[À la découverte de] Ophélie Bruneau, SFFF power

Aujourd’hui, nous avons l’honneur d’accueillir Ophélie Bruneau. Amatrice de tenues à froufrous, de chapeaux miniatures, de sauvetage d’animaux et de poupées mannequins du monde entier, elle est aussi autrice de SFFF. Son roman « Et pour quelques gigahertz de plus » aux éditions Ad Astra a été finaliste du Prix Julia-Verlanger et coup de cœur des Bibliothèques municipales de la ville de Paris en 2012. Elle a publié (entre autres) sa série « Ana l’Étoilée » aux éditions du Chat Noir, a collaboré avec Florent Maudoux sur les romans tirés de sa BD « Freaks’ Squeele » et elle a rejoint le groupe The Deep Ones, un collectif de musiciens et d’auteurs de l’imaginaire proposant des lectures de textes en live avec accompagnement musical.
Ce mois-ci, vous pourrez découvrir son nouveau roman Young Adult, « L’Enceinte 9 », chez Lynks Editions.

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Photo de Philippe Schroeder.

Ophélie, bienvenue dans mon Terrier. Pour les lecteurs du blog, je te laisse en dire plus sur toi et ton parcours d’autrice.

Oh, c’est chouette ici ! Ça a l’air confortable. J’ai apporté des chocolats, est-ce que tu en veux ?
Ophélie Bruneau, c’est le vrai nom écrit sur ma carte d’identité. Si j’avais choisi un pseudonyme, j’aurais opté pour quelque chose de plus exotique, sans doute.
Les mots, les histoires, j’ai toujours vécu dedans, la faute à un cerveau bizarre qui interagit mal avec les gens en chair et en os, mais je n’imaginais pas être publiée. Et puis en 2006, j’ai réussi le NaNoWriMo : 30 jours, 50000 mots. C’était moins dur que je ne le craignais. Ça m’a donné envie d’aller plus loin. Depuis, je louvoie dans le joli petit milieu des littératures de l’imaginaire avec plein de nouvelles publiées, une dizaine de romans et quelques belles collaborations.

Quel est le processus de création de tes romans ? Comment construis-tu tes histoires, tes personnages… ? Qu’est-ce qui, à un moment, te fait dire que tu tiens une histoire à raconter ?

Tout commence par une image, une ambiance, une ébauche de scène, un thème qui gagnerait à être abordé autrement (cf. Catherine Dufour et son idée du « livre manquant »). Je garde, j’attends, j’ajoute d’autres ingrédients. Peu à peu, les personnages s’esquissent, la base prend forme. Ensuite vient la réflexion, comment donner vie à ces fragments, dans quel univers, comment articuler l’intrigue pour qu’elle tienne la route. Je me documente, je pose un plan succinct. Je me donne des contraintes (« les deux parents du héros sont en vie et il leur parle encore » ou bien « inclure des poules ») pour que l’écriture ressemble à un jeu. Un jour, je me lance dans la rédaction. Et bien entendu, je ne suis mon plan qu’à moitié.

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Lequel de tes personnages préfères-tu ? Et au contraire, à qui aimerais-tu mettre une claque derrière la tête ?

J’ai un faible pour les clowns, les gentils qui parlent fort et qui font des blagues, typiquement, Léonie dans L’Ouroboros d’argent.
Quand je suis passée de l’autre côté du miroir pour Freaks’ Squeele, je me suis rendu compte que les personnages préférés de l’auteur n’étaient pas les mêmes que ceux du lecteur. Dans le trio de héros, je m’identifie davantage à Xiong Mao la studieuse, mais à écrire, Chance est beaucoup plus fun.
Bref, oui aux personnages marrants, non aux fourbes, aux moralisateurs et à ceux qui refusent de se remettre en question (Artie, je te vois, je t’aime mais tu es un vilain).

Quel est ton meilleur souvenir d’autrice ?

À chaque personne qui s’arrête devant moi parce qu’on lui a recommandé un de mes livres, à chaque festival qui m’invite, à chaque éditeur qui dit « oui » à un de mes romans, à chaque anthologiste qui me demande une nouvelle, c’est le plus beau jour de ma vie. Il y a des périodes très fastes où c’est le plus beau jour de ma vie plusieurs fois dans la journée.

