[À la découverte de] Olivier Saraja, auteur hybride

Dimanche, jour de découverte littéraire ! Aujourd’hui, c’est Olivier Saraja qui se prête au jeu du Terrier. Auteur publié et auto-publié, Olivier a su se faire sa place dans le monde de l’Imaginaire français. Zombies, dinosaures, invasion de plantes, SF, vous trouverez forcément votre bonheur dans sa bibliographie.

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Olivier, peux-tu te présenter aux lecteurs du Terrier ?
Bonjour Lily, merci de me donner l’opportunité de faire la connaissance des lecteurs de ton blog. Je suis ingénieur dans le secteur aéronautique, en région toulousaine. Mon premier contact avec les littératures fantasy et SF date de l’école primaire, en tant que précoce joueur de jeux de rôle (Dungeons and Dragons basic rules, la mythique boîte rouge). J’ai assez vite essayé d’écrire mes propres « modules » et ça a débouché, des années plus tard, sur la publication de jeux de rôles ou de suppléments pour ceux-ci dans le catalogue de la maison d’édition Oriflam (Elric, Hawkmoon, Feng Shui). Je me suis fait ensuite un petit nom dans le domaine des logiciels de graphisme libre (une centaine d’articles pour Linux Magazine, Linux Pratique mais aussi un livre La 3D libre avec Blender chez Eyrolles) avant de donner enfin cours à ma passion initiale : l’écriture de textes de fiction, orientés anticipation et SF.

Quel est ton processus de création en tant qu’auteur ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Raconte-nous la naissance d’une œuvre.
Chacune de mes œuvres est née dans la douleur. Il faut savoir s’astreindre à se poser derrière son clavier, et à écrire, ou relire/corriger/éditer. C’est toujours la première étape, s’installer devant l’ordinateur. C’est pour cela que j’essaie d’en faire un moment agréable. En fonction de l’heure et de l’avancement de la journée, cela peut se faire en compagnie d’un café, ou d’une bière. Pas forcément de musique, car cela dépend de la période : une mélodie inadéquate peut réduire à néant le rythme d’un passage. Il faudrait se constituer des play lists thématiques, très probablement, mais je crois que je dois exploiter mon abonnement Deezer à 1% tout au plus !
Une fois le premier jet écrit et totalement déverminé (merci Antidote, qui non seulement repère les fautes, mais également me permet de traquer répétitions, phrases longues et divers tics d’écriture), je l’envoie à 2 ou 3 bêta-testeurs qui ne sont pas complaisants et très « cash » avec moi. Je fais lire aussi à ma chérie, à des amis. Lorsque j’ai pris en compte les retours (et repassé mon texte à Antidote), je fais une pause de quelques mois. Je laisse le tapuscrit dans un coin, peu importe que j’y repense ou non. Lorsque le temps de la maturité est venu, je reprends le texte et le relis, le remanie, l’amende pour en faire une histoire plus solide, plus légère, mieux rythmée. Je peux ensuite l’envoyer à mon éditrice, ou alors prévoir le texte pour l’auto-édition, en fonction de la destination souhaitée pour mon texte. Ah. Et encore une dernière relecture. C’est fou comme l’entropie à tendance à ajouter des coquilles dans un texte pourtant mille fois relu et corrigé.

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Quel est ton meilleur souvenir d’auteur ?
Peut-on vraiment se limiter à un ? Le premier contrat. Le premier exemplaire physique tenu dans ses mains. Le premier relevé de droits d’auteurs. La première fois où un anonyme te reconnait ou déclare te connaître. Le premier salon. Bref, je dois être très fleur bleu, car oui, toutes les premières fois ont été importantes pour moi, et ont contribué à tisser de magnifiques souvenirs.

