[À la découverte de] Le Bizarreum, Death positiver

Aujourd’hui dans mon Terrier, j’ai le plaisir de recevoir Juliette. C’est elle qui est derrière « Le Bizarreum », un vaste projet visant à vulgariser la mort auprès du public français. Un sujet peu exploité en France mais que Juliette met à la portée de tous. Entre archéologie, anthropologie et sciences, elle fait avancer le mouvement Death Positive encore très frileux par chez nous.

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Qui se cache derrière « Le Bizarreum » ?
Je m’appelle Juliette, j’ai bientôt 29 ans et j’ai créé Le Bizarreum en Mars 2017 d’abord sous forme d’une chaîne Youtube et depuis Août 2018 j’ai ouvert un blog en complément pour aborder la question du funéraire sous plusieurs aspects. Au quotidien je travaille dans le tourisme scientifique ce qui me permet de voyager et d’assouvir ma passion des voyages et parfois me permet de visite des sites présentant un intérêt funéraire.

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Comment est née ta chaîne Youtube ? Quel a été l’élément déclencheur pour te lancer ?
L’idée est née dans mon petit studio un matin où je me suis réveillée en me disant : « Rien ne parle exclusivement de la mort en France de façon sourcée et sur Youtube donc je vais le faire ». La tendance s’étant fortement développée outre-Manche et outre Atlantique, je me suis dit après une petite « étude de marché » que le public francophone pouvait peut être s’y intéresser et surtout que personne ne le faisait. A vrai dire, je pensais qu’on serait 5 à regarder mes vidéos. J’ai débuté sans matériel, j’ai tout fait pendant un an et demi sur mon téléphone de façon très rudimentaire comme j’aurai pu le faire avec un Powerpoint…Néanmoins ça a pris en ampleur et ce à mon grand étonnement! L’idée étant vraiment de partager des choses que j’aime et surtout continuer à faire des recherches personnelles, chose qui me manquait suite à la fin de mes études dans le domaine de l’archéologie et de l’anthropologie. J’avais donc envie d’apporter la touche scientifique dans les vidéos et non juste présenter des cas de façon simple. Mon élément déclencheur a été de vouloir rencontrer des gens intéressés par ce sujet et échanger avec eux. Et puis je souhaitais de partager avec bonne humeur et simplicité autour de ce sujet. J’avais aussi envie d’assumer à 100 % ma passion souvent mal vue et ça m’a beaucoup aidé à évoluer et à assumer à fond cet aspect de ma personnalité.

Tes vidéos montrent un incroyable travail de recherches, quelles ressources utilises-tu ? Quelle a été la vidéo la plus longue/difficile à monter ?
Pour mes recherches en général je pars d’un cas ou de plusieurs cas qui me plaisent et je cherche. La plupart du temps je ne me documente qu’avec des éléments issus du domaine universitaire, des rapports de fouille, des articles, des colloques, parfois je regarde des thèses pour voir quels avis les chercheurs ont sur certains sujets et je tente de confronter le tout pour avoir une idée précise de ce dont je veux parler et ce de façon objective en mettant de côté mon affect. Je lis énormément pour cela, si je peux j’achète des livres très spécialisés sur un cas précis et chaque livre possède ses fiches où je note tout ce qui m’intéresse et me sera utile. Je travaille tous les jours sur des recherches, c’est un peu un planning strict, mais si je veux avancer il me faut donc consacrer du temps à cela et puis j’adore ça ! Souvent je contacte les scientifiques ou les ecclésiastiques pour certains cas, si je peux je me déplace pour voir des cas particuliers. Les articles écrits me permettent d’entrer plus à fond dans un sujet et de m’exprimer aussi plus librement que sur Youtube où les gens attendent une technique de montage ou de présentation aboutie, bien plus que je ne le fais. Mais comme je n’ai pas vocation à en faire un métier, j’évolue du mieux que je le peux et à mon rythme ! Je n’irai jamais investir un tas d’argent si je l’avais pour me faire un studio de montage…Donc je jongle entre ces deux plateformes pour trouver un équilibre entre le travail plus approfondi et le travail plus divertissant. La vidéo qui m’a demandé le plus de temps de travail c’est difficile à dire…je pense que les morts de Towton m’a donné pas mal de travail de recherche et traduction mais celle qui me demande le plus de temps en ce moment est une vidéo sur laquelle je bosse depuis 8 mois car peu de sources et un gros travail de traduction des rapports en anglais et allemand. Mais j’ai bon espoir qu’elle sorte même si c’est dans deux ans ! C’est vraiment une passion tout ça donc je ne compte pas mon temps mais d’après mes proches j’y passe vraiment beaucoup de temps. J’ai un côté très nerd depuis toujours et il s’exprime vraiment quand je rentre dans mon monde pour Le Bizarreum.