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Où puises-tu tes inspirations ?

Dans mes rêves, dans les rêves des autres (coucou Robert Darvel), dans les transports en commun, dans mes lectures (coucou Karim Berrouka), dans mes sorties ciné… Le secret, c’est de garder les écoutilles ouvertes en grand, et aussi de réfléchir beaucoup, parce que l’étincelle initiale ne suffit pas à faire une histoire. Écrire, c’est aussi et surtout du boulot.

Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le dernier film (ou série) vu ?

Dans la collection Aventure des fascicules du Carnoplaste, je viens de lire les deux fictions préhistoriques de Xavier Dollo, un drôle d’exercice de style où l’auteur parvient à écrire au premier degré en apparence, tout en étant en fait complètement méta.
Rien à voir avec le rattrapage de l’intégrale Ghost in the Shell : Stand Alone Complex que nous avons fait avec mon mari.
À moins que…
Non, vraiment pas.

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Raconte-nous une journée idéale.

Si je peux me lever naturellement, sans réveil, sans contrainte, c’est un bon début. Et bien manger, aussi. La bouffe, c’est la vie. Le reste peut et doit changer : film, balade, musée, salon littéraire, ce qui compte, c’est le bonheur de la découverte et du partage.
La journée idéale d’aujourd’hui n’est pas la même que celle de demain. Quant à savoir si elle inclut une séance d’écriture… Parfois oui, parfois non !

Si tu pouvais aller prendre un café avec un artiste (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?

Neil Gaiman ! C’est un des créateurs avec lesquels je me sens le plus en phase, je vois les faiblesses de ses œuvres mais ses forces les compensent au centuple. Il y a une humanité profonde aussi bien dans ses textes que dans sa présence sur les réseaux sociaux.

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Et enfin, quels sont tes projets à venir ?

L’Enceinte 9, un roman YA à l’ambiance dystopique, paraîtra le 22 août 2019 aux éditions Lynks. J’aurai l’occasion de le dédicacer, et de rencontrer du monde par la même occasion, aux Aventuriales fin septembre, aux Halliennales début octobre, et probablement aux Utopiales à la Toussaint.
D’ici à la fin 2019, j’ai pour but d’écrire deux nouvelles, puis de finir deux premiers jets de romans : un polar fantastique et un gros projet steampunk. Faut pas traîner, la pile à écrire est haute comme ça !

Un grand merci à Ophélie d’avoir répondu à mes questions ! Vous pouvez la retrouver sur son site internetsa page facebook ou encore sur Twitter.

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[À la découverte de] Virginie, maman chat

Aujourd’hui, nous partons à la découverte de Virginie, présidente de l’association « Le panorama des animaux », qui recueille et place des chats errants ou abandonnés par leurs propriétaires. C’est un travail 24h/24 et 7 jours/7, tout spécialement à cette période où les portées se comptent par dizaines. Virginie, entre deux biberonnages, a bien voulu répondre à mes questions.

Bonjour Virginie et bienvenue dans mon Terrier !
Merci Aurélie de m’accueillir sur ton blog.

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Quel a été ton parcours professionnel jusqu’ici ?

Mon parcours professionnel a été des plus classiques BAC Comptable puis hop au boulot, je suis comptable depuis presque 20 ans. Mais voilà depuis toute petite les animaux c’est ma passion mais mes parents voulaient que j’aie un vrai métier.
Ma passion a quand même refait surface, j’ai suivi une formation par correspondance d’auxiliaire vétérinaire avec des stages, puis j’ai fait une formation de comportementaliste chats et pour finir j’ai passé mon CETAC Certificat d’Etudes et Technique Animaux de Compagnie bien sûr j’ai pris l’option chats, ce qui m’a permis par la suite d’obtenir un certificat de capacité qui me donne l’autorisation d’exercer avec les animaux.

Pourquoi avoir créé cette association ? Raconte-nous sa naissance.