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Quelle est ta relation avec les réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils t’apportent une visibilité, une manière de communiquer différente que les salons, etc… ?
Je ne saurais pas faire, sans les réseaux sociaux. Je ne fais qu’une poignée de salons par an, dans la limite de ce que mes vies sociale, familiale et professionnelle me permettent de faire. Je suis depuis longtemps sur Twitter, mais mon apparition sur Facebook est relativement récente. Encore plus récente, mon apparition sur Instagram que j’ai un peu de mal à mettre en oeuvre. J’aime bien traîner sur Mastodon aussi, il y a des communautés de lecteurs et de créateurs assez dynamiques là-bas.
Ensuite, je prends pas mal de recul par rapport à ces mêmes réseaux sociaux. Je ne participe jamais aux polémiques, ne donne que rarement mon avis, et je n’y fais jamais la moindre leçon, car il y a toujours une communauté ou une minorité à y blesser, même à corps défendant. Les réseaux servent en revanche à ma veille « technologique et sociale » qui alimentent mes textes les plus sombres de SF ou d’anticipation (ces textes que je réserve habituellement à l’auto-édition, car plutôt pessimistes ou pas assez grand public). Je n’écris pas (ou rarement) au sujet de futurs lointains. J’aime bien parler de demain ou d’après-demain, et d’y projeter le résultat de nos errances scientifiques ou morales actuelles.

Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le prochain dans ta pile à lire ?
Le dernier ouvrage lu est « Pearly Gates, tome 1 : le règne du métal » par Nicolas Pagès. Je lis actuellement la suite, qui n’est encore publiée nulle part (peut-être chez au 38 ?). Les prochains seront la trilogie Voyager par Stéphane Desienne. J’ai tellement de retard dans mes lectures !

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Que fais-tu lorsque tu n’écris pas ?
En ce moment, beaucoup de bricolage, de jardinage. Une maison à remettre au goût du jour, cela prend du temps et de l’énergie !

Tu es également éditeur, comment passes-tu de cette casquette à celle d’auteur ?
Difficilement. Le plus périlleux est de tout concilier, et de trouver le temps pour réaliser ce qui doit l’être. Je ne lis pratiquement plus que des manuscrits et des synopsis, mais par ailleurs, je participe d’une façon très intéressante à la vie d’une maison d’édition en bonne santé et qui s’avère accueillante et bienveillante.

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Si tu pouvais aller prendre un café avec un artiste (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?
Houla, question piège. Je ne suis pas dans l’idolâtrie. J’aimerais beaucoup m’entretenir des inspirations et des processus créatifs avec Brendan Perry (Dead Can Dance). Fouiller les concepts arts de Brian Froud, directeur artistique du film Dark Crystal. Boire une pinte avec Mickael Moorcock avec qui j’ai failli travailler à l’époque où j’étais investi dans les jeux de rôle Elric et Hawkmoon. Mais surtout, je suis persuadé d’avoir déjà pris un café ou un verre avec plein d’artistes français.es actuels.elles, à qui je souhaite de devenir les prochains monstres littéraires francophones sur lesquels.elles fantasmeront les prochaines générations.

Et enfin, quels sont tes projets à venir ?
Côté salon, le prochain rendez-vous sera pour les Aventurales à Ménétrol, fin Septembre. Côté projets d’écriture, il y en a plusieurs. L’écriture de Dino Hunter 2 ; publier quelques one shots de Lady Bradsley ; achever deux textes d’anticipation que je souhaite autopublier ; écrire trois histoires d’horreur qui traînent dans mes tiroirs. Pour ces divers projets, j’ai déjà la plupart des synopsis prêts : il n’y a plus qu’à, comme en dit. Mais quand ?

Un grand merci à toi de m’avoir permis de me présenter à tes lecteurs.

Merci à toi, Olivier ! 

Vous pouvez le retrouver sur Twitter et sur son site internet.

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[À la découverte de] Pascaline Nolot, rêveuse des Terres du Nord

Aujourd’hui 28 avril, j’ai le grand plaisir de recevoir Pascaline Nolot, camarade des éditions du Chat Noir. Lectrice passionnée, femme engagée et autrice de plusieurs romans et nouvelles, sa dernière parution chez Rageot raconte l’histoire d’un petit garçon enfermé dans une bibliothèque un peu différente…

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Bonjour Pascaline et bienvenue dans mon Terrier ! Je te laisse nous en dire plus sur toi avant d’attaquer les questions.

