[Interlude littéraire] Le Jour des Morts

Après ma dédicace à la librairie crémolane De Plume et d’Épée, j’ai assisté à l’un des ateliers d’écriture régulièrement proposés par le libraire. Le thème était « le Jour des Morts », nous devions écrire un texte neutre sur notre vision de cette fête. Le deuxième texte était une réécriture du premier avec une touche d’horreur, et le troisième en mode plus léger.

**

La routine prenait toujours le relais. Les gestes, machinaux, s’enchaînaient sans entraîner de pensées particulières. Retirer, nettoyer, reposer, déranger. Toujours dans le même ordre. Parfois, on pouvait s’autoriser une petite fantaisie comme de nettoyer sans déplacer, mais cela restait vraiment extraordinaire. Et pas très professionnel. Ça faisait sourire un instant et la routine reprenait.
Retirer, nettoyer, reposer, arranger. La même rengaine rassurante qui rythmait depuis la nuit des temps une douce mélodie de gestes mécaniques.

Venait alors le Jour des Morts et commençait un nouveau défilé routinier. Les veufs et les veuves âgés, toujours les premiers. Les plus jeunes ensuite, les orphelins et les parents endeuillés. Puis les petits-enfants, les neveux et nièces.

Le ballet continuait toute la journée, jusqu’aux retardataires essoufflés râlant contre la fermeture des grilles.

Et le lendemain, tout recommençait. Retirer, nettoyer, reposer, arranger. Jusqu’à l’année prochaine.

**

Ce qu’il y avait de bien avec ce métier, c’était la routine. Dès le matin, il fallait chercher ce qui avait été déplacé pendant la nuit, réparer ce qui avait été cassé, remettre tout en place avant l’ouverture des grilles.

Il y avait bien des petites fantaisies parfois : un bras squelettique terminé par un majeur en l’air posé sur une plaque mortuaire, un crâne sortant de terre, ou un petit mot tracé dans le gravier : « Tu es le prochain ! ». Occasionnellement, quand les pensionnaires étaient particulièrement en forme, on avait droit à des insultes aussi fleuries que les tombes.

Venait alors le Jour des Morts, avec son défilé de personnes endeuillées. Ce jour-là, les Morts s’en donnaient à cœur joie. On entendait sangloter de bonheur de retrouver l’être aimé, on chantait son plaisir d’être une nouvelle fois réunis.

Mais pour ceux qui avaient oublié toute l’année leurs chers défunts et qui n’étaient là que par convention calendaire, les ennuis commençaient dès le parking.

D’ailleurs, on avait noté une très nette hausse de décès la semaine suivant le Jour des Morts.

**

Le gardien sortit de sa maison en pierre.

– Marcel, tu as encore oublié ta tête devant ma porte ! beugla-t-il. Lucette, il va falloir arrêter de piétiner mes plants de tomates. Je sais que tu veux aider mais profite un peu de ton repos éternel.

Le gardien éclata de rire en voyant deux bras entortillés posés sur le banc devant son portillon. Encore des amoureux surpris par le lever du soleil qui n’ont pas réussi à se désenchevêtrer. Le gardien savait à qui ils appartenaient, aussi ramassa-t-il les deux bras pour les mettre dans sa brouette, en compagnie du crâne de Marcel et des orteils de Lucette. C’est qu’il fallait être présentable aujourd’hui. Les familles allaient défiler devant les tombes et il serait indélicat qu’elles tombent nez à nez avec un membre de l’oncle René. Imaginez qu’elles accusent le gardien de négligence et qu’elles décident de déplacer leurs morts ! On ne savait pas où ils pourraient tomber. Imaginez un peu si on les empêchait de danser en les mettant dans ces horribles caveaux fermés !

Ah ça, non, il n’en était pas question ! Le cimetière du gardien, c’était le paradis des Défunts !

Mercredi, c’est zombie !