J’ai créé cette association en janvier 2008 car je m’étais inscrite sur un forum de protection animale et je me sentais impuissante face à tant de SOS, d’animaux menacés de mort, d’animaux en danger, d’associations en galère etc. Je suis tombée enceinte quelques mois plus tard donc l’association a été en suspens jusqu’au 1 an de mon fils. Depuis 2010, les premières prises en charge ont commencé et là je me suis enfin sentie utile, à ma place. Il a fallu trouver des familles d’accueil, trouver des vétérinaires avec qui travailler, faire des appels aux dons, organiser des animations, il y a toujours quelque chose à faire, on ne s’ennuie jamais.
L’association vit essentiellement grâce aux dons, on a pu obtenir durant quelques années une subvention de la ville de Villeurbanne (je ne sais pas si on l’aura cette année), en 2018 on a eu une aide de la fondation Brigitte Bardot (on a refait une demande pour 2019, on attend la réponse).
L’association n’a pas de locaux, une pièce chez moi est aménagée en « nurserie » ou « chatterie » ce qui demande beaucoup de travail au niveau entretien pour éviter les épidémies et une salle de bain est dédiée à la quarantaine.

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Popcorn, né le 14 avril 2019, à l’adoption.

En général, comment se déroule une prise en charge d’un animal ?

Nos prises en charge sont en général des chats/chatons trouvés dehors qui sont déposés chez notre vétérinaire ou bien des collaborations avec l’association DDF ou tout simplement des SOS que l’on reçoit en direct ou publié sur les réseaux sociaux.
Quand le ou les chats arrivent ils passent d’abord par une période de quarantaine qui dure entre 10 et 15 jours (on traite au cas par cas). Cette période permet de limiter les risques d’épidémies et de faire les premiers soins si besoin à l’animal.
Ensuite ils passent par la mini chatterie qui est une chambre chez moi puis soit ils intègrent mes chats soit ils partent en famille d’accueil.
On procède aussi à la vaccination typhus coryza et si plus de 6 mois on stérilise et on teste FIV et FELV.
Ensuite nos pensionnaires sont proposés à l’adoption.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres au quotidien ?

Les difficultés que l’on rencontre au quotidien c’est dans un premier temps le nombre de SOS que l’on reçoit par jour, comme on n’a pas de refuge, on fonctionne par familles d’accueil alors le nombre de prises en charge est limité. Ensuite il y a aussi la difficulté à trouver de nouvelles familles d’accueil qui ont réellement envie de s’impliquer. Puis la plus grosse difficulté est d’ordre financier, les frais d’adoption sont loin de couvrir tous les frais que l’association engage car il n’y a pas que les frais vétérinaire, il y a aussi le matériel (cage de convalescence, cage de transport, arbre à chats, jouets) ainsi que l’alimentation (lait maternisé, pâtée, croquettes, croquettes médicales) puis des frais de « logistique » comme les produits de désinfection, lessive etc. Sans oublier des frais administratif comme les timbres, les impressions de flyers…
Ensuite il y a des difficultés qui sont les critiques sur la gestion de l’association, sur les finances. Parfois on se prend des phrases du genre « Si l’association a pas les moyens fallait peut être pas les prendre en charge » « vous faites pas de pré/post visite adoption alors en fait vous ne suivez pas vraiment vos placements ». C’est lourd de gérer tout ça en plus du reste.
Enfin ce qui est le plus difficile à vivre au quotidien ce sont les décès, parce qu’on a beau tout faire parfois on ne peut tout simplement pas les sauver, il y a des maladies qui sont mortelles comme le typhus (taux de survie 10%). Heureusement on en a pas tous les jours mais quand ça arrive, on se sent nul, on se remet en question. Malgré le chagrin on continue de s’accrocher car il y a tous les autres qui ont besoin de nous.

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Grimaldi, né le 1r mai 2018, à l’adoption.

Et à l’inverse, quels sont les petits bonheurs que t’apporte cette association ?

