[Avis] Le Grand Mystère des Règles – Jack Parker

Quelle femme n’a jamais été confrontée à ce très énervant « Quoi encore, t’as tes règles ? » Comme si le sang s’écoulant de notre vagin invalidait de fait toute prise de position.

Je vais être honnête, plus jeune, c’est quelque chose que j’ai dit et pensé. J’ai aussi pensé pendant longtemps que j’étais incapable de faire une mayonnaise parce que j’avais mes règles (chose intéressante à soulever : je tenais ça de ma grand-mère, qui n’a jamais arrêté de faire quoi que ce soit pendant ses règles). J’ai eu le malheur d’être réglée super tôt (9 ans, j’étais un bébé quoi, je me souviendrai toujours de cette journée), et bien que mes parents aient été plutôt cool avec la question (ma maman m’a bien tout expliqué sans me laisser entendre une seule fois que c’était la honte), tous les mois, je vivais dans l’horreur que quelqu’un ne s’en aperçoive.

Aujourd’hui, ça va mieux. Je peux même me balader avec une serviette dans la main pour aller aux toilettes, je m’en fiche un peu. Mais j’ai 31 ans, et ce travail-là ne s’est pas fait du jour au lendemain. Je suis d’un naturel curieux, et quand je comprends que je ne peux pas lutter contre un phénomène naturel, j’essaie de m’en accommoder.

Seulement je fais ma popote dans mon coin sans en discuter, et il y a plein de femmes qui ne sont pas comme moi (ouf, comme dirait l’autre). Mais heureusement, il y a des gens comme Jack Parker qui œuvrent pour démystifier les règles !

Jack Parker, je la connais depuis ses articles sur MadmoiZelle, et j’ai continué à la suivre après. J’ai été super emballée par son site Passion Menstrues, grâce auquel j’ai appris plein de choses et qui m’a bien aidé dans mon confort personnel. Pour aller plus loin, Jack Parker a sorti « Le Grand Mystère des Règles », dont je vais vous parler aujourd’hui.

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J’adore la couverture.

C’est un bouquin qui se compose de quatre parties et de jolies illustrations de Madel Floyd. Dans la première moitié, on parle surtout des règles de manière physique, puis on passe à l’histoire et à la culture.

Les deux premiers chapitres ne m’ont pas appris grand chose, car cela fait donc quelques années déjà que je fais ce travail de mieux comprendre et vivre mes règles. Cependant, c’est un livre que j’aurais aimé lire lorsque j’étais plus jeune et pleine de rancœur pour mon corps qui m’en faisait baver une fois par mois. L’ouvrage dédramatise sans jamais les invalider tous les soucis menstruels, en montrant que non, nous ne sommes pas seules à souffrir d’un transit hasardeux ou d’une peau dégueulasse en période de règles.

Les conseils pour adoucir ces jours compliqués sont utiles et nombreux, parce que ce qui fonctionne pour l’une ne marchera peut-être pas sur l’autre.

Je pense que c’est ce qui fait l’intérêt de ces deux parties : elles sont quasi exhaustives, parce que les règles ne se vivent jamais de la même façon. Selon les femmes, et aussi selon les cycles.

Les deux parties suivantes parlent de l’histoire et de la société, et là, j’y ai vraiment trouvé mon compte. C’est toujours intéressant de voir comment un phénomène vieux comme le monde et touchant la moitié de la population mondiale peut traîner autant de casseroles.

J’ai lu le livre en une journée, l’écriture et le ton utilisé donnent vraiment une facilité de lecture et un intérêt qui ne s’amenuise pas au fil des pages. Je pense qu’il peut s’adresser à tous (oui, même les garçons) pour peu qu’on soit un minimum ouvert sur la question. Il permet de découvrir pas mal de petites choses (dont une liste de protections hygiéniques autres que les classiques serviettes/tampons/coupe), et surtout, de réfléchir et de prendre conscience qu’au lieu de souffrir à essayer de se cacher, on peut lutter pour se faciliter la vie. 😉

Vous pouvez retrouver Jack Parker sur Twitter et l’encourager avec son Tipee.