Bonjour ! Je m’appelle Pascaline Nolot. Je suis orléanaise de naissance, lilloise d’adoption depuis 2008. Je suis une lectrice invétérée depuis mon plus jeune âge, avec une prédilection pour les littératures de l’imaginaire. J’ai écrit une dizaine de nouvelles pour diverses anthologies, dans des genres assez variés (fantastique, science-fiction, contemporain, steampunk, etc.). Et j’ai quatre romans à mon actif : Les Larmes de l’Araignée (2017, éditions du Chat Noir, fantastique jeunesse – nominé pour le prix « papyrus » 2019 du roman jeunesse), Les Orphelins du Sommeil (2018, éditions du Chat Noir, fantastique jeunesse – sélectionné pour le prix Imaginales 2019 du roman jeunesse), Sur l’écorchure de tes mots (2019, éditions du Chat Noir, littérature blanche, « Young Adult ») et Éliott et la bibliothèque fabuleuse (2019, Rageot éditeur, « low fantasy » jeunesse).

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Quel est ton processus de création en tant qu’autrice ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Parle-nous d’un (ou de plusieurs) moment-type d’écriture.

Je rêverais d’être une autrice jardinière, je trouve l’image bucolique et poétique ! Hélas, je n’ai pas la main verte, j’ai besoin d’un plan détaillé pour démarrer… En général, au début, j’ai juste une idée de base qui tient en une ou deux phrase(s) et, si je suis chanceuse, une ou deux scènes précise(s) en tête – le début et/ou la fin du roman, la plupart du temps. Ensuite, les personnages s’imposent assez vite à moi. Pour eux, je n’ai quasiment pas à faire d’efforts : ils s’invitent d’eux-mêmes dans mon esprit et se présentent avec leur personnalité et leurs particularités (qui ne m’arrangent pas du tout, parfois !). Pour le reste, je note des dizaines d’idées en vrac, je trie, je supprime, je rajoute, j’organise… jusqu’à ce que je réussisse à construire une intrigue qui me semble tenir à peu près la route. Comme cette phase me prend un certain temps, je vis un moment avec les personnages dans ma tête, je les teste mentalement dans certaines scènes que je commence à imaginer, etc. Du coup, je les connais déjà plutôt bien quand je réussis à établir mon plan et que je me lance dans la véritable rédaction. Cependant, planifier son histoire ne signifie pas être psychorigide. On sait bien, de toute façon, que rien ne se passe jamais tout à fait comme prévu, que les personnages ou les événements peuvent nous surprendre en cours d’écriture et partir dans des directions inattendues. C’est là aussi toute la magie de l’écriture !
Quant à mon moment-type d’écriture, comme beaucoup d’autrices et d’auteurs, c’est avant tout le moment où j’ai le temps et la possibilité d’écrire. En ce qui me concerne, ce moment est souvent nocturne et accompagné d’une grande tasse de capuccino (qui, sous prétexte de me maintenir éveillée, me permet d’assouvir ma gourmandise).

Où puises-tu tes inspirations ?

Excellente question ! C’est quand elles me fuient que j’aimerais bien le savoir… Plus sérieusement, je crains de ne pas faire preuve de la moindre originalité en répondant : « un peu partout ». J’ai l’impression que, dans la tête d’une autrice ou d’un auteur, n’importe quoi ou n’importe qui peut déclencher l’idée d’une histoire : cela peut venir d’un reportage qu’on a vu, d’une conversation qu’on a eue ou entendue, d’un article qu’on a lu, d’une scène surprise dans la rue, de rencontres qu’on a faites, d’une atmosphère qu’on a ressentie, d’une musique qu’on a écoutée, d’une illustration qu’on a admirée, d’événements qu’on a vécus, etc. Bref, il me semble que les sources d’inspiration sont multiples, parfois surprenantes, et je ne crois pas en avoir une en particulier.

Préfères-tu écrire des nouvelles ou des romans ? (Ou les deux).

En fait, je trouve les deux exercices très complémentaires. De par son format court, la nouvelle permet de tester beaucoup de choses en variant les genres, les niveaux de langage, les types de narration, les ambiances, etc. Avec son format long, le roman, lui, permet de développer des univers beaucoup plus riches et d’approfondir vraiment la psychologie de ses personnages. Donc, dans l’idéal, je dirais que je préfère écrire des romans… tout en cédant au plaisir de rédiger une nouvelle de temps en temps !

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Quel est ton meilleur souvenir d’autrice ?