Réussir à sauver des petites boules de poils même si c’est loin d’être facile parfois, les nuits peuvent être courtes, les soins épuisants. Les chatons arrivent très souvent dans un état « critique », on tente tout ce que l’on peut sans en arriver à faire de l’acharnement thérapeutique, ce n’est pas du tout notre politique.
Réussir à redonner confiance à un chat effrayé qui a pu être maltraité ou tout simplement qui voit l’homme comme un ennemi, quand on a les premières câlins, les premiers ronrons c’est une véritable victoire.
Et bien sur le bonheur au top c’est quand nos petits protégés trouvent la famille idéale pour leur nouveau départ dans la vie, notre rôle c’est justement de tout mettre en œuvre pour qu’ils aient cette chance.

Quelle est ta relation avec les réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils apportent une visibilité à l’association, une manière de communiquer, etc… ?

Les réseaux sociaux une grande question, il faut être présent quasiment H24 ce qui est assez compliqué, faut répondre aux gens limite dans la seconde, ils n’ont aucune notion du bénévolat. Les réseaux sociaux sont pratiques car ils permettent aux gens de suivre l’actualité de l’association (prise en charge, soins, adoptions, animations etc). Malheureusement, il y a tellement d’associations de protection animale que les gens se perdent au milieu de ce flot d’informations.
Ils apportent une certaine visibilité c’est certain enfin à condition que l’on publie régulièrement, que les gens like ou partagent les publications sinon autant dire qu’on est invisible. Aujourd’hui on ne peut pas se permettre de ne pas être actif sur les RS, on est dans une société ou tout doit être immédiat. En revanche il faut aussi sélectionner les informations que l’on diffuse car les photos « trash » qui sont le reflet de la réalité, les gens n’aiment pas, ils ne veulent pas savoir ce qui se passent en vrai, ils préfèrent les photos de chatons tout mignon. Parfois c’est donc compliqué de faire passer une information. On a aussi le problème des gens qui se désabonnent ou qui masquent les publications parce qu’on fait des appels aux dons et qu’on ne poste pas que des jolies photos du pays des bisounours chatons.

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Princesse, née le 8 mars 2019, à l’adoption.

Que peut-on faire pour soutenir l’association ?

Il y a plein de façon de soutenir l’association :
Liker la page Facebook
– Partager les annonces adoptions, les appels aux dons, l’actualité de l’association
– Devenir adhérent (10 euros annuel)
– Distribuer des flyers d’adhésion et autres info sur l’association
– Devenir familles d’accueil

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Comment vois-tu le futur de l’association ?

C’est une question que je me pose souvent. Une partie de moi aimerait ouvrir un refuge, pouvoir en sauver encore plus mais l’autre partie ne sait pas si elle tiendra le coup encore longtemps face à la maltraitance, l’abandon et autres atrocités auxquelles on est confrontée. On se blinde jamais face à la misère animale encore moins face aux décès, on fait tout ce que l’on peut et parfois ça ne suffit pas et résultat on doute, on se demande à quoi ça sert de continuer, on se demande ou est ce qu’on a merdé pour cet échec. La protection animale n’est pas simple tous les jours, il n’y a pas de pause, c’est 7 jours sur 7 , 24heures sur 24, pas de vacances, pas de week-end. C’est un rythme dur.
En fait je suis incapable de savoir comment sera le futur de l’association.

En tout cas au Terrier, on souhaite à l’association de continuer à faire son énorme travail dans de bonnes conditions ! Merci à Virginie pour cette interview, vous pouvez retrouver le Panorama des Animaux sur le site internet, la page Facebook, Instagram et Twitter.

[À la découverte de] Olivier Saraja, auteur hybride

Dimanche, jour de découverte littéraire ! Aujourd’hui, c’est Olivier Saraja qui se prête au jeu du Terrier. Auteur publié et auto-publié, Olivier a su se faire sa place dans le monde de l’Imaginaire français. Zombies, dinosaures, invasion de plantes, SF, vous trouverez forcément votre bonheur dans sa bibliographie.

