[À la découverte de] Cécile Guillot, poétesse d’un autre temps

Bienvenue aujourd’hui à Cécile Guillot, autrice de plusieurs romans et nouvelles fantastiques et contemporains. Son dernier roman, « Cœur Vintage » est publié aux éditions du Chat Noir, mais elle écrit également pour la jeunesse avec des romans édités chez le Miroir aux Troubles ou encore un album chez Séma Editions.
Passionnée de robes vintage, c’est aussi elle qui se cache derrière les éditions du Chat Noir.

Comme tous les invités du Terrier, je te laisse te présenter en quelques mots à mes lecteurs avant d’entrer dans le vif du sujet.

Je m’appelle Cécile Guillot, je suis éditrice au Chat Noir et parfois j’écris des romans. Mais avant tout, je suis une grande passionnée de lecture.

Comment écris-tu ? Quel est ton processus de création ? Est-ce que tu as déjà toutes les cartes en main avant de commencer à écrire ou suis-tu tes personnages sans savoir où ils te mèneront ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Dis-nous tout.

En général, je pars des personnages, et d’un thème, ou d’une émotion. C’est assez flou. Je laisse mijoter, et ensuite je me retrouve avec un début et une fin, parfois quelques scènes plus précises. Quand je mets à l’écriture, il y a toujours un grand vide dans mon synopsis, mais ce n’est pas grave, les idées viennent en écrivant. Pour mon prochain roman, les choses sont un peu différentes. J’ai vraiment toute la trame complète en tête, c’est la première fois que ça m’arrive.
En général, je préfère écrire le soir, quand je suis seule, parfois avec un fond sonore musicale, parfois non, et toujours avec une bonne tasse de thé (et un peu de chocolat quand j’ai besoin d’un remontant).

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Editions du Chat Noir

Quel est ton meilleur souvenir d’autrice ?

J’ai plein de bons souvenirs avec mes lecteurs ou même avec mes collègues auteurs, mais le souvenir le plus marquant est sans doute celui de ce mail acceptant mon tout premier texte. J’avais envoyé une nouvelle « comme ça » sans vraiment y croire et sans même savoir si j’allais écrire d’autres choses par la suite. Nathalie Dau avait trouvé mon texte « fort, émouvant et pertinent ». Je ne m’y attendais tellement pas que j’en ai pleuré ! Sans ces mots, je n’aurais jamais continué sur cette voie.

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Editions Lynks

Est-ce difficile de passer de l’autrice à l’éditrice ? Comment gères-tu ton temps entre ces deux casquettes ?

Je travaille 4 jours par semaine pour le Chat Noir (sans compter les salons le week-end) et j’essaie de garder mon mardi soir et mon mercredi matin pour l’écriture. Le plus dur c’est vraiment le temps. J’écris assez lentement, et j’ai plus d’idées/projets que de temps pour les réaliser.

Quel est le personnage que tu préfères dans tes romans ?

Meadow dans THORNGROVE. Ou même Maddie. Disons, ce duo de sœurs. J’espère que vous les aimerez aussi.

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Editions Séma

Où puises-tu tes inspirations ?

Je pense que mes personnages sont inspirés de personnes réelles, de gens que je croise ou qui m’entourent, et certains faits sont des faits vécus, mais dans l’ensemble je tire mon inspiration de la musique que j’écoute, et des œuvres que je lis. Des petits détails glanés ici et là, qui se mélangent pour donner un nouveau tout. En fait, je suis assez d’accord avec l’auteure CJ Malarsky, quand elle se pose la question : qu’est-ce que j’ai vraiment aimé ? Et, qu’est-ce qui m’a touchée dans ses œuvres ? C’est ce que je faisais sans totalement m’en rendre compte.

Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le dernier film vu ?

The Red Tree de Caitlin Kiernan. C’est l’histoire d’une auteure frappée par le deuil de sa compagne, et qui se réfugie dans un lieu aux nombreuses légendes urbaines afin d’écrire le roman que lui réclame son éditeur.
Je ne regarde pas souvent de films alors je parlerai de ma dernière série The haunting of hill house, que j’ai adorée ! (J’ai un doute, peut-être ai-je vu en dernier Sabrina, mais ce n’est pas grave, retenons The Haunting, qui compte parmi mes inspirations pour écrire Thorngrove).