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Parler de la Mort en France est encore très confidentiel, comment tes vidéos, tweets et articles sont-ils accueillis ?
Au début très mal. Je recevais des commentaires comme quoi j’étais folle ou que ce n’était vraiment pas adéquat. J’ai répondu à ces réflexions il y a peu dans un article (ici), un plaidoyer pour la vulgarisation de la mort car il m’arrive de recevoir des salves de choses négatives. Non pas à cause de certains sujets car en deux ans tout se passe relativement bien à part des vagues haineuses de temps en temps mais plutôt quand j’aborde un sujet qui ne met pas forcément à l’aise. Par exemple j’avais montré un crâne un peu spécifique en termes d’ostéologie et ça avait été très mal pris car il s’agissait d’un crâne d’enfant. J’ai à cœur de ne rien montrer de choquant et je n’aborde jamais certains sujets comme les faits divers, les suicides, les meurtres ou des choses comme ça qui sortent de mon champ de connaissance et qui n’apporterait pas vraiment d’informations aux gens de ma part. Bref j’évite vraiment ces sujets car le voyeurisme n’est pas ma tasse de thé.
Maintenant ça va mieux, les gens commencent à s’habituer à ma façon de travailler et d’interagir et j’ai bien plus de soutiens que de détracteurs. On apprend juste à passer au-dessus de ça avec le temps en s’exposant ainsi sur internet pour traiter ce sujet difficile. Mais j’ai vraiment beaucoup de soutien des gens qui me suivent, je me suis même fait des amis ! Et ça c’est quand même quelque chose de très positif ! Et puis c’est adorable on m’envoie des photos de voyage avec des squelettes ou des clins d’œil sur des sujets que j’ai traité. Je trouve ça vraiment gentil et ça me touche. Bref j’ai envie de rester moi-même que ce soit en vidéo ou dans mes articles et apprécier ce que je fais.

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As-tu des recommandations de lecture pour les personnes ne connaissant pas encore le sujet mais souhaitant le découvrir ?
Pour les lectures je suis de la vieille école, je conseillerai plutôt des ouvrages faits par Philippe Ariès, Michel Vovelle ou encore Maurice Godelier par exemple. C’est peut-être un peu pointu parfois, mais c’est très bien expliqué et surtout on comprend bien les enjeux liés à l’étude de la mort pour comprendre les sociétés et comment ces dernières évoluent à travers le rite funéraire. Ce sont des lectures passionnantes qui permettent vraiment une immersion dans le sujet et qui offrent une bonne base de réflexion. Pour moi c’est le plus important, non pas s’intéresser uniquement à la mort et consommer tout ce qui va avec en termes de lectures, d’iconographie, d’art mais bien comprendre tous les aspects et en retirer des réflexions tant sur les autres que sur nous-même.

Une question funéraire maintenant : as-tu déjà planifié tes funérailles ?
Planifié non, dans ma famille on en parle très librement car il nous serait absolument impensable que l’un ou l’autre ne puisse pas être inhumé selon ses souhaits ou selon ses convictions personnelles. Ça n’a jamais été tabou, mes proches savent ce que je veux et moi je sais ce qu’ils veulent. C’est un peu comme un pacte tacite, on s’engage à respecter les dernières volontés des autres en se les disant.