En choisir un seul est très difficile… J’ai plein de très bons souvenirs avec les lectrices et lecteurs, ainsi qu’avec les camarades auteurs et autrices (illustrateurs et illustratrices, aussi !) : grâce aux livres, et grâce aux différents salons et festivals littéraires, on fait beaucoup de belles rencontres, on crée des liens et de vraies amitiés. Le tout premier mail d’acceptation d’une nouvelle ou d’un roman par un éditeur constitue également un moment très fort, même chose quand on apprend qu’un texte est sélectionné pour un prix. Les messages et courriers envoyés par les lecteurs/lectrices, ça aussi, c’est génial, en particulier ceux des enfants et des adolescents ! Mais puisque je dois choisir mon meilleur souvenir… en fait, il est tout frais et je plane encore sur mon petit nuage : en tant qu’autrice jeunesse, ce sont mes toutes premières rencontres scolaires avec des classes au sujet de mon premier roman, Les larmes de l’araignée. Ce furent deux jours inoubliables, que je peine à traduire en mots : tellement d’échanges, de questions, de rires, d’émotions, etc. Je ne regrette pas une seconde d’avoir bravé ma timidité pour y aller ! De ce genre d’expérience, on revient riche des autres, et cela ne peut que mettre du baume au cœur et offrir un grand élan de motivation pour continuer à écrire des histoires…

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Tu as participé au recueil « Le Cercle d’Hécate », un univers tiré d’un roman de Cécile Guillot. Comment as-tu abordé l’écriture dans le monde d’une autre autrice ?

Tout d’abord, j’ai été très touchée d’être invitée par Cécile dans son univers et de pouvoir partager le sommaire avec elle et d’autres autrices de talent (dont toi, ma chère !). Cependant, c’est une tâche délicate de rentrer ainsi dans le monde de quelqu’un d’autre et d’utiliser ses personnages. J’avais vraiment peur de trahir l’esprit de sa trilogie. En guise de « préparation », histoire de me remettre bien dans l’ambiance, j’ai donc relu d’une traite les trois tomes de Fille d’Hécate – c’est tout juste si je ne les ai pas appris par cœur. Mon cas est toutefois un peu particulier puisque j’ai choisi de centrer mon texte, non sur une des trois « sœurcières » stars de la trilogie, mais sur Nolwenn, la demi-sœur adolescente de l’héroïne, qui n’apparaissait que dans le dernier tome et qu’on voyait beaucoup moins (ce qui était tout à fait logique car l’intrigue du roman ne tournait pas autour d’elle). De ce fait, j’ai eu une assez grande marge de liberté pour créer le caractère du personnage central de ma nouvelle, tout en respectant son vécu et ses goûts évoqués par Cécile dans le tome 3. J’avoue un penchant pour les personnages qui sont un peu dans l’ombre des autres. J’aime bien l’idée de m’en emparer pour leur montrer qu’eux aussi ont le droit d’exister, eux aussi ont quelque chose dans le ventre et ont de la valeur, même s’ils ne prennent pas la lumière…

Quel est le dernier livre que tu as lu ?

Je viens de terminer La revanche des princesses, un recueil jeunesse paru chez Poulpe fictions, et qui regroupe des textes de six autrices talentueuses : Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Charlotte Bousquet, Alice Brière-Haquet, Anne-Fleur Multon et Carole Trébor. Dans leurs histoires emplies d’impertinence et/ou d’émotion, les princesses reprennent le pouvoir. Tous les textes sont brillants mais je trouve celui d’Anne-Fleur Multon (La princesse est en colère) particulièrement irrésistible, avec un style savoureux : Sachez, messieurs, que je ne suis la « petite demoiselle » de personne, et surtout pas de grands dadais guindés ! Qui êtes-vous pour me parler sur ce ton, nom d’une pomme empoisonnée ?
Et dès que j’irai refaire un tour en libraire, je projette de me jeter sur Les Furtifs, le nouveau roman de science-fiction d’Alain Damasio… Comme tu peux le constater, je lis aussi bien de la littérature jeunesse que des romans destinés aux adultes, je ne me prive d’aucun plaisir de lecture !

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Quand tu n’écris pas, que fais-tu ?

Je lis, bien sûr !!! Accessoirement, je m’occupe aussi un peu de ma fille de temps en temps.

Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur, qui choisirais-tu ?

Le choix est cornélien… Mais, pour une raison bien précise, et aussi parce que je n’ai jamais eu la chance de le croiser en salon, je prendrais un café avec Fabien Clavel. S’il passe par ici et qu’il me lit, il saura pourquoi.

Et enfin, quels sont tes projets à venir ?

En ce qui concerne les dédicaces, pour l’instant, je n’ai rien de prévu avant les Halliennales, un salon cher à mon cœur qui aura lieu le samedi 5 octobre 2019 (près de Lille). D’ici là, à moins qu’une invitation ne se présente, mon programme à venir prévoit plutôt que je reste enfermée dans ma grotte à travailler sur mes textes…

Quant à mes projets littéraires, j’ai eu la chance d’être invitée sur une anthologie à paraître début 2020. Ce projet est encore secret donc je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais le thème m’a permis de rédiger un texte un peu plus « politique » que mes nouvelles précédentes. Par ailleurs, je travaille actuellement sur un nouveau roman de littérature blanche « Young Adult ». Et pour la suite, j’ai aussi plusieurs projets en littérature de l’imaginaire (jeunesse). Bref, de quoi passer quelques nuits blanches à noircir des pages !

Merci beaucoup Pascaline !

[À la découverte de] Céline Chevet, autrice dans les nuages

Le Terrier accueille aujourd’hui Céline Chevet, autrice de plusieurs romans et nouvelles. Après une publication dans l’anthologie « Bal Masqué » aux éditions du Chat Noir, elle publie « Le Ventre » et « Les Fantômes de Cassiopée » chez Juno Editions. Son roman « La fille qui tressait les nuages », paru aux éditions du Chat Noir, est finaliste du PLIB 2019. 

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Qui es-tu, Céline Chevet ?

Je suis un croisement entre le phœnicopterus roseus, un trou de ver de Reissner-Nordstrøm et un Ronflex, mais je tiens surtout du Ronflex.
J’ai 30 ans, je suis directrice artistique et autrice, visiblement.
J’aime les bébé-camions (à comprendre, les camions sans cargaison), la danette au chocolat, le mochi, l’odeur de la pluie avant qu’elle ne tombe et le bruit qu’elle produit sur le velux.
Je n’aime pas faire mes lacets quand ils sont mouillés, me lever le lundi matin et le goût de l’eau plate.
Enfin, j’aime l’Imaginaire (avec une majuscule !!), tout ce qui transporte loin du quotidien et de la réalité. Je suis fan de Star Wars et de Murakami, de Fetjaine, Lowachee, Princesse Mononoke et des légendes arthurienne, des k-dramas et de Gintama.

Quel est ton processus de création en tant qu’autrice ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Raconte-nous la naissance de tes œuvres.

Mon processus de création repose sur l’écoute de mon inconscient : je m’entraîne à retenir mes rêves et j’y pioche tout ce qui pourrait donner un bon scénario. Ensuite, je pose sur papier l’univers, l’enchaînement des intrigues et quelques caractéristiques de personnages. Puis je me mets une playlist dans les oreilles et je commence à écrire un passage au hasard pour façonner le héro et son contexte. J’écris souvent par « passages » avant de les relier entre eux. Après il y a aussi certains thèmes que j’ai envie d’aborder et donc je prépare l’univers en effectuant des recherches, c’est alors plus « mécanique ».

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Où puises-tu tes inspirations ?

Dans mes rêves et dans la musique. Certains morceaux sont très inspirants et provoquent des images, des visuels qui me donnent envie de broder dessus. Après, comme dit plus haut, il y a des sujets qui me révoltent ou me questionnent et soit je peux inclure mes réflexions naturellement dans une histoire qui m’inspire, soit il faut que je crée l’histoire pour traiter le sujet en particulier, c’est plus compliqué…

Quel est ton meilleur souvenir d’autrice ?

