Petits bonheurs – Le besoin de solitude

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Vous allez me dire que c’est un sujet étonnant pour mes Petits Bonheurs, que ça en est presque antinomique, que je vais vous pourrir votre zénitude, mais que nenni ! Je vais vous montrer à quel point la solitude, parfois, permet de mieux apprécier le reste.

Un bémol immédiatement : ce qui fonctionne pour moi n’est pas universel. Trouvez votre propre point d’équilibre.

Depuis le 1r juillet, j’ai mis un holà fort sur mes « sorties de sociabilité ». Ça avait été prévu quelques semaines auparavant, j’avais décidé que juillet serait un mois de retour à moi-même. L’article sera posté le 27 juillet, presque à la fin du mois. Je rajouterai mes impressions à ce moment-là.

Pour comprendre ce besoin, un petit retour en arrière s’impose. Je n’ai jamais été véritablement un animal sociable. Plus jeune, il m’arrivait plus souvent d’annuler des sorties plutôt que de m’y rendre, même lorsque c’était avec des amis proches. Ce que je préférais, c’était de rester enfermée chez moi toute seule. Parler à des gens était une épreuve terrible, je pouvais me rendre malade pour un rendez-vous ou un entretien. Pendant très longtemps, mes seuls contacts avec le monde extérieur se résumaient à la scolarité puis au travail. C’est-à-dire que je voyais mes camarades et mes collègues pendant les heures de cours/travail, mais jamais en dehors. Jusqu’à récemment (= moins de deux ans), je n’avais gardé des liens qu’avec trois personnes du lycée, et personne d’autre.

C’est pour ça que j’écris ! Normalement, écrire, ça se fait dans son coin, sans avoir à parler à qui que ce soit. Vous imaginez ma réaction quand j’ai compris que j’allais devoir faire des salons et vendre moi-même mes livres à de potentiels lecteurs ? Mince, si j’avais voulu du contact avec les gens, j’aurais fait actrice ! (ou pas)

Les salons et dédicaces, donc. Pour être honnête, si j’en ai fait autant entre 2012 et 2015, c’est uniquement grâce à mon compagnon de l’époque qui m’a traînée partout en France. Sans lui, j’aurais peut-être fait les salons de Lyon (et encore), mais certainement pas plus loin. Mine de rien, ça me faisait une présence prévenante pour affronter le monde. Et ça m’a fortement conditionnée pour être capable, par la suite, d’affronter ça toute seule.

Vient 2015 avec son lot d’épreuves. Et contre toute attente, je commence à m’ouvrir aux autres. Un pas après l’autre, je dois de moins en moins me forcer à sortir et à discuter. Chose incroyable, je vais même jusqu’à apprécier chaque nouvelle rencontre et à entretenir des amitiés naissantes.

Depuis deux ans, ma sociabilité a explosé de manière exponentielle. Je vais même à des spectacles toute seule, c’est dire si je ne me reconnais pas. J’aime ce que je suis devenue, j’apprécie de passer du temps autrement qu’en tête à tête avec moi-même et je recherche la compagnie des autres.

Mais parfois, l’animal solitaire au fond de moi hurle pour retrouver sa sérénité.

C’est comme tout, le « trop » peut vite faire plus de mal que de bien. Et lorsque je suis trop sociable et que je vois trop de gens, je perds l’équilibre. Pour faire dans la métaphore, on a souvent besoin de se mettre à la diète quand on mange vraiment beaucoup pendant un moment. Et bien là, c’est la même chose. Au mois de juillet, j’étais au régime solitude pour réussir à retrouver la sérénité.

Je ne saurais pas expliquer véritablement le malaise que je ressens après une période trop sociable. J’ai tendance à être plus émotive, plus tranchante dans mes prises de position et je ne supporte pas la moindre dispute. J’irais même jusqu’à blesser les autres pour pouvoir me retrancher derrière mes barrières sans qu’on vienne m’y chercher. Je vais normalement rarement jusque-là car je sais me retrouver seule avec moi-même avant, sauf que je me suis fait avoir aux mois de mai/juin. Prise dans une spirale d’événements divers et de rencontres fortuites, je n’ai pas réussi à prendre un moment pour souffler, et ça a été l’overdose.

D’où ma diète du mois de juillet. Diète légèrement incomplète puisque je suis tout de même obligée d’aller travailler. Par la même occasion, j’ai enclenché un break des réseaux sociaux car je me trouve un peu trop connectée (et quand je suis en overdose, j’ai tendance à ne pas supporter les gens qui racontent leurs faits et gestes sur Facebook –je suis vilaine). (Break qui ne s’est pas étendu à Twitter, vous l’aurez remarqué, parce qu’il ne faut quand même pas déconner. Et puis Twitter ne me laisse jamais une impression de malaise, contrairement à facebook. Bref.) C’est d’ailleurs pour cette raison que le blog était en mode plus ou moins automatique aussi.

Les premiers jours sont toujours un peu compliqués car il s’agit de casser une routine. Mais c’est un entraînement. Au bout d’une semaine, c’est déjà plus facile de prendre son petit déjeuner ailleurs que devant l’ordinateur ou de partir sans son téléphone. Une espèce de liberté prend naissance là où il y avait auparavant une pression sociale. Alors au bout d’un mois, qu’est-ce que ça va être !

*

Eh bien je vais vous le dire, puisque ça y est, c’est pratiquement la fin du mois.

Comment je vais ? Beaucoup mieux ! Je n’ai plus cette lourdeur qui m’empêchait de voir les choses clairement, comme si j’avais finalement réussi à ôter mes œillères sur le monde. J’étais plombée par plein de choses, je me sentais triste et démotivée. Les premiers temps de solitude ont été particuliers parce qu’ils coïncidaient avec l’anniversaire de la mort de ma grand-mère. Forcément, le cocktail a détonné ! Mais une fois passé cette date, j’ai pu me retrouver face à moi-même, et ça m’a fait un bien fou.

Etre face à soi, c’est se confronter à ses choix, à ses erreurs, à ses chances manquées, mais aussi aux risques pris qui ont payé, à ses moments de joie et de sérénité. C’est là qu’on retrouve l’essence de l’existence que l’on souhaite, les choses importantes et celles qu’il vaut mieux abandonner. On voit plus clairement le chemin quand il n’est pas encombré, et même si l’univers place sur notre route des personnes qui sont destinées à nous aiguiller, on est toujours seul sur le sentier de notre vie. Les choix sont toujours les nôtres.

J’ai rencontré des tas de gens, ces derniers mois, qui m’ont permis d’avancer dans ma vie. M’éloigner d’eux un temps ne retire en rien la valeur de ce qu’ils m’ont apporté, au contraire, c’est dans la solitude que j’assimile toutes ces leçons. Je crois avoir bien assimilé, ce mois-ci.
Paradoxalement, j’ai eu beaucoup plus d’interactions au boulot au mois de juillet. Signe que l’animal solitaire en a tout de même besoin d’un minimum pour ne pas sombrer. Et c’est peut-être à cause de leur rareté que je les ai trouvées particulièrement enthousiasmantes.

Je suis un animal bizarre.

Enfin. Voilà donc le dernier article des Petits Bonheurs Spéciaux du mois de juillet ! À partir de la semaine prochaine, on retrouve mes listes habituelles. ^^

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