Sur ton blog « Une robe couleur de Lune », tu nous montres des magnifiques tenues vintage. Parle-nous un peu de cette passion.

Je suis tombée dedans il y a 6 ans. J’aime l’idée que les vêtements vintage ont une histoire. Que chaque pièce est unique. Au début c’est l’aspect esthétique qui m’a attirée (vive les robes new look des années 50 qui flattent le silhouette et les dentelles romantiques des années 70) mais avec du recul je me rends compte qu’acheter vintage est plus éthique que d’acheter mes habits dans des grandes enseignes, d’une part grâce au recyclage de ce qui existe déjà, et d’autre part en donnant de l’argent à des petites entreprises gérées par des jeunes femmes passionnées.

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Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?

Question très difficile… Plein de noms me viennent en tête… Marion Zimmer Bradley ? Virginia Andrews ? Shirley Jackson ? Victoria Holt ? Sans parler de tous les auteurs vivants que j’adore … Peut-être Juliet Blackwell pour parler sorcellerie et robes vintage (ça ne s’invente pas !), ou Dawn Kurtagich pour parler romans et films d’horreur (et puis elle semble si drôle, je suis sûre de passer un excellent moment).

Pour finir, quels sont tes projets à venir ?

Je suis en train de finir les corrections éditoriales de THORNGROVE, un YA fantastique teinté d’horreur, et après ça je vais me lancer dans un nouveau YA : LULLABY, qui sera à la fois fantastique/horreur/gothique/historique/LGBT. Par ailleurs, je travaille aussi sur un essai qui parle de la littérature gothique féminine du XXème siècle à nos jours.

Vous pouvez retrouver Cécile sur sa page facebook, son site internet ou son compte instagram

Cécile sera en dédicaces aux Oniriques de Meyzieu (dimanche 10 mars soit le jour où cet article sera publié !) puis à Livre Paris la semaine suivante. 🙂

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[À la découverte de] Elodie Lemaire, autrice à crocs

Autrice de nouvelles et d’un premier roman aux éditions du Petit Caveau, « Sonate au clair de lune », Elodie Lemaire est l’invitée du jour dans mon Terrier. Découvrons donc cette jeune femme flamboyante qui a accepté de répondre à mes questions.

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Bienvenue dans mon Terrier ! Peux-tu nous dire quelques mots sur toi et ton parcours d’autrice ?
Bonjour Lily, et bonjour à tous. Passionnée par les livres depuis avant même de savoir lire, j’ai commencé à écrire à l’âge de neuf ans des petits textes pour mes camarades de classe, puis pour moi des textes de plus en plus volumineux. J’ai publié ma première nouvelle dans l’anthologie « Or et Sang » des éditions du Petit Caveau en 2009, et mon premier roman en 2017 chez le même éditeur. J’ai toujours écrit plus ou moins régulièrement, mais depuis cinq ans j’écris au moins 1 roman par an et plusieurs nouvelles dans des genres et des styles très variés.

« Sonate au clair de lune » est ton premier roman publié, comment est né cet ouvrage ?
L’ouvrage est né en 2012 un peu par hasard, après un rêve, je crois. J’y avais entrevu quelques personnages, des noms, des bribes… j’ai alors écrit les grandes lignes de l’histoire sur papier (4 pages en tout avec beaucoup d’espace) et les premières pages, avant de le mettre au fond d’un dossier de mon ordinateur et l’oublier.
En 2014, à l’occasion de mon premier NaNoWriMo, alors que je cherchais un projet dans lequel me lancer rapidement parce que je m’y suis pris un peu tard, j’ai repris le texte et ai entrepris de le finir en lui ajoutant 50 000 mots.

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Une de tes nouvelles porte également sur le thème du vampire. Pourquoi cette créature plutôt qu’une autre ?
C’est vrai que quand je me penche sur mes textes, je reviens souvent à cette créature, sans chercher à le faire exprès. Peut-être parce qu’inconsciemment je la trouve fascinante par son symbolisme. Pour moi, les vampires existent vraiment et c’est un peu ce que j’ai voulu exprimer dans ma « Sonate ». On peut se faire vampiriser bien des choses, pas seulement son sang. Beaucoup de personnes ont déjà rencontré dans leur vie des « vampires » qui leur ont absorbé leur énergie, leur joie de vivre, voire leur esprit ou même leur argent pour exister…

