais même pas ce qu’il y avait à l’intérieur, parce qu’on ne m’avait pas dit que ce n’était qu’une boîte, que l’urne était dedans, et qu’elle était en plus destructible dans le temps. Je l’avais récupérée telle quelle chez le vétérinaire, et je n’avais pas eu la force d’enlever le plastique qui l’entourait.

Il y a quelques semaines, j’ai appris que la société qui s’était occupée de l’incinération de Ghost avait été rachetée, et qu’une agence avait ouvert près de chez mes parents. Je ne sais pas trop pourquoi mais j’ai eu envie de rencontrer la personne qui la gérait. Alors j’ai pris un rendez-vous et nous avons longuement discuté, de son travail, du deuil animalier.

Et plus tard, j’ai enfin décidé de faire un pas en avant. Un tout petit. En achetant l’urne définitive qui contiendrait les cendres de Ghost.

Ça m’a fait quelque chose de voir la boîte s’ouvrir, de savoir que dans la pièce d’à côté, on se chargeait de transférer ce qu’il restait du corps de mon chien. J’ai vu les cendres, j’y tenais. Et je suis repartie avec l’urne qui a trouvé sa place dans ma salle à manger.

Dans le même temps, parce que j’ai compris que je n’étais pas capable de trouver la paix toute seule, j’ai pris rendez-vous chez un professionnel pour me faire aider. J’ai longtemps hésité, partagée entre la honte et la culpabilité, et maintenant que j’y suis allée, que j’ai parlé, échangé, je ne regrette pas mon choix. Ce n’est certes pas miraculeux. Je sais que le temps n’effacera rien et que l’absence de mon chien me tuera pour le reste de ma vie, mais maintenant, je sais que je peux commencer à construire autour de cette absence.

[J’ai visité] Le cimetière vert de Niort

J’ai profité de quelques jours de vacances chez une amie pour aller visiter le cimetière naturel de Souché, à Niort. Depuis que je suis un peu ce qu’il se fait dans le domaine funéraire et écologique, c’est un lieu que j’avais réellement envie de découvrir.

Ouvert en 2014 et pionnier dans ce domaine, c’est un cimetière pensé pour réduire au maximum notre empreinte écologique. Il jouxte un cimetière « classique », c’est une option pour les habitants de la ville et pas du tout une obligation. On peut être inhumé, et les cendres peuvent être dispersées dans un jardin des souvenirs, où les feuilles d’un arbre métallique arborent les noms des défunts.

IMG_20191024_113427_resized_20191129_051227909

Comment ça se passe ? Les corps ou les cendres sont rendus les plus naturellement à la terre, avec des cercueils ou urnes biodégradables, et bien sûr, sans soins de conservation. Pas de stèle en marbre mais des pierres en calcaire où il n’y a parfois qu’un prénom. Pas de plaques mortuaires non plus, mais des cailloux peints par les proches. Les familles signent une charte si elles veulent accéder à ce cimetière, ainsi que les pompes funèbres qui s’engagent à ne pas réaliser de soins de thanatopraxie.

IMG_20191024_113422_resized_20191129_051228351

Nous avons traversé le cimetière traditionnel pour arriver dans le naturel. L’atmosphère y est véritablement plus douce, plus respirable, plus vivante et sereine. C’est un lieu de recueillement accueillant, et j’ai trouvé ça très beau. J’espère qu’avec le temps (mais pas trop non plus), plus de municipalités feront le choix de ce type d’option funéraire !

Bonus : une petite vidéo présentant le cimetière.

[J’ai testé] Une formation sur le deuil animalier

Ce n’est plus un secret pour personne, je galère vraiment à accepter la mort de Ghost. Je connais en ce moment une nette amélioration (aka je n’ai plus envie de mourir dès que je me réveille), et dans les outils utilisés pour en parvenir là, j’ai suivi la formation en ligne proposée par Lynne Pion.

IMG_20190925_103512_resized_20191027_044704779

Lynne Pion est une accompagnatrice réputée, spécialisée en gestion du deuil, de la résilience et de la confiance en soi. Elle a écrit plusieurs ouvrages sur le sujet du deuil animalier et propose des ateliers, des formations, des conférences en lien avec différentes thématiques du deuil animalier.

J’ai découvert cette dame en cherchant des informations sur le deuil animalier, j’ai écouté son Ted Talk et lu quelques articles de sa plume. J’ai hésité à acheter son livre ou suivre sa formation… et puis je me suis décidée pour la formation. 🙂

La formation comporte six modules à suivre à son rythme. Ils sont composés de théorie sur le deuil, d’exercices pratiques et Lynne Pion donne à chaque fin de module une liste d’ouvrages de référence pour approfondir le sujet. Les objectifs de cette formations sont :

Définir ce qu’est un deuil
Définir ce qu’est le deuil animalier
Comment en parler en famille
L’euthanasie et la difficulté de choisir.
L’adolescent et son compagnon en fin de vie
Reconnaître différents types de deuil
Réfléchir sur le ou les deuils rencontrés dans votre vie
Connaître le processus du deuil en général
Être sensibilisé à l’importance de prendre soins de vous en tant qu’endeuillé
Découvrir différentes manifestations du deuil
Reconnaître les états du deuil
Créer vos propres outils pour apprivoiser votre deuil suite au décès ou au départ de votre animal de compagnie.

Alors, objectifs atteints ou non ?

La formation est très centrée sur soi. J’ai appris et compris certaines choses que je vivais, j’ai mis des mots sur des émotions et je me suis rendue compte de symptômes que je ne mettais pas forcément sur le compte du deuil alors que si.

Honnêtement, je ne suis pas équipée pour aider quelqu’un d’autre que moi après cette formation. Ce n’est pas le but des modules. Mais je suis plutôt satisfaite par le chemin effectué jusqu’ici.

Si vous êtes intéressé.es par cette formation, elle se trouve à cette adresse.