[À la découverte de] Isaac Marion, auteur dans l’espace

(English below)

Aujourd’hui dans mon Terrier, un invité particulier. Il est américain, il écrit des romans de zombies dont mon préféré de tous les temps, et surtout, il a changé ma vie en me permettant de me lancer dans le genre. Oui, c’est un peu la joie et la félicité pour moi, cet article.
J’accueille donc aujourd’hui Isaac Marion, qui a accepté de jouer le jeu des questions/réponses.

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Photo par Juliann Itter

Isaac Marion, qui est-ce ? C’est un musicien/chanteur, vous pouvez écouter ce qu’il fait sur ce site.
C’est également l’auteur de « Vivants » (ma chronique ici), le seul de sa série de romans à avoir été traduit en français. Vous connaissez sûrement le film tiré du livre et reprenant le titre original « Warm Bodies ».
Isaac a écrit « The New Hunger », une courte préquelle de « Vivants » où on retrouve les personnages quelques années plus tôt. En février dernier est sorti aux États-Unis et au Royaume-Uni « The Burning World », suite directe de « Vivants » (ma chronique ici).
Comme je le disais, ces deux romans ne sont pas traduits en français pour le moment, ce qui est une considérable tristesse (pour ceux qui ne lisent pas en VO plus particulièrement, les autres vous n’avez aucune excuse pour ne pas avoir lu les bouquins).

Pourquoi ? Pourquoi aucune maison d’édition ne s’est lancée dans l’aventure de la traduction ? C’est un mystère. Parce que selon moi, ces romans sont des merveilles.

Je laisse maintenant la place à l’auteur lui-même, que je remercie infiniment pour le temps passé à répondre à mes questions de fan transie. Pour ceux qui lisent l’anglais, j’ai ajouté l’interview originale plus bas. Bonne lecture !

~

On te connaît pour « Vivants » qui a été traduit en Français et publié par Bragelonne en 2012. Peux-tu nous en dire plus sur la suite, « The Burning World », et pourquoi il est important qu’elle soit traduite également ?

« The Burning World » est la suite directe de « Vivants » et commence quelque chose comme deux mois plus tard. R est presque entièrement guéri de l’infection mais son identité reste encore partielle : pas de souvenirs, pas de passé, pas de sentiment d’appartenance à ce nouveau monde. Pendant qu’il s’efforce de réintégrer la société humaine, une étrange organisation militaire venue d’une autre époque arrive pour « restaurer l’ordre ». R et Julie doivent alors prendre la route vers des horizons inconnus.

En ce qui concerne une traduction, ce serait vraiment génial si ça arrivait. À ma grande déception, il n’y a pas encore eu d’offres pour traduire le roman car apparemment, « Vivants » ne s’est pas vendu suffisamment bien à l’international. Ça me semble tellement injuste que les lecteurs de « Vivants » doivent rester en attente du reste de la série. J’espère que ça changera quand la série sera terminée et que les ventes décolleront. Et, bien sûr, si un autre film survient et change la donne.

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Comment construis-tu tes histoires ? Est-ce que tu as tout dans la tête avant de commencer ou suis-tu tes personnages là où ils vont ?

C’est un peu des deux. J’esquisse un flux d’événements et j’imagine de quoi les scènes auraient l’air et comment je les ressentirais dans ma tête pour avoir un guide à suivre pendant l’écriture, mais je ne le respecte pas religieusement. Le plan général est toujours en mutation avec les personnages et le scénario qui se développent.

Est-ce que tu as une routine d’écriture ?

Je me réveille, je prends mon petit-déjeuner, et je marche jusqu’au café. De préférence sans parler à quiconque, sans écouter aucune nouvelle, et sans interagir avec le monde. J’essaie de sauter directement de mes rêves à ma fiction.

Quelles sont tes inspirations dans la vie ?

La musique. Les villes. La nature. Les amis. L’espace. Les rêves. Les drogues.

Quel est le dernier livre que tu as lu ?

« Universal Harvester », de John Darnielle. Je ne suis pas encore certain de ce que j’en ai pensé. Très difficile à saisir, une écriture distante avec une fin qui était un peu facile. Mais également très morose et intriguant, avec des passages d’une très belle prose.

Tu as écrit une nouvelle pour une anthologie basée sur « La Nuit des Morts-Vivants » de Romero. Qu’est-ce que ça fait d’entrer dans un univers qui n’est pas le sien ?

Wow, je suis surpris que tu sois au courant de ça ! C’était une expérience intéressante. « La Nuit des Morts-Vivants » est l’un des rares films de zombie pour lesquels j’ai un grand respect artistique. Il a de la retenue. Il a de la classe. Même un peu d’ambiguïté.

Mon histoire est au sujet de la fille, qui passe la totalité du film allongée sur la table au sous-sol à écouter ses parents se disputer. Elle a toujours été la partie la plus intrigante du film parce qu’elle expérimente cette transition lente de vivant à mort-vivant, mais nous n’avons jamais la moindre idée de ce à quoi ça ressemble pour elle. Et son comportement à la fin est un peu déroutant : elle tue sa mère sauvagement… mais ne la mange pas ? Il y a là une certaine complexité que le film laisse inexplorée, alors j’ai trouvé excitant de plonger là-dedans et de décrire son état intérieur à un niveau que le film n’a pas atteint.

Si tu pouvais aller n’importe où maintenant, gratuitement, où irais-tu ?