Comment écris-tu ? Quel est ton processus de création ? Nous voulons absolument tout savoir sur ta façon de créer tes histoires.
Pour commencer, sachez que je me définie comme étant plus « planner » que « plantser » (je dirais 80/20 si on devait résumer en chiffres). J’ai donc besoin de bien planifier mon histoire avant de me lancer.
Pour cela je passe toujours par une phase de préparation sur papier. J’ai besoin de ce contact avec le concret, d’écrire dans des carnets (j’en ai plein, de toutes sortes, types, tailles…).
Comme il y a toujours beaucoup d’éléments qui traînent dans mon cerveau, j’ai environ 10 nouvelles idées par jour mais je n’en retiens pratiquement aucune. J’attends de voir si elle va revenir, prendre de la consistance, gagner en crédibilité. Ce n’est que lorsque j’ai assez d’éléments pour être convaincue que je vais poser à plat mes idées dans un petit carnet où je note en vrac toutes mes idées encore pas très sérieuses.
Mais ce n’est pas parce que l’idée y est consignée qu’elle sera rédigée ! J’ai dans mon carnet plusieurs plans complets et détaillés de romans qui ne verront jamais le jour.
Car une fois l’idée consignée, elle doit continuer à faire son chemin, grandir comme une plante qui serait entretenue par le terreau quotidien. Ce n’est que quand j’ai le déclic que je prends un nouveau carnet et y rédige tout le plan détaillé, les informations sur les personnages, des phrases, des morceaux de dialogues, un synopsis rapide… Une fois tout préparé, je n’ai plus qu’à me lancer. J’écris mes textes finaux sur ordinateur sur un simple traitement de texte avec mon plan à côté. Je mets souvent un fond sonore qui me semble représenter l’ambiance de la scène ou du texte en général.
J’essaie d’écrire au moins un peu chaque week-end ou pendant les vacances mais ce n’est pas évident. Je consacre la majeure partie de mon énergie de rédaction au NaNoWriMo en faisant de mon mieux le reste de l’année.

Quel est ton meilleur souvenir d’autrice ?
Incontestablement le premier salon que j’ai fait en tant qu’autrice. Je pensais sincèrement passer une longue journée un peu déprimante à regarder les autres vendre leurs livres pendant que les gens passeraient devant mon stand sans me voir. Au lieu de cela, ça été tout l’inverse ! J’ai vendu tout mon stock en quelques heures, y compris à des inconnus ! J’ai reçu la visite d’amis et de personnes qui comptaient pour moi, et même un ami qui m’a fait la surprise de venir me voir en vrai alors que nous nous connaissions par le web depuis plusieurs années sans jamais nous être rencontrés. C’était une journée très émouvante et riche. Inoubliable.

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Salon Fantasy en Beaujolais

Tu participes régulièrement au NaNoWriMo, qu’est-ce que ce challenge t’apporte en tant qu’autrice ? Est-ce facile à tenir ou dois-tu te forcer pour arriver au bout ?
Le NaNoWriMo est devenu un incontournable de mon année littéraire. C’est une expérience tellement enrichissante et fantastique, l’ambiance, que ce soit dans la vraie vie ou sur les réseaux, est tellement incroyable, qu’elle donne la force de se dépasser.
J’ai la chance de ne jamais avoir à me forcer pour écrire. Comme je le disais plus haut, toutes les grandes lignes et les personnages sont planifiés à l’avance, donc je sais où je vais, et je fais partie des auteurs qui n’ont pas de mal à aligner les mots. De fait, c’est un peu comme mettre en pratique une grande recette déjà écrite. Je me libère ainsi plus d’énergie pour écrire et moins pour réfléchir. C’est tranquillisant.

Où puises-tu tes inspirations ?
C’est banal, mais dans le quotidien. Tout est propice à l’inspiration, c’est pourquoi j’aime multiplier les activités et les rencontres. La réalité est souvent bien plus surprenante que la fiction.

Quel est le dernier livre que tu as lu ?
La 25ème heure, premier tome du diptyque « Les enquêtes de la 25ème heure », de Feldrik Rivat aux éditions de l’Homme Sans Nom. Un polar fantastique et ésotérique qui se déroule dans le Paris de 1888 en pleine construction de la Tour Eiffel. Très immersif et palpitant.