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[Point lecture] Janvier – Juin

Ça y est, juillet est là, ce qui veut dire que le blog va être en mode plus ou moins automatique pendant le mois. Les sujets sont tous prêts et postés (eh oui, j’ai bossé), et sauf moment important « j’ai envie de parler d’un truc là tout de suite », le Terrier va vivre tout seul jusqu’en août. 😉

Aujourd’hui, je vais faire un point sur mes lectures depuis janvier. Au total, j’ai lu 40 ouvrages, dont 3 BD (« Doctor Who : Les Anges Pleureurs de Mons », « Alice Matheson » T1, « Tizombi » T1 <= gros coup de cœur pour celle-ci).

J’ai lu 32 romans, allant du classique « Les Hauts de Hurlevent » jusqu’à la sortie (causant mon hystérie de fan) de l’année « The Burning World » d’Isaac Marion (en VO).
Des coups de cœur pour certains d’entre eux : « Moi, Peter Pan » de Michael Roch, « Tu comprendras quand tu seras plus grande » de Virginie Grimaldi, « Sous le signe du Scorpion » de Maggie Stiefvater, « Où s’imposent les silences » d’Emmanuel Quentin, « Le Gardien de la Source » de Vanessa Terral.

Il y a eu 5 essais/témoignages, dont : « Je médite jour après jour » de Christophe André et « Mémoires d’un Embaumeur » de Jacques Marette.

Je suis en train de lire en ce moment « On n’est jamais bizarre sur Internet (ou presque) » de Felicia Day et « Le Club Vesuvius » de Mark Gatiss.

Grâce à la GrosseOp de Bragelonne et une bibliothèque universitaire pleine de romans à dévorer, ma PAL est énorme. J’espère arriver aux 100 bouquins lus en 2017 ! ^_^

[Avis] Où s’imposent les silences, Emmanuel Quentin

Après ma très chouette lecture de « Dormeurs » (dont j’ai fait la chronique sur Fantasy Gate), je me suis jetée, pleine d’enthousiasme et d’attentes, sur le nouveau roman d’Emmanuel Quentin (merci au Peuple de Mü pour l’exemplaire en avant-première ! ♥) : « Où s’imposent les silences ».

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Je trouve déjà le titre assez exceptionnel. Le genre qui reste, qui marque, qui fait se poser deux ou trois questions sur le contenu.
La très belle couverture de Pascal Casolari est également un argument de vente.
La quatrième de couverture : énigmatique à souhait.

Ce que ça raconte ? L’histoire d’un étudiant pas tout à fait comme les autres qui se retrouve confronté à une drôle d’affaire de famille, celle d’un enquêteur chargé de découvrir le fin mot d’un meurtre pour le moins invraisemblable, et enfin celle d’une femme amnésique qui se réveille dans un champ où le temps semble s’être arrêté.
Trois histoires distinctes, trois personnages étrangers les uns des autres, jusqu’à ce que tout se rejoigne.

Pour « Dormeurs », j’avais émis un petit doute sur certains dialogues. C’était un premier roman, on le voyait à des détails qui n’ont cependant pas entaché ma lecture tant le reste était bon.
Pour avoir enchaîné avec les Silences, je peux affirmer qu’Emmanuel a transcendé le potentiel décelé avec « Dormeurs » pour donner un roman d’une qualité incroyable. L’écriture est maîtrisée, le style est excellent, le rythme est soutenu. La structure globale donne une impression de rigueur dans la construction, quelque chose de très carré, ce qui ne dessert pas le récit mais l’élève.

Je n’aime pas faire de chronique où je dévoile la moitié de l’histoire. Ce serait tellement dommage de ne pas la découvrir en vous laissant emporter par les mots d’Emmanuel. Mais s’il fallait vous convaincre, en quelques phrases :

Dans « Où s’imposent les silences », on parle de liberté et de guerre. Jusqu’où peut-on aller pour servir sa cause ou sa nation ? À quel moment le libre-arbitre est tué pour créer des fantômes prêts à obéir ? Comment le retrouver ? Comment et pourquoi se battre ?
On y parle aussi d’amitié et de famille, de pouvoir, d’espoir. Mais surtout de liberté.