Depuis quelques semaines, je publie sur Wattpad une nouvelle histoire de zombies. C’est l’un des romans que j’ai le plus aimé écrire, le seul terminé entre Pandémonium et La Vague (qui est encore en corrections). Alors qu’en bêta-lectures, l’histoire a beaucoup plu, les éditeurs, eux, n’en ont pas voulu. 🙂 Tant pis ! Le roman se retrouve donc sur Wattpad  à raison d’un chapitre par semaine. Par là =>

Emma – Projet Z

202797284-352-k600409

Résumé : Emma n’a qu’une seule phobie : les zombies.
Heureusement, ça n’existe pas !

Son rêve le plus cher se réalise : son auteur favori vient en dédicaces près de chez elle. Tant pis si son dernier roman parle de de morts-vivants, elle va enfin rencontrer son écrivain préféré ! Mais la dédicace vire au cauchemar quand les zombies s’invitent à la librairie…

Une sorte de road-trip sans voiture avec des zombies, de l’humour, et un tout petit peu de romance… Bonne lecture !

Dédicaces !

Affiche_AM1

Samedi prochain (2 novembre donc), je serai en dédicaces dans la librairie De Plume et d’Epée, à Crémieu (38460), de 10h à 19h. C’est rare quand je signe si près de chez moi, et ce sera la dernière fois avant ma prochaine publication. ^^ Viendez nombreux !

**

Côté écriture, j’ai envoyé un manuscrit en bêta-lecture et je me prépare doucement à attaquer le NaNoWriMo. Pas sûre de faire 50K mots cette année, mais j’ai un autre manuscrit à terminer !

Et vous, NaNo ou non ? 🙂

Aventuriales 2019

Le week-end dernier ont eu lieu les Aventuriales de Ménétrol, près de Clermont-Ferrand. Et ce fut un très bon week-end.

Ma dernière sortie littéraire remontant à 6 mois et Livre Paris, j’étais plutôt contente de retrouver le milieu. Si l’écriture est un domaine solitaire, les salons sont l’occasion de se remotiver à la création. Avoir les copains sur les stands voisins aide beaucoup pour cela ! (Ça aide aussi à sortir le porte-monnaie… ^^)

IMG_20190930_184112_resized_20191001_041047085

N’est-ce pas, Lynks ?

Entre deux pitches de ses propres œuvres, on découvre celles des collègues et leurs différents projets, on se met à jour des news du monde littéraire, et  bien sûr, on fait le tour des stands illustrateurs pour se faire plaisir.

Bref, le temps passe. Et il passe encore plus vite quand on a la chance d’être bien entourée. Alors merci à la team 1115 Marge Nantel, Frédéric Dupuy alias Sarigan et Thomas Fouchault, à l’équipe de Bookstation et à Emmanuel Quentin pour la soirée passée en leur compagnie (je ne mangerai plus japonais avant un moment). Un merci de plus à Thomas pour m’avoir autorisée le siège arrière de sa voiture pour aller et revenir de Ménétrol !

Merci à Cécile et Mathieu du Chat Noir parce que c’est toujours un bonheur de passer du temps avec eux, de même pour Bleuenn qui est beaucoup plus qu’une simple connaissance. 😉 ♥

Dans le désordre, ce fut un plaisir de discuter un instant, souvent trop bref, avec Ophélie Bruneau, Laurent Whale, Cassandre de Delphes (dont l’illustration « Psychopompe » m’a presque fait pleurer tant elle était belle), Luce Basseterre (bravo pour cette nouvelle édition du festival !), Bruno Pochesci, Elodie Lemaire, Valérie Simon, Olivier Saraja, Nathy, Jean Vigne, Pascale Languille. J’ai juste eu le temps de dire bonjour à d’autres, dont certains voisins lyonnais que je ne vois qu’en dehors de Lyon. Invitez-moi à prendre un café, les gars. :p

Un grand bravo à l’équipe organisatrice du festival, et on se dit sûrement à l’an prochain. ^_^