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Salon Des Livres et Vous, Villette d’Anthon

Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?
J’adorerais aller boire un verre avec Diderot. Je pense que ce serait très intéressant et j’adorerais discuter de l’Encyclopédie et de son rapport à l’écriture.

Pour finir, parle-nous de tes projets à venir (publications, écriture, salons, etc.).
Le prochain salon où me trouver pour discuter ou vous procurer ma Sonate se déroulera dimanche 27 janvier au salon Des Livres et Vous à Villette-d’Anthon (38)*. Je devais participer au Salon du Vampire début février mais il vient malheureusement d’être annulé.
Côté écriture j’écris actuellement la dernière partie d’un roman Young Adult sur WattPad qui a été nommé aux Wattys 2018 (Insidious – Le grand bug), et je viens d’achever l’écriture d’une romance de plus de 75 000 mots écrite en grande partie pendant le NaNoWriMo. Il s’agit d’un projet avec une amie où nous avons écrit une histoire commune de deux points de vue différents.
Je viens aussi de commencer un texte de SF sur le thème du corps de la femme et de la liberté pour elle d’en disposer librement.
Enfin, en novembre, j’écrirai le dernier tome d’une trilogie vampirique fantastique que j’aimerais soumettre à des éditeurs.

Aucune publication papier en vue pour le moment mais j’aimerais justement consacrer mon année à corriger un peu plus et écrire un peu moins. C’est mon unique résolution pour 2019.

 

Merci à Elodie pour ses réponses ! Vous pouvez la retrouver sur Twitter et son site L’Imaginaria, et vous pouvez vous procurer le roman « Sonate au clair de lune » sur le site de l’éditeur. 🙂

*Note de l’habitante du Terrier : l’interview est publiée bien après le salon, toutes mes excuses.

[À la découverte de] Le Bizarreum, Death positiver

Aujourd’hui dans mon Terrier, j’ai le plaisir de recevoir Juliette. C’est elle qui est derrière « Le Bizarreum », un vaste projet visant à vulgariser la mort auprès du public français. Un sujet peu exploité en France mais que Juliette met à la portée de tous. Entre archéologie, anthropologie et sciences, elle fait avancer le mouvement Death Positive encore très frileux par chez nous.

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Qui se cache derrière « Le Bizarreum » ?
Je m’appelle Juliette, j’ai bientôt 29 ans et j’ai créé Le Bizarreum en Mars 2017 d’abord sous forme d’une chaîne Youtube et depuis Août 2018 j’ai ouvert un blog en complément pour aborder la question du funéraire sous plusieurs aspects. Au quotidien je travaille dans le tourisme scientifique ce qui me permet de voyager et d’assouvir ma passion des voyages et parfois me permet de visite des sites présentant un intérêt funéraire.

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Comment est née ta chaîne Youtube ? Quel a été l’élément déclencheur pour te lancer ?
L’idée est née dans mon petit studio un matin où je me suis réveillée en me disant : « Rien ne parle exclusivement de la mort en France de façon sourcée et sur Youtube donc je vais le faire ». La tendance s’étant fortement développée outre-Manche et outre Atlantique, je me suis dit après une petite « étude de marché » que le public francophone pouvait peut être s’y intéresser et surtout que personne ne le faisait. A vrai dire, je pensais qu’on serait 5 à regarder mes vidéos. J’ai débuté sans matériel, j’ai tout fait pendant un an et demi sur mon téléphone de façon très rudimentaire comme j’aurai pu le faire avec un Powerpoint…Néanmoins ça a pris en ampleur et ce à mon grand étonnement! L’idée étant vraiment de partager des choses que j’aime et surtout continuer à faire des recherches personnelles, chose qui me manquait suite à la fin de mes études dans le domaine de l’archéologie et de l’anthropologie. J’avais donc envie d’apporter la touche scientifique dans les vidéos et non juste présenter des cas de façon simple. Mon élément déclencheur a été de vouloir rencontrer des gens intéressés par ce sujet et échanger avec eux. Et puis je souhaitais de partager avec bonne humeur et simplicité autour de ce sujet. J’avais aussi envie d’assumer à 100 % ma passion souvent mal vue et ça m’a beaucoup aidé à évoluer et à assumer à fond cet aspect de ma personnalité.