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Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le dernier film vu ?
En ce moment je lis 3 livres en même temps, je sais que ce n’est pas très raisonnable mais je fais toujours ça…Le dernier livre que j’ai fini c’est Mystiques et Magiciens du Tibet de Alexandra David-Néel (aventurière du XIXe / XXe) avec dedans plein de choses intéressantes qu’elle a observé en relation avec la mort durant ses épopées. En ce moment je lis L’élimination de Rithy Panh sur le génocide au Cambodge, je lis aussi Le Vatican de Christophe Dickès et The Red Market: On the Trail of the World’s Organ Brokers, Bone Theives, Blood Farmers, and Child Traffickers de Scott Carney.
Le dernier film que j’ai vu c’était D’abord ils ont tué mon père, un film sur le génocide au Cambodge réalisé par Angelina Jolie d’après l’autobiographie de Loung Ung. C’est un sujet qui m’a toujours beaucoup intéressé et cette année ce sont les 40 ans de la fin du génocide, donc je me documente toujours dessus en parallèle de mes autres recherches. J’y ai dédié un article car je me suis rendu compte que beaucoup de gens ne connaissaient pas ce moment tragique de l’histoire pour le peuple cambodgien.

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Si tu pouvais aller prendre un café avec une personnalité illustre (vivante ou morte), qui choisirais-tu ?
Elle est très difficile cette question ! A bien y réfléchir, j’aimerai boire un café avec des gens non pas illustres mais des témoins directs de grands moments de l’histoire ou juste des civils. Je trouve qu’on apprend beaucoup plus d’eux comme on le constate en anthropologie ou en archéologie avec l’étude des gens « normaux ».

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Pour finir, quels sont tes projets à venir ?
Je vais continuer mes vidéos et mes articles à mon rythme en prenant toujours du plaisir à le faire. Il y a des projets en cours sur le moyen et long terme dont je ne peux pas encore parler mais tout cela m’enthousiasme beaucoup ! Je serai en conférence cette année pour la première fois aussi et j’en suis ravie parce que ça me permet d’échanger et de sortir de derrière mes livres donc c’est pas mal ! Je suis contente que des organismes rigoureux me fassent confiance à ce niveau pour parler du sujet. Et bien sûr des voyages, c’est très addictifs et encore plus quand on part chercher des choses particulières…

 

Vous pouvez retrouver Juliette sur sa chaîne Youtube, Twitter et sur son blog.

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[À la découverte de] Lilith Tarot

Il y a quelques mois, Jack Parker lançait une newsletter spéciale « Modern Witches ». Dans l’un des numéros, nous faisions connaissance avec Lilith, une tarologue lyonnaise. J’ai beaucoup aimé son interview, alors je me suis mise à la suivre sur les réseaux sociaux.

Au fil des semaines, j’ai vraiment pu apprécier ses vidéos, photos et également sa propre newsletter. Si bien qu’en fin d’année dernière, je lui ai demandé un tirage. Incapable d’ouvrir les yeux et de réfléchir posément, Lilith a apporté un éclairage nouveau à une situation que je pensais bloquée.

Lilith n’a pas juste répondu à une interrogation de ma part. Elle m’a longuement questionné sur la situation afin d’en saisir toutes les subtilités. Son tirage m’a ensuite permis de me poser face à mes problèmes. J’aime beaucoup tirer les cartes pour moi, elles me permettent d’avoir un support de réflexion. Mais parfois, c’est très chouette d’avoir quelqu’un d’autre pour le faire. 🙂

Aujourd’hui, nous partons donc à la découverte de Lilith Tarot. Les liens vers ses différents RS sont à la fin de l’interview. N’hésitez pas à lui réserver un tirage, en direct si vous êtes à Lyon ou par mail !