Je ne sais pas trop… Le souci c’est que je suis sujet au syndrome de l’imposteur donc l’émotion positive qu’apportent les bonnes nouvelles ou les réactions gratifiantes des lecteurs est souvent amoindrie par le sentiment de ne pas les mériter. Il y a malgré tout des temps forts dans ma (courte) vie d’autrice que je retiens : la première fois que mon père m’a lu et qu’il a dit, étonné, « en fait tu n’écris pas si mal ! », l’appel de l’éditrice de Lune-Écarlate pour m’annoncer qu’elle voulait publier mon tout premier roman, les résultats de la sélection des nouvelles pour l’anthologie Bal Masqué du Chat Noir, le premier « coup de cœur » d’une lectrice pour ma nouvelle « les yeux du corbeau », les mots très touchants d’une lectrice à propos de « la fille qui tressait les nuages » sur le salon du livre de Paris ou encore la transformation de mon roman par une talentueuse artiste et instagrammeuse. Je ne peux pas trop classer « le meilleur souvenir », mais grâce à mes éditeurs, mes collègues auteurs et mes lecteurs, il y a eu beaucoup de beaux souvenirs.

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Qu’es-tu en train de lire en ce moment ?

Misery de Stephen King et je commence en parallèle Bratva de Manon D’Ombremont.

Quand tu n’écris pas, que fais-tu ?

Je me promène avec Mochi, mon chien, je fais du sport, je peins, je lis ou je pars faire de la photographie.

Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?

Certainement Murakami, ou peut-être Chrétien de Troyes…

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Et enfin, quels sont tes projets à venir ?

Mon prochain salon sera peut-être les Imaginales, pour la suite, je ne sais pas. En ce moment, je suis sur la réécriture d’un roman vampirique ainsi que celle d’un roman d’horreur que je dois étoffer. Ensuite viendront la réécriture de deux tomes 2 qu’il faut améliorer (SF et historico-fantastique) et les corrections de L’Illusionniste qui paraîtra chez Séma éditions en 2020. J’ai donc pas mal de manuscrits à peaufiner pour mes éditeurs, alors je vais d’abord essayer de conclure les romans en court pour des publications prévues l’année prochaine.
Cependant, j’aimerais commencer à écrire une nouvelle histoire, surtout que deux me trottent dans la tête : l’une qui touchera à la cause environnementale et à la démographie, et une saga jeunesse sur le sport.
Arf… je pourrais parler mille ans de tous les projets qui me trottent dans la tête !!!

Vous pouvez retrouver Céline sur sa page facebook et son compte instagram.

[À la découverte de] Cécile Guillot, poétesse d’un autre temps

Bienvenue aujourd’hui à Cécile Guillot, autrice de plusieurs romans et nouvelles fantastiques et contemporains. Son dernier roman, « Cœur Vintage » est publié aux éditions du Chat Noir, mais elle écrit également pour la jeunesse avec des romans édités chez le Miroir aux Troubles ou encore un album chez Séma Editions.
Passionnée de robes vintage, c’est aussi elle qui se cache derrière les éditions du Chat Noir.

Comme tous les invités du Terrier, je te laisse te présenter en quelques mots à mes lecteurs avant d’entrer dans le vif du sujet.

Je m’appelle Cécile Guillot, je suis éditrice au Chat Noir et parfois j’écris des romans. Mais avant tout, je suis une grande passionnée de lecture.

Comment écris-tu ? Quel est ton processus de création ? Est-ce que tu as déjà toutes les cartes en main avant de commencer à écrire ou suis-tu tes personnages sans savoir où ils te mèneront ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Dis-nous tout.

En général, je pars des personnages, et d’un thème, ou d’une émotion. C’est assez flou. Je laisse mijoter, et ensuite je me retrouve avec un début et une fin, parfois quelques scènes plus précises. Quand je mets à l’écriture, il y a toujours un grand vide dans mon synopsis, mais ce n’est pas grave, les idées viennent en écrivant. Pour mon prochain roman, les choses sont un peu différentes. J’ai vraiment toute la trame complète en tête, c’est la première fois que ça m’arrive.
En général, je préfère écrire le soir, quand je suis seule, parfois avec un fond sonore musicale, parfois non, et toujours avec une bonne tasse de thé (et un peu de chocolat quand j’ai besoin d’un remontant).

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Editions du Chat Noir

Quel est ton meilleur souvenir d’autrice ?