Tes vidéos montrent un incroyable travail de recherches, quelles ressources utilises-tu ? Quelle a été la vidéo la plus longue/difficile à monter ?
Pour mes recherches en général je pars d’un cas ou de plusieurs cas qui me plaisent et je cherche. La plupart du temps je ne me documente qu’avec des éléments issus du domaine universitaire, des rapports de fouille, des articles, des colloques, parfois je regarde des thèses pour voir quels avis les chercheurs ont sur certains sujets et je tente de confronter le tout pour avoir une idée précise de ce dont je veux parler et ce de façon objective en mettant de côté mon affect. Je lis énormément pour cela, si je peux j’achète des livres très spécialisés sur un cas précis et chaque livre possède ses fiches où je note tout ce qui m’intéresse et me sera utile. Je travaille tous les jours sur des recherches, c’est un peu un planning strict, mais si je veux avancer il me faut donc consacrer du temps à cela et puis j’adore ça ! Souvent je contacte les scientifiques ou les ecclésiastiques pour certains cas, si je peux je me déplace pour voir des cas particuliers. Les articles écrits me permettent d’entrer plus à fond dans un sujet et de m’exprimer aussi plus librement que sur Youtube où les gens attendent une technique de montage ou de présentation aboutie, bien plus que je ne le fais. Mais comme je n’ai pas vocation à en faire un métier, j’évolue du mieux que je le peux et à mon rythme ! Je n’irai jamais investir un tas d’argent si je l’avais pour me faire un studio de montage…Donc je jongle entre ces deux plateformes pour trouver un équilibre entre le travail plus approfondi et le travail plus divertissant. La vidéo qui m’a demandé le plus de temps de travail c’est difficile à dire…je pense que les morts de Towton m’a donné pas mal de travail de recherche et traduction mais celle qui me demande le plus de temps en ce moment est une vidéo sur laquelle je bosse depuis 8 mois car peu de sources et un gros travail de traduction des rapports en anglais et allemand. Mais j’ai bon espoir qu’elle sorte même si c’est dans deux ans ! C’est vraiment une passion tout ça donc je ne compte pas mon temps mais d’après mes proches j’y passe vraiment beaucoup de temps. J’ai un côté très nerd depuis toujours et il s’exprime vraiment quand je rentre dans mon monde pour Le Bizarreum.

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Parler de la Mort en France est encore très confidentiel, comment tes vidéos, tweets et articles sont-ils accueillis ?
Au début très mal. Je recevais des commentaires comme quoi j’étais folle ou que ce n’était vraiment pas adéquat. J’ai répondu à ces réflexions il y a peu dans un article (ici), un plaidoyer pour la vulgarisation de la mort car il m’arrive de recevoir des salves de choses négatives. Non pas à cause de certains sujets car en deux ans tout se passe relativement bien à part des vagues haineuses de temps en temps mais plutôt quand j’aborde un sujet qui ne met pas forcément à l’aise. Par exemple j’avais montré un crâne un peu spécifique en termes d’ostéologie et ça avait été très mal pris car il s’agissait d’un crâne d’enfant. J’ai à cœur de ne rien montrer de choquant et je n’aborde jamais certains sujets comme les faits divers, les suicides, les meurtres ou des choses comme ça qui sortent de mon champ de connaissance et qui n’apporterait pas vraiment d’informations aux gens de ma part. Bref j’évite vraiment ces sujets car le voyeurisme n’est pas ma tasse de thé.
Maintenant ça va mieux, les gens commencent à s’habituer à ma façon de travailler et d’interagir et j’ai bien plus de soutiens que de détracteurs. On apprend juste à passer au-dessus de ça avec le temps en s’exposant ainsi sur internet pour traiter ce sujet difficile. Mais j’ai vraiment beaucoup de soutien des gens qui me suivent, je me suis même fait des amis ! Et ça c’est quand même quelque chose de très positif ! Et puis c’est adorable on m’envoie des photos de voyage avec des squelettes ou des clins d’œil sur des sujets que j’ai traité. Je trouve ça vraiment gentil et ça me touche. Bref j’ai envie de rester moi-même que ce soit en vidéo ou dans mes articles et apprécier ce que je fais.