La Lune. Je ressens pleinement la pression des foules dernièrement. J’ai envie d’enfouir mon visage dans de la poudre de Lune et de faire une longue sieste.

Quel est ton meilleur souvenir d’auteur ?

Honnêtement, ça serait l’expérience du tournage du film. J’ai eu des instants très profonds dans le processus d’écriture, mais c’est compliqué pour n’importe quoi de tenir la comparaison avec la sensation d’être entouré par des gens travaillant à donner vie à ton histoire. Regarder des acteurs jouer des personnes nées de ton propre esprit. Voir tout cet art, cet argent et ce talent qui s’assemblent pour construire un monde que tu as inventé. Il n’y a juste rien de comparable.

Le monde brûle, les zombies sont partout et tu es l’un d’eux. Mais le remède se répand et les zombies commencent à se souvenir de qui ils étaient avant. Voudrais-tu récupérer tous tes souvenirs ou préférerais-tu un nouveau départ ?

C’est un peu le conflit central de « The Burning World », donc je ne peux pas dire grand-chose sans risquer de spoiler ! Mais essentiellement… il n’y a pas de nouveau départ. Nos passés -souvenirs, expériences, leçons apprises-, sont les matériaux qui composent nos identités. Si tu enlèves tout ça, qui es-tu ?

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Dernière question : où doit-on t’emmener pour un premier rendez-vous parfait ?

Haha, eh bien, pour un tout premier rendez-vous, rien de vraiment spécial ! Amenez-moi dans un bar chaud et sombre, avec un verre de bon whisky, et je serai prêt à vous ouvrir mon âme.

**

Liens utiles :
Son site officiel
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Instagram

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And now that I declared my love in French, here is the English version of Isaac Marion’s interview. Thanks again for your time!

We know you for ‘Warm Bodies’, which has been translated in French a few years ago. Can you tell us about ‘The Burning World’ and how awesome it would be if it were translated too?

The Burning World is a direct sequel to Warm Bodies and begins about 2 months later. R has mostly recovered from the plague but still lacks an identity—no memories, no history, no sense of place in the new world. So he’s struggling with integrating back into human society, and then this strange military organization from the old days shows up to « restore order » and R and Julie have to go on the run, out into the unknown world.

As for a translation, it would certainly be awesome if it happened. To my great disappointment, there haven’t been any offers for translations yet because apparently Warm Bodies did not sell well enough internationally. It seems very unfair to me, that the readers of Warm Bodies will be left hanging for the rest of the series. I really hope this will change when the series is finished and sales start to pick up. And of course, if another movie ever happens that will change everything.

How do you build your stories? Do you have everything in mind before starting or do you follow your characters along their way?

It’s a little of both. I sketch out a rough flow of events and imagine how the scenes will look and feel in my head so that I have a guide to follow while writing, but I don’t stick to it religiously. The plan always mutates and changes as the characters and plot lines develop.

Do you have a writing routine?

I wake up, eat breakfast, and walk to the coffee shop. Preferably without talking to anyone or seeing any news or interacting with the world at all. I try to jump directly from my dreams into my fiction.

What and/or who are your inspirations in life?

Music. Cities. Nature. Friends. Space. Dreams. Drugs.

What’s the last book you read?

UNIVERSAL HARVESTER, by John Darnielle. I’m still not entirely sure what to make of it. Very elusive, arms-length writing with an ending that was a bit of a cop-out. But also very moody and intriguing with moments of really beautiful prose.

You wrote a short story for an anthology based on Romero’s ‘Night of the Living Dead’. What was it like to enter this universe that wasn’t yours?

Wow, I’m surprised you know about that! It was an interesting experience. Night of the Living Dead is one of the few zombie films that I feel I can really respect on artistic level. It has restraint. It has class. Even a bit of ambiguity. My story is about the girl, the daughter who spends the whole film lying on the table in the basement listening to her parents fight. She was always the most intriguing part of the film because she experiences that slow transition from living to undead, but we never get any clue as to what that’s like for her. And her behavior at the end is somewhat puzzling—she kills her mother savagely…but doesn’t eat her? There’s some complexity there that the movie leaves unexplored, so I found it thrilling to jump in there and describe her internal state on a level that the movie didn’t touch.

If you could go anywhere right now, for free, where would you go?

The moon. I’m feeling the pressure of crowds lately. I want to bury my face in some cool moon powder and take a long nap.

What is your best memory as a writer?

Honestly, it would have to be the experience of being on the movie set. I’ve had some profound moments in the actual writing process, but it’s hard for anything to compete with the feeling of being surrounded by people working to bring your story to life. Watching actors play people born out of your own mind. Seeing all the craft and money and artistry that goes into building a world you imagined. There’s just nothing else like that.

The world is burning, zombies are everywhere and you are one of them. But the cure is spreading and zombies are remembering who they were before. Would you want your memories back, or would you rather have a fresh start?

That’s kind of the central conflict in THE BURNING WORLD, so I can’t say too much without spoiling it! But essentially…there are no fresh starts. Our pasts—memories, experiences, lessons learned—are the materials that compose our identities. Take all that away and who are you?

Last question: where should one take you for a perfect first date?

Haha, well, for a very first date, nothing too special! Give me a warm, dark bar and a glass of good whiskey and I’m ready to bare my soul.

*

Where to find Isaac Marion?
Official website
His music
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