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« Lilith Tarot », mais qui se cache derrière cette appellation si mystérieuse ?
Je suis une Lyonnaise de cœur (je viens de Normandie) de 27 ans, curieuse et passionnée. J’ai un Master 2 en Marketing et avant de devenir tarologue, j’ai été manager dans le prêt-à-porter, dans un magasin d’inspiration californienne à Confluence, ainsi que chargée de com dans une école d’ingénieurs. J’adore le sport, notamment la musculation et la krav maga, Top Chef et mater Netflix avec mon chéri.

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Photo @ Titouan Hervet

Depuis quand utilises-tu les tarots ? Quel a été l’élément déclencheur de ton premier tirage ?
J’utilise les tarots depuis quelques années, 4 ans je crois. J’ai toujours été une petite sorcière et un jour, je suis tombée sur le Tarot de Mars de Quentin Faucompré au Bal des Ardents, une librairie lyonnaise. C’est un tarot d’artiste, clairement pas un jeu pour débuter ! Mais je n’y connaissais rien, et surtout j’étais passionnée. Est-ce que ça m’a empêchée d’apprendre ? Non. D’ailleurs, je voudrais passer le message à tes lecteurs et lectrices : si vous avez envie de vous lancer, faites-le, et suivez avant tout votre cœur.
Mon premier tirage, je l’ai fait pour moi, pour m’entraîner. c’était une carte du jour, qui me disait de me méfier d’une femme de mon entourage. Cela s’est révélé vrai quelques mois plus tard.

Quelles sont tes conditions optimales pour te plonger dans un tirage ?
Aucune, en vrai. J’ai des gris-gris : pendule, palo santo… Mais quand je ne le fais pas, ça ne me bloque pas. Il m’est arrivé de faire des tirages en regardant Les reines du Shopping, ça n’a pas du tout gêné mon interprétation qui a été juste. J’ai tiré les cartes à une soirée en club, avec en fond de la techno. J’aime bien avoir mon tapis, que mon chéri m’a offert. Je pense que la meilleure condition, c’est d’avoir une intention claire et surtout d’être honnête avec soi-même. Je ne suis pas très fan des rituels qu’il faudrait faire pour faire un tirage optimal. Pour moi, c’est juste une affaire d’intention, le reste c’est du décorum. Ça peut aider à se concentrer, mais ce n’est pas nécessaire. Mon amie Karlota a commencé en tirant les cartes par terre dans la rue ! Et elle est douée dans son art. Il y a pas mal de pratiques dans notre milieu qui sont des habitudes ou des croyances, mais elles ne font pas de vous un.e meilleur.e tarologue. Si vous avez besoin d’une ambiance, créez-la, sinon, c’est pas grave.
Pour mes tirages à distance par contre avant de me lancer je lis et je relis les échanges que j’ai eu par mail avec la personne. Ça m’aide à me canaliser sur son énergie.

Dans ta vie de tous les jours, que t’apporte le fait de tirer les cartes ?
Beaucoup de joie.
C’est d’abord une guidance. En ce moment, je tire sans cette le 2 d’Épées et l’As de Bâton. Même si je ne sais pas encore sur quoi, je sais que je refuse de voir les choses en face sur un sujet, sûrement sensible, car je ne veux pas trancher. D’un autre coté, mon As de Bâton m’annonce de belles choses dans les domaines spirituels et professionnels, à condition que je canalise mon énergie (je me disperse beaucoup). Ces cartes-là me permettent d’agir en conscience et de co-créer avec l’invisible. Les cartes, c’est un bon moyen de se connecter à sa guidance interne, à l’intuition, tout comme le pendule.
Pour moi les cartes ne sont pas qu’un outil prédictif. C’est d’abord un outil de connaissance de soi, comme l’astrologie.
Ensuite, d’avoir lancé mon compte Insta et Youtube a changé ma vie ! Sans ça, je n’aurais pas eu l’idée de devenir professionnelle, et je n’échangerais pas avec les personnes fabuleuses qui me suivent sur mes réseaux. Je suis hyper fière de mon groupe Facebook, car il réunit des gens qui viennent de toutes croyances et pratiques, et il n’y a aucun jugement. Tout ça, c’est grâce à ma passion pour le tarot, et à mon envie de la partager.