Ça arrive suffisamment peu souvent pour que je le mentionne, j’ai un gros coup de cœur littéraire pour l’auteur et j’attends avec impatience ses nouveaux projets (allez, dépêche-toi un peu s’il te plaît :p). Je suis persuadée qu’il montera très, très, très haut, et je vous encourage vivement à découvrir ses deux premiers romans dès maintenant !

Ils sont disponibles sur le site du Peuple de Mü, et également au Dépôt Imaginaire si vous êtes dans les parages. ^_^

[J’ai vu] Histoires à lire debout

Vendredi soir, j’ai été invitée à aller voir la pièce que présentait le groupe de théâtre « ados » de Chavanoz. Récompense d’une année de travail sous la houlette de leurs professeurs, Joëlle Lestra et Julien Thonnat, les jeunes (âgés de 14 à 18 ans) ont joué la pièce de Jean-Paul Alègre : « Histoires à lire debout ».

La nuit, dans le silence de la bibliothèque, Magnus l’encyclopédie, Philo, Roman, le soupirant de la délicate Flore, le recueil de poésies, et Sans¬Nom, le livre raté qui mélange ses pages, forment une joyeuse bande dans le meilleur des mondes.
Hélas, une menace pèse sur ces rayonnages heureux : celle du Grand Autocrate qui décide de partir en guerre contre le livre et la lecture. Mais d’Artagnan, Buffalo Bill, Obélix, la Princesse de Clèves, Molière et le Petit Poucet ne l’entendent pas de cette oreille ! Ils s’unissent pour défendre la liberté d’écrire et de penser…

Je ne connaissais pas l’oeuvre avant ce soir-là. J’y allais sans même connaître le résumé.

La pièce commence par le personnage du Livre. Il s’adresse au lecteur qui le tient entre ses mains, lui parle comme on parle à une personne avec qui on débute une relation. Un peu de gêne, de la séduction, et beaucoup d’espoir que ça marche. Puis le Livre tourne la page sur son histoire, sur une histoire aux accents oppressants et pourtant lumineux.

On se retrouve alors dans une bibliothèque, dirigée par un vieux bibliothécaire amoureux des livres. Cet amour qui transparaît dans chacun de ses mots est mis à mal par l’arrivée d’une menace, représentée ici par le Grand Autocrate, dictateur qui pourrait être celui du pays d’à côté, et qui décide de s’attaquer à la lecture pour empêcher le peuple de réfléchir à la liberté.

Mais quand la nuit tombe et que le bibliothécaire rentre chez lui, les livres prennent vie pour nous raconter leurs aventures… puis la peur qu’engendrent les agressions qui les visent désormais.

Autant vous le dire tout de suite, j’ai failli pleurer pendant les 3/4 de la pièce. Déjà parce que les jeunes ont été capables de personnifier les sentiments et l’angoisse du thème de la pièce : le bibliothécaire qui parle de ses livres, la petite Flore meurtrie et ses amis impuissants, les personnages célèbres qui s’unissent pour donner un spectacle face à la tyrannie…
Ensuite parce que le message résonnait en moi comme une appréhension sourde, la menace de ma liberté d’écrire, de lire, de ne plus pouvoir m’échapper dans mes romans, et aussi le réconfort que je n’écris pas pour rien, que les artistes ont une véritable mission, que face à la menace, on a tous un rôle à jouer.

Dire que j’ai aimé la pièce ne serait pas lui faire honneur. Ça a été au-delà. Du début à la fin, j’ai été suspendue aux lèvres de ces jeunes, émue aux larmes par leur performance et le message qu’ils faisaient passer.

Un grand bravo à eux, ils ont été parfaits. Et bravo à leurs professeurs d’avoir choisi cette pièce qui les a si bien mis en valeur. C’était superbe. (Kylian, merci. ♥)