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As-tu des recommandations de lecture pour les personnes ne connaissant pas encore le sujet mais souhaitant le découvrir ?
Pour les lectures je suis de la vieille école, je conseillerai plutôt des ouvrages faits par Philippe Ariès, Michel Vovelle ou encore Maurice Godelier par exemple. C’est peut-être un peu pointu parfois, mais c’est très bien expliqué et surtout on comprend bien les enjeux liés à l’étude de la mort pour comprendre les sociétés et comment ces dernières évoluent à travers le rite funéraire. Ce sont des lectures passionnantes qui permettent vraiment une immersion dans le sujet et qui offrent une bonne base de réflexion. Pour moi c’est le plus important, non pas s’intéresser uniquement à la mort et consommer tout ce qui va avec en termes de lectures, d’iconographie, d’art mais bien comprendre tous les aspects et en retirer des réflexions tant sur les autres que sur nous-même.

Une question funéraire maintenant : as-tu déjà planifié tes funérailles ?
Planifié non, dans ma famille on en parle très librement car il nous serait absolument impensable que l’un ou l’autre ne puisse pas être inhumé selon ses souhaits ou selon ses convictions personnelles. Ça n’a jamais été tabou, mes proches savent ce que je veux et moi je sais ce qu’ils veulent. C’est un peu comme un pacte tacite, on s’engage à respecter les dernières volontés des autres en se les disant.

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Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le dernier film vu ?
En ce moment je lis 3 livres en même temps, je sais que ce n’est pas très raisonnable mais je fais toujours ça…Le dernier livre que j’ai fini c’est Mystiques et Magiciens du Tibet de Alexandra David-Néel (aventurière du XIXe / XXe) avec dedans plein de choses intéressantes qu’elle a observé en relation avec la mort durant ses épopées. En ce moment je lis L’élimination de Rithy Panh sur le génocide au Cambodge, je lis aussi Le Vatican de Christophe Dickès et The Red Market: On the Trail of the World’s Organ Brokers, Bone Theives, Blood Farmers, and Child Traffickers de Scott Carney.
Le dernier film que j’ai vu c’était D’abord ils ont tué mon père, un film sur le génocide au Cambodge réalisé par Angelina Jolie d’après l’autobiographie de Loung Ung. C’est un sujet qui m’a toujours beaucoup intéressé et cette année ce sont les 40 ans de la fin du génocide, donc je me documente toujours dessus en parallèle de mes autres recherches. J’y ai dédié un article car je me suis rendu compte que beaucoup de gens ne connaissaient pas ce moment tragique de l’histoire pour le peuple cambodgien.

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Si tu pouvais aller prendre un café avec une personnalité illustre (vivante ou morte), qui choisirais-tu ?
Elle est très difficile cette question ! A bien y réfléchir, j’aimerai boire un café avec des gens non pas illustres mais des témoins directs de grands moments de l’histoire ou juste des civils. Je trouve qu’on apprend beaucoup plus d’eux comme on le constate en anthropologie ou en archéologie avec l’étude des gens « normaux ».

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Pour finir, quels sont tes projets à venir ?
Je vais continuer mes vidéos et mes articles à mon rythme en prenant toujours du plaisir à le faire. Il y a des projets en cours sur le moyen et long terme dont je ne peux pas encore parler mais tout cela m’enthousiasme beaucoup ! Je serai en conférence cette année pour la première fois aussi et j’en suis ravie parce que ça me permet d’échanger et de sortir de derrière mes livres donc c’est pas mal ! Je suis contente que des organismes rigoureux me fassent confiance à ce niveau pour parler du sujet. Et bien sûr des voyages, c’est très addictifs et encore plus quand on part chercher des choses particulières…

 

Vous pouvez retrouver Juliette sur sa chaîne Youtube, Twitter et sur son blog.

[À la découverte de] Lilith Tarot

Il y a quelques mois, Jack Parker lançait une newsletter spéciale « Modern Witches ». Dans l’un des numéros, nous faisions connaissance avec Lilith, une tarologue lyonnaise. J’ai beaucoup aimé son interview, alors je me suis mise à la suivre sur les réseaux sociaux.

Au fil des semaines, j’ai vraiment pu apprécier ses vidéos, photos et également sa propre newsletter. Si bien qu’en fin d’année dernière, je lui ai demandé un tirage. Incapable d’ouvrir les yeux et de réfléchir posément, Lilith a apporté un éclairage nouveau à une situation que je pensais bloquée.