Quelles sont tes inspirations ? Littéraires ou artistiques, ou même dans la vie courante ?
Je suis passionnée par les parcours de femmes fortes, qui créent, qui entreprennent, qui osent. J’adore Les Aventurières, l’entreprise de Laure Jouteau, qui m’a aidée à lancer mon entreprise. J’aime beaucoup Gala Darling, Annabel Gat, Jessica Lanyadoo, Gaby Herstik, elles m’inspirent au quotidien. Fabienne Bizet et Morgane Sifantus.
J’adore Chantal LaNuit et ses soirées Garçon Sauvage. Elle a su remettre de la bienveillance et de l’inclusion dans le milieu LGBTQ+, je suis hyper sensible à ça, c’est ce que j’essaie de faire dans la spiritualité. Comme elle le dit si bien : « nous sommes beaux dans nos singularités ».
Côté livres j’adore Marguerite Duras. Son style sec peut sembler froid ou inaccessible, mais j’adore. J’aime beaucoup la poésie de Nayyirah Waheed. Quand j’étais ado, j’adorais Amélie Nothomb, et je correspond avec elle.
Côté musique j’adore Brigitte ! J’adore leur sensualité. Sinon je suis une grande fan de musique, j’aime beaucoup de choses. Techno, hardstyle, UK bass mais aussi pop, ambient, classique, rap, new wave, dark wave… En ce moment j’écoute beaucoup Princess Nokia, Zayn, Ariana Grande, Taylor Swift, Boy Harsher… Et celleux qui me connaissent savent que je suis obsédée par Depeche Mode et Gesaffelstein.
Ensuite, les gens qui me suivent et avec qui je parle sur les réseaux : leur soutien et leurs idées me guident au quotidien.

Sur ton site, tu parles de « coaching intuitif », peux-tu nous en dire plus ?
Pour moi il s’agit d’accompagner les personnes qui travaillent avec moi avec des outils moins conventionnels : tarot, pendule, méditation, rituels… Mais le but c’est toujours d’aider la personne à trouver ses propres clés et à avancer en toute autonomie.

Que penses-tu des réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils t’apportent une visibilité, une manière de communiquer différente que les rencontres « en vrai », etc… ?
J’adore, j’ai commencé sur Instagram ! Grâce à ça, et à Youtube, j’ai eu mes premier.ère.s client.e.s, qui voulaient des tirages, et c’est là que je me suis dit « bah pourquoi pas après tout » ? Grâce à ça je peux parler avec mes mentors comme Annabel Gat (elle vit aux USA) qui m’a motivée à me mettre à l’astrologie. Même dans ma vie, les réseaux m’ont apporté : j’ai tellement d’ami.e.s que j’ai connu.e.s comme ça. Ca permet aussi à des gens qui vivent loin de moi de pouvoir quand même me parler ou de solliciter un tirage. C’est une bonne chose.

Quels sont tes projets/événements à venir ?
J’en ai tellement… Plein que je ne pourrais pas faire de suite mais là je me suis mise en tête de faire un tour du monde, on verra si ça marche. Sinon, côté tarot, je vais faire des stages sur Paris avec mon amie Prisca sur l’intuition, un stage sur Lyon avec mon amie Eva sur l’écriture intuitive, et j’ai envie de lancer des programmes en ligne aussi. Sinon je continue mes chroniques horoscopes sur Retard et Cacti.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes petites questions, et à très bientôt !
Merci à toi.

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Photo @ Lilith

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Vous pouvez retrouver Lilith :
Sur son site
Sur Instagram
Sur Facebook
Sur Youtube

Pour réserver un tirage, c’est par ICI. 🙂

Et parce que Lilith est généreuse comme ça, elle vous offre un code promo de 10% sur ses tirages et son coaching, valable jusqu’au 7 juin et à partir de 40€ d’achats.

Voilà le code à utiliser : LILY10

Pour le tirage, c’est donc par ici.
Et le programme de coaching : c’est ici.
Profitez !