J’ai plein de bons souvenirs avec mes lecteurs ou même avec mes collègues auteurs, mais le souvenir le plus marquant est sans doute celui de ce mail acceptant mon tout premier texte. J’avais envoyé une nouvelle « comme ça » sans vraiment y croire et sans même savoir si j’allais écrire d’autres choses par la suite. Nathalie Dau avait trouvé mon texte « fort, émouvant et pertinent ». Je ne m’y attendais tellement pas que j’en ai pleuré ! Sans ces mots, je n’aurais jamais continué sur cette voie.

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Editions Lynks

Est-ce difficile de passer de l’autrice à l’éditrice ? Comment gères-tu ton temps entre ces deux casquettes ?

Je travaille 4 jours par semaine pour le Chat Noir (sans compter les salons le week-end) et j’essaie de garder mon mardi soir et mon mercredi matin pour l’écriture. Le plus dur c’est vraiment le temps. J’écris assez lentement, et j’ai plus d’idées/projets que de temps pour les réaliser.

Quel est le personnage que tu préfères dans tes romans ?

Meadow dans THORNGROVE. Ou même Maddie. Disons, ce duo de sœurs. J’espère que vous les aimerez aussi.

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Editions Séma

Où puises-tu tes inspirations ?

Je pense que mes personnages sont inspirés de personnes réelles, de gens que je croise ou qui m’entourent, et certains faits sont des faits vécus, mais dans l’ensemble je tire mon inspiration de la musique que j’écoute, et des œuvres que je lis. Des petits détails glanés ici et là, qui se mélangent pour donner un nouveau tout. En fait, je suis assez d’accord avec l’auteure CJ Malarsky, quand elle se pose la question : qu’est-ce que j’ai vraiment aimé ? Et, qu’est-ce qui m’a touchée dans ses œuvres ? C’est ce que je faisais sans totalement m’en rendre compte.

Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le dernier film vu ?

The Red Tree de Caitlin Kiernan. C’est l’histoire d’une auteure frappée par le deuil de sa compagne, et qui se réfugie dans un lieu aux nombreuses légendes urbaines afin d’écrire le roman que lui réclame son éditeur.
Je ne regarde pas souvent de films alors je parlerai de ma dernière série The haunting of hill house, que j’ai adorée ! (J’ai un doute, peut-être ai-je vu en dernier Sabrina, mais ce n’est pas grave, retenons The Haunting, qui compte parmi mes inspirations pour écrire Thorngrove).

Sur ton blog « Une robe couleur de Lune », tu nous montres des magnifiques tenues vintage. Parle-nous un peu de cette passion.

Je suis tombée dedans il y a 6 ans. J’aime l’idée que les vêtements vintage ont une histoire. Que chaque pièce est unique. Au début c’est l’aspect esthétique qui m’a attirée (vive les robes new look des années 50 qui flattent le silhouette et les dentelles romantiques des années 70) mais avec du recul je me rends compte qu’acheter vintage est plus éthique que d’acheter mes habits dans des grandes enseignes, d’une part grâce au recyclage de ce qui existe déjà, et d’autre part en donnant de l’argent à des petites entreprises gérées par des jeunes femmes passionnées.

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Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?

Question très difficile… Plein de noms me viennent en tête… Marion Zimmer Bradley ? Virginia Andrews ? Shirley Jackson ? Victoria Holt ? Sans parler de tous les auteurs vivants que j’adore … Peut-être Juliet Blackwell pour parler sorcellerie et robes vintage (ça ne s’invente pas !), ou Dawn Kurtagich pour parler romans et films d’horreur (et puis elle semble si drôle, je suis sûre de passer un excellent moment).

Pour finir, quels sont tes projets à venir ?

Je suis en train de finir les corrections éditoriales de THORNGROVE, un YA fantastique teinté d’horreur, et après ça je vais me lancer dans un nouveau YA : LULLABY, qui sera à la fois fantastique/horreur/gothique/historique/LGBT. Par ailleurs, je travaille aussi sur un essai qui parle de la littérature gothique féminine du XXème siècle à nos jours.

Vous pouvez retrouver Cécile sur sa page facebook, son site internet ou son compte instagram

Cécile sera en dédicaces aux Oniriques de Meyzieu (dimanche 10 mars soit le jour où cet article sera publié !) puis à Livre Paris la semaine suivante. 🙂