Lilith n’a pas juste répondu à une interrogation de ma part. Elle m’a longuement questionné sur la situation afin d’en saisir toutes les subtilités. Son tirage m’a ensuite permis de me poser face à mes problèmes. J’aime beaucoup tirer les cartes pour moi, elles me permettent d’avoir un support de réflexion. Mais parfois, c’est très chouette d’avoir quelqu’un d’autre pour le faire. 🙂

Aujourd’hui, nous partons donc à la découverte de Lilith Tarot. Les liens vers ses différents RS sont à la fin de l’interview. N’hésitez pas à lui réserver un tirage, en direct si vous êtes à Lyon ou par mail !

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« Lilith Tarot », mais qui se cache derrière cette appellation si mystérieuse ?
Je suis une Lyonnaise de cœur (je viens de Normandie) de 27 ans, curieuse et passionnée. J’ai un Master 2 en Marketing et avant de devenir tarologue, j’ai été manager dans le prêt-à-porter, dans un magasin d’inspiration californienne à Confluence, ainsi que chargée de com dans une école d’ingénieurs. J’adore le sport, notamment la musculation et la krav maga, Top Chef et mater Netflix avec mon chéri.

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Photo @ Titouan Hervet

Depuis quand utilises-tu les tarots ? Quel a été l’élément déclencheur de ton premier tirage ?
J’utilise les tarots depuis quelques années, 4 ans je crois. J’ai toujours été une petite sorcière et un jour, je suis tombée sur le Tarot de Mars de Quentin Faucompré au Bal des Ardents, une librairie lyonnaise. C’est un tarot d’artiste, clairement pas un jeu pour débuter ! Mais je n’y connaissais rien, et surtout j’étais passionnée. Est-ce que ça m’a empêchée d’apprendre ? Non. D’ailleurs, je voudrais passer le message à tes lecteurs et lectrices : si vous avez envie de vous lancer, faites-le, et suivez avant tout votre cœur.
Mon premier tirage, je l’ai fait pour moi, pour m’entraîner. c’était une carte du jour, qui me disait de me méfier d’une femme de mon entourage. Cela s’est révélé vrai quelques mois plus tard.

Quelles sont tes conditions optimales pour te plonger dans un tirage ?
Aucune, en vrai. J’ai des gris-gris : pendule, palo santo… Mais quand je ne le fais pas, ça ne me bloque pas. Il m’est arrivé de faire des tirages en regardant Les reines du Shopping, ça n’a pas du tout gêné mon interprétation qui a été juste. J’ai tiré les cartes à une soirée en club, avec en fond de la techno. J’aime bien avoir mon tapis, que mon chéri m’a offert. Je pense que la meilleure condition, c’est d’avoir une intention claire et surtout d’être honnête avec soi-même. Je ne suis pas très fan des rituels qu’il faudrait faire pour faire un tirage optimal. Pour moi, c’est juste une affaire d’intention, le reste c’est du décorum. Ça peut aider à se concentrer, mais ce n’est pas nécessaire. Mon amie Karlota a commencé en tirant les cartes par terre dans la rue ! Et elle est douée dans son art. Il y a pas mal de pratiques dans notre milieu qui sont des habitudes ou des croyances, mais elles ne font pas de vous un.e meilleur.e tarologue. Si vous avez besoin d’une ambiance, créez-la, sinon, c’est pas grave.
Pour mes tirages à distance par contre avant de me lancer je lis et je relis les échanges que j’ai eu par mail avec la personne. Ça m’aide à me canaliser sur son énergie.

Dans ta vie de tous les jours, que t’apporte le fait de tirer les cartes ?
Beaucoup de joie.
C’est d’abord une guidance. En ce moment, je tire sans cette le 2 d’Épées et l’As de Bâton. Même si je ne sais pas encore sur quoi, je sais que je refuse de voir les choses en face sur un sujet, sûrement sensible, car je ne veux pas trancher. D’un autre coté, mon As de Bâton m’annonce de belles choses dans les domaines spirituels et professionnels, à condition que je canalise mon énergie (je me disperse beaucoup). Ces cartes-là me permettent d’agir en conscience et de co-créer avec l’invisible. Les cartes, c’est un bon moyen de se connecter à sa guidance interne, à l’intuition, tout comme le pendule.
Pour moi les cartes ne sont pas qu’un outil prédictif. C’est d’abord un outil de connaissance de soi, comme l’astrologie.
Ensuite, d’avoir lancé mon compte Insta et Youtube a changé ma vie ! Sans ça, je n’aurais pas eu l’idée de devenir professionnelle, et je n’échangerais pas avec les personnes fabuleuses qui me suivent sur mes réseaux. Je suis hyper fière de mon groupe Facebook, car il réunit des gens qui viennent de toutes croyances et pratiques, et il n’y a aucun jugement. Tout ça, c’est grâce à ma passion pour le tarot, et à mon envie de la partager.