[À la découverte de] Emmanuel Quentin, super-héros des livres

Aujourd’hui dans mon Terrier, nous partons à la rencontre d’un super gars. Super-auteur de deux romans publiés chez le Peuple de Mü (« Dormeurs » et « Où s’imposent les silences » -cliquez sur les titres pour lire mes chroniques) et super-bibliothécaire très impliqué avec sa structure dans les Etats Généraux de l’Imaginaire, Emmanuel Quentin a bien voulu répondre à mes questions, merci à lui. ^_^

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Comme tous les invités du Terrier, je te laisse te présenter en quelques mots à mes lecteurs avant d’entrer dans le vif du sujet.
Alors… alors… alors…. la question que je redoute le plus et qui arrive en premier (ce qui est un peu normal, ceci dit)… En quelques mots, donc… Je vais faire très simple, c’est mieux. Je m’appelle Emmanuel Quentin, je suis né dans les années 70, je suis bibliothécaire de profession parce que je voulais bosser au milieu des livres et depuis peu, deux de mes romans ont été publié, ce qui me vaut de venir me présenter ici, ce dont je suis ravi.

Quel est ton meilleur souvenir d’auteur ?
Comme beaucoup je crois (quoique, après réflexion, pas forcément, il faudra que j’en cause avec d’autres), mon meilleur souvenir d’auteur a été l’acceptation du manuscrit de « Dormeurs » aux éditions le Peuple de Mü. C’était une vraie émotion. Après j’ai beaucoup d’autres souvenirs, moins intenses mais néanmoins importants : le premier contact avec les lecteurs (et les discussions enflammées sur la science-fiction qui ont suivi ; un passage où j’étais dans l’impasse qui se débloque tout à coup sans prévenir et qui donne des perspectives incroyables à l’histoire ; la réception des livres une fois imprimés ; la présence sur un salon où je peux échanger avec un auteur que je lis depuis des années et qui m’intimide… oui à tout bien considérer je pourrais dresser une longue liste de ce genre de souvenirs.

Comment écris-tu ? Quel est ton processus de création ? Est-ce que tu as déjà toutes les cartes en main avant de commencer à écrire ou suis-tu tes personnages sans savoir où ils te mèneront ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Bref, dis-nous tout. 🙂
J’écris quand je peux mais avant tout, il me faut une idée. A partir de là, je commence à écrire, sans faire de plan. Je suis effectivement mes personnages et j’adore ça, de me laisser surprendre par leurs personnalités et le monde qui les entoure. En revanche, j’écris lentement, et beaucoup dans ma tête d’une certaine façon. L’histoire mature essentiellement dans ma tête, dans les grandes lignes avant que je ne couche les mots sur le papier. Je dis « dans les grandes lignes », parce que je ne veux me fermer aucune porte et profiter de ce que les situations engendrent d’elles-mêmes dans une histoire. En gros, je suis loin d’être un architecte mais ça me va bien comme ça. Le tout c’est de rester vigilant pour conserver une cohérence.
Quant à ma mise en condition en écriture, elle est effroyable. Je me dis « ce soir je m’y mets », et bim ! Arrivé le soir, je trouve toutes les mauvaises raisons pour ne pas m’y coller. Surtout au début d’un roman, quand je vois tout le chemin qu’il me reste à parcourir. Mais lorsque j’ai bien avancé, l’histoire est tellement dans ma tête qu’il en faut peu pour me pousser à écrire. Le hic survient surtout lorsque j’arrête. A ce moment-là, je suis un zombie. On me parle mais je n’écoute rien, je me contente de répéter plusieurs fois ce qu’on me dit avant que mon cerveau percute. Ça peut déstabiliser l’entourage…

Quel est le personnage que tu préfères dans tes romans ?
Alors là, difficile question. En fait je crois que j’apprécie certains personnages secondaires autant que les principaux. Mais si je devais en choisir un, je dirais Dimitri dans « Où s’imposent les silences ». Fredric dans « Dormeurs » peut avoir un côté très agaçant. Et celui du roman en cours d’écriture n’est pas un tendre : grande gueule, égoïste, désabusé… à croire que j’aime bien ce genre de personnages.

Où puises-tu tes inspirations ?
Partout ! Je prends tout ce qui passe et quand quelque chose attire mon attention, même pour des éléments de décor je dis « stop, je prends ». Le monde qui nous entoure est une forte source d’inspiration, mais les livres aussi. Il se pourrait que je sois une éponge, mais ça n’a rien d’exceptionnel.

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Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le dernier film vu ?
Le dernier livre que j’ai lu est un Perry Mason,  « Cœurs à vendre ». Le dernier film, c’est « The Iceman ». Mon dernier coup de cœur est un livre à paraître que j’ai eu la chance de lire en avant-première, et que je ne m’enlève pas de la tête tant il m’a touché. Il s’agit de « Petit blanc » de Nicolas Cartelet*. Il y a beaucoup de tendresse dans ce livre, d’humanité, et il touche à des thèmes qui m’ont parlé. Sa fin est également renversante. Bref, un livre à lire absolument.

Décris nous une journée idéale.
La journée idéale, c’est celle où je me retrouve avec les amis ou la famille. Pas obligé que ce soit pour un événement particulier. La simplicité , c’est pas mal dans ces cas là. Etre ensemble et en profiter.

Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?
Robert Merle, sans l’ombre d’une hésitation.

Question pro maintenant : quel regard porte le bibliothécaire sur la façon dont est traité le genre de l’Imaginaire en bibliothèque ?
Ah là là…. (soupir). Il y a du boulot ! Quand je suis en vacances, j’en profite parfois (c’est quand même les vacances) pour faire un petit tour des bibliothèques des villes que je traverse… eh bien, on voit très vite celles portant un intérêt pour les littératures de l’Imaginaire et celles qui sont démunies face à elles : méconnaissance du genre dans bien des cas, ou bugdet qui ne suit pas dans d’autres. Mais j’ai cru comprendre que des bibliothécaires semaient des graines d’Imaginaire partout où elles/ils passaient. Soyons positifs, tout ça va bientôt évoluer !

Pour finir, quels sont tes projets à venir ?
Ma nouvelle « L’herbe plus mauve ailleurs » doit paraître en fin d’année dans l’anthologie « Pulps » aux éditions Ad Astra, je viens d’en terminer une autre pour les éditions Le Peuple de Mü à paraître l’an prochain. Et j’ai donc entamé un roman d’anticipation noir c’est noir, avec le personnage grande gueule dont je parlais plus haut, évoluant dans un monde asphyxié…. mais je n’en suis qu’au début et donc, je trouve toutes les bonnes raisons pour retarder le moment de m’y mettre vraiment. Mais j’ai autour de moi, des personnes bienveillantes qui me poussent à m’y pencher pour de bon, même si je dois avoir l’air d’un zombie après chaque séance d’écriture. Sinon, je serai aux Aventuriales de Ménétrol en septembre prochain, un salon incontournable dans les terres du Milieu, où l’ambiance est extrêmement sympathique.

 

Vous pouvez retrouver Emmanuel sur Twitter et sur sa page Facebook, ou encore sur son blog

*À paraître en septembre chez le Peuple de Mü.

[À la découverte de] Ana Dess, prêtresse du vent

Une nouvelle invitée dans mon Terrier aujourd’hui, et pas n’importe qui ! Rencontrée lors d’un salon en 2015, enthousiaste face à un projet que je lui présentais et qui m’a offert une merveilleuse collaboration, j’ai l’immense privilège de poser mes questions à ma copine Ana Dess, avec qui j’ai travaillé sur Zombiguïté. ♥

« Ana Dess » ? Mais qui se cache sous ce nom facétieux ?
Ana Dess veut dire Je suis Ana en japonais (phonétiquement), c’est un clin d’œil à cette culture qui m’a bercée pendant des années.
Derrière ce nom se cache une multitudes de dimensions artistiques : peinture, illustration, musique, écriture, poésie, BD… J’aime traverser les arts et les frontières pour raconter des histoires.