Quelles sont tes inspirations ? Littéraires ou artistiques, ou même dans la vie courante ?
Je suis passionnée par les parcours de femmes fortes, qui créent, qui entreprennent, qui osent. J’adore Les Aventurières, l’entreprise de Laure Jouteau, qui m’a aidée à lancer mon entreprise. J’aime beaucoup Gala Darling, Annabel Gat, Jessica Lanyadoo, Gaby Herstik, elles m’inspirent au quotidien. Fabienne Bizet et Morgane Sifantus.
J’adore Chantal LaNuit et ses soirées Garçon Sauvage. Elle a su remettre de la bienveillance et de l’inclusion dans le milieu LGBTQ+, je suis hyper sensible à ça, c’est ce que j’essaie de faire dans la spiritualité. Comme elle le dit si bien : « nous sommes beaux dans nos singularités ».
Côté livres j’adore Marguerite Duras. Son style sec peut sembler froid ou inaccessible, mais j’adore. J’aime beaucoup la poésie de Nayyirah Waheed. Quand j’étais ado, j’adorais Amélie Nothomb, et je correspond avec elle.
Côté musique j’adore Brigitte ! J’adore leur sensualité. Sinon je suis une grande fan de musique, j’aime beaucoup de choses. Techno, hardstyle, UK bass mais aussi pop, ambient, classique, rap, new wave, dark wave… En ce moment j’écoute beaucoup Princess Nokia, Zayn, Ariana Grande, Taylor Swift, Boy Harsher… Et celleux qui me connaissent savent que je suis obsédée par Depeche Mode et Gesaffelstein.
Ensuite, les gens qui me suivent et avec qui je parle sur les réseaux : leur soutien et leurs idées me guident au quotidien.

Sur ton site, tu parles de « coaching intuitif », peux-tu nous en dire plus ?
Pour moi il s’agit d’accompagner les personnes qui travaillent avec moi avec des outils moins conventionnels : tarot, pendule, méditation, rituels… Mais le but c’est toujours d’aider la personne à trouver ses propres clés et à avancer en toute autonomie.

Que penses-tu des réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils t’apportent une visibilité, une manière de communiquer différente que les rencontres « en vrai », etc… ?
J’adore, j’ai commencé sur Instagram ! Grâce à ça, et à Youtube, j’ai eu mes premier.ère.s client.e.s, qui voulaient des tirages, et c’est là que je me suis dit « bah pourquoi pas après tout » ? Grâce à ça je peux parler avec mes mentors comme Annabel Gat (elle vit aux USA) qui m’a motivée à me mettre à l’astrologie. Même dans ma vie, les réseaux m’ont apporté : j’ai tellement d’ami.e.s que j’ai connu.e.s comme ça. Ca permet aussi à des gens qui vivent loin de moi de pouvoir quand même me parler ou de solliciter un tirage. C’est une bonne chose.

Quels sont tes projets/événements à venir ?
J’en ai tellement… Plein que je ne pourrais pas faire de suite mais là je me suis mise en tête de faire un tour du monde, on verra si ça marche. Sinon, côté tarot, je vais faire des stages sur Paris avec mon amie Prisca sur l’intuition, un stage sur Lyon avec mon amie Eva sur l’écriture intuitive, et j’ai envie de lancer des programmes en ligne aussi. Sinon je continue mes chroniques horoscopes sur Retard et Cacti.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes petites questions, et à très bientôt !
Merci à toi.

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Photo @ Lilith

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Vous pouvez retrouver Lilith :
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Et parce que Lilith est généreuse comme ça, elle vous offre un code promo de 10% sur ses tirages et son coaching, valable jusqu’au 7 juin et à partir de 40€ d’achats.

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