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Quel a été ton parcours jusqu’ici ?
En sortant du bac j’ai d’abord bosser pour des boites de communications en tant que graphiste. En parallèle je me suis lancée dans la musique. J’ai écris deux albums qui sont sortis au niveau national. J’écris les textes, c’est entre le slam et la chanson française. J’ai commencé seule sur scène, et puis j’ai fini avec piano, guitare et violoncelle, ça a été une expérience inoubliable.
Les deux albums sont en écoutes sur toutes les plateformes : deezer, itunes…

Je suis devenue intermittence du spectacle, mais en 2013 j’ai décidé de faire une pause.
C’est un secteur très difficile, surtout quand tu fais du atypique.

Je me suis tournée vers le dessin que je pratiquais déjà mais comme amatrice.
J’ai décidé de créer un petit personnage qui me ressemble et j’ai sorti ma première BD en juin 2013.
La vie continue et aujourd’hui j’ai sorti 7 livres et je prépare un nouveau spectacle musical.

Tu auto-édites tes BD, est-ce que c’est un choix que tu regrettes ou au contraire, tu ne vois pas ta carrière autrement ?
Quand j’ai décidé de faire cette première BD, je me suis dit : dans un premier temps, je vais me tester avec le public et après on verra. Les années ont passé et les projets aussi. Finalement je suis toujours en auto-édition et ça me convient bien. Je ne regrette pas du tout, et je ne suis pas fermée à signer chez un éditeur le moment venu, si le projet est soutenu.

Quel est ton processus de création ? Comment te mets-tu en condition pour créer ?
Je pense que mon cerveau est en perpétuel temps de création. Il me faudrait deux vies pour tout faire ! Mais dans les moments de pures créations j’ai besoin d’être dans ma bulle.
J’ai besoin de la nature, du calme, du silence ou de la musique choisie, de la solitude.

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Illustration pour Zombiguïté

Où puises-tu ton inspiration ?
Partout autour de moi. Mais ces deux dernières années essentiellement dans mes voyages, dans le rapport que l’homme a avec la nature. Je lis beaucoup également.

Quelle est ta relation avec les réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils t’apportent une visibilité, une manière de communiquer différente que les salons, etc… ?
Les réseaux sociaux sont là pour les gens que j’ai rencontrés d’abord en festival. C’est rare que ce soit le contraire. Ils me permettent de communiquer avec une partie de mes suiveurs, d’organiser des petits concours et de poster des photos et vidéos.

Qu’aimes-tu faire pendant ton temps libre ?
J’adore me balader, randonner. Je lis, je joue à des jeux vidéos et des jeux de sociétés. Je voyage et je lis.

On sait que tu es une artiste engagée, mais tu es aussi organisatrice du Festival de la BD et l’Illustration à Montseveroux avec l’association Les K’amis Cases. Peux-tu nous en dire plus sur l’envie de départ et sur le salon en lui-même ?
C’est Monsieur Rudy (auteur des petits manuels pour les nuls, et mon mari) qui a lancé l’idée.
On croise souvent d’autres artistes dont on apprécie le travail et l’humain. Nous habitons un petit village d’Isère de 900 habitants, un village médiéval avec un beau château.
Finalement organiser un événement comme celui-ci dans notre village a pris forme dans nos têtes.
c’est la troisième année, cela demande beaucoup de temps et de passion, mais je suis fière de pouvoir valoriser ceux que j’aime.

As-tu des projets à venir que tu souhaites partager ?
Oui, je viens tout juste de sortir un nouveau livre. Un carnet de voyages poétiques.
C’est un livre un peu spécial, imprimé en 150 exemplaires numérotés. J’ai fait le choix de beaux papiers, c’est plus qu’un livre, c’est une manière de voyager.
Le livre regroupe des illustrations à l’aquarelle que j’ai faite durant 4 voyages : Islande, Maroc, Crète et Finlande. Il est ponctué par des textes poétiques que j’ai écris.

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Vous pouvez retrouver Ana sur son site internet et sur sa boutique Etsy. 😉