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Olivier, peux-tu te présenter aux lecteurs du Terrier ?
Bonjour Lily, merci de me donner l’opportunité de faire la connaissance des lecteurs de ton blog. Je suis ingénieur dans le secteur aéronautique, en région toulousaine. Mon premier contact avec les littératures fantasy et SF date de l’école primaire, en tant que précoce joueur de jeux de rôle (Dungeons and Dragons basic rules, la mythique boîte rouge). J’ai assez vite essayé d’écrire mes propres « modules » et ça a débouché, des années plus tard, sur la publication de jeux de rôles ou de suppléments pour ceux-ci dans le catalogue de la maison d’édition Oriflam (Elric, Hawkmoon, Feng Shui). Je me suis fait ensuite un petit nom dans le domaine des logiciels de graphisme libre (une centaine d’articles pour Linux Magazine, Linux Pratique mais aussi un livre La 3D libre avec Blender chez Eyrolles) avant de donner enfin cours à ma passion initiale : l’écriture de textes de fiction, orientés anticipation et SF.

Quel est ton processus de création en tant qu’auteur ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Raconte-nous la naissance d’une œuvre.
Chacune de mes œuvres est née dans la douleur. Il faut savoir s’astreindre à se poser derrière son clavier, et à écrire, ou relire/corriger/éditer. C’est toujours la première étape, s’installer devant l’ordinateur. C’est pour cela que j’essaie d’en faire un moment agréable. En fonction de l’heure et de l’avancement de la journée, cela peut se faire en compagnie d’un café, ou d’une bière. Pas forcément de musique, car cela dépend de la période : une mélodie inadéquate peut réduire à néant le rythme d’un passage. Il faudrait se constituer des play lists thématiques, très probablement, mais je crois que je dois exploiter mon abonnement Deezer à 1% tout au plus !
Une fois le premier jet écrit et totalement déverminé (merci Antidote, qui non seulement repère les fautes, mais également me permet de traquer répétitions, phrases longues et divers tics d’écriture), je l’envoie à 2 ou 3 bêta-testeurs qui ne sont pas complaisants et très « cash » avec moi. Je fais lire aussi à ma chérie, à des amis. Lorsque j’ai pris en compte les retours (et repassé mon texte à Antidote), je fais une pause de quelques mois. Je laisse le tapuscrit dans un coin, peu importe que j’y repense ou non. Lorsque le temps de la maturité est venu, je reprends le texte et le relis, le remanie, l’amende pour en faire une histoire plus solide, plus légère, mieux rythmée. Je peux ensuite l’envoyer à mon éditrice, ou alors prévoir le texte pour l’auto-édition, en fonction de la destination souhaitée pour mon texte. Ah. Et encore une dernière relecture. C’est fou comme l’entropie à tendance à ajouter des coquilles dans un texte pourtant mille fois relu et corrigé.

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Quel est ton meilleur souvenir d’auteur ?
Peut-on vraiment se limiter à un ? Le premier contrat. Le premier exemplaire physique tenu dans ses mains. Le premier relevé de droits d’auteurs. La première fois où un anonyme te reconnait ou déclare te connaître. Le premier salon. Bref, je dois être très fleur bleu, car oui, toutes les premières fois ont été importantes pour moi, et ont contribué à tisser de magnifiques souvenirs.

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Quelle est ta relation avec les réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils t’apportent une visibilité, une manière de communiquer différente que les salons, etc… ?
Je ne saurais pas faire, sans les réseaux sociaux. Je ne fais qu’une poignée de salons par an, dans la limite de ce que mes vies sociale, familiale et professionnelle me permettent de faire. Je suis depuis longtemps sur Twitter, mais mon apparition sur Facebook est relativement récente. Encore plus récente, mon apparition sur Instagram que j’ai un peu de mal à mettre en oeuvre. J’aime bien traîner sur Mastodon aussi, il y a des communautés de lecteurs et de créateurs assez dynamiques là-bas.
Ensuite, je prends pas mal de recul par rapport à ces mêmes réseaux sociaux. Je ne participe jamais aux polémiques, ne donne que rarement mon avis, et je n’y fais jamais la moindre leçon, car il y a toujours une communauté ou une minorité à y blesser, même à corps défendant. Les réseaux servent en revanche à ma veille « technologique et sociale » qui alimentent mes textes les plus sombres de SF ou d’anticipation (ces textes que je réserve habituellement à l’auto-édition, car plutôt pessimistes ou pas assez grand public). Je n’écris pas (ou rarement) au sujet de futurs lointains. J’aime bien parler de demain ou d’après-demain, et d’y projeter le résultat de nos errances scientifiques ou morales actuelles.

Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le prochain dans ta pile à lire ?
Le dernier ouvrage lu est « Pearly Gates, tome 1 : le règne du métal » par Nicolas Pagès. Je lis actuellement la suite, qui n’est encore publiée nulle part (peut-être chez au 38 ?). Les prochains seront la trilogie Voyager par Stéphane Desienne. J’ai tellement de retard dans mes lectures !

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Que fais-tu lorsque tu n’écris pas ?
En ce moment, beaucoup de bricolage, de jardinage. Une maison à remettre au goût du jour, cela prend du temps et de l’énergie !

Tu es également éditeur, comment passes-tu de cette casquette à celle d’auteur ?
Difficilement. Le plus périlleux est de tout concilier, et de trouver le temps pour réaliser ce qui doit l’être. Je ne lis pratiquement plus que des manuscrits et des synopsis, mais par ailleurs, je participe d’une façon très intéressante à la vie d’une maison d’édition en bonne santé et qui s’avère accueillante et bienveillante.

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Si tu pouvais aller prendre un café avec un artiste (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?
Houla, question piège. Je ne suis pas dans l’idolâtrie. J’aimerais beaucoup m’entretenir des inspirations et des processus créatifs avec Brendan Perry (Dead Can Dance). Fouiller les concepts arts de Brian Froud, directeur artistique du film Dark Crystal. Boire une pinte avec Mickael Moorcock avec qui j’ai failli travailler à l’époque où j’étais investi dans les jeux de rôle Elric et Hawkmoon. Mais surtout, je suis persuadé d’avoir déjà pris un café ou un verre avec plein d’artistes français.es actuels.elles, à qui je souhaite de devenir les prochains monstres littéraires francophones sur lesquels.elles fantasmeront les prochaines générations.

Et enfin, quels sont tes projets à venir ?
Côté salon, le prochain rendez-vous sera pour les Aventurales à Ménétrol, fin Septembre. Côté projets d’écriture, il y en a plusieurs. L’écriture de Dino Hunter 2 ; publier quelques one shots de Lady Bradsley ; achever deux textes d’anticipation que je souhaite autopublier ; écrire trois histoires d’horreur qui traînent dans mes tiroirs. Pour ces divers projets, j’ai déjà la plupart des synopsis prêts : il n’y a plus qu’à, comme en dit. Mais quand ?

Un grand merci à toi de m’avoir permis de me présenter à tes lecteurs.

Merci à toi, Olivier ! 

Vous pouvez le retrouver sur Twitter et sur son site internet.

[À la découverte de] Pascaline Nolot, rêveuse des Terres du Nord

Aujourd’hui 28 avril, j’ai le grand plaisir de recevoir Pascaline Nolot, camarade des éditions du Chat Noir. Lectrice passionnée, femme engagée et autrice de plusieurs romans et nouvelles, sa dernière parution chez Rageot raconte l’histoire d’un petit garçon enfermé dans une bibliothèque un peu différente…

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Bonjour Pascaline et bienvenue dans mon Terrier ! Je te laisse nous en dire plus sur toi avant d’attaquer les questions.

Bonjour ! Je m’appelle Pascaline Nolot. Je suis orléanaise de naissance, lilloise d’adoption depuis 2008. Je suis une lectrice invétérée depuis mon plus jeune âge, avec une prédilection pour les littératures de l’imaginaire. J’ai écrit une dizaine de nouvelles pour diverses anthologies, dans des genres assez variés (fantastique, science-fiction, contemporain, steampunk, etc.). Et j’ai quatre romans à mon actif : Les Larmes de l’Araignée (2017, éditions du Chat Noir, fantastique jeunesse – nominé pour le prix « papyrus » 2019 du roman jeunesse), Les Orphelins du Sommeil (2018, éditions du Chat Noir, fantastique jeunesse – sélectionné pour le prix Imaginales 2019 du roman jeunesse), Sur l’écorchure de tes mots (2019, éditions du Chat Noir, littérature blanche, « Young Adult ») et Éliott et la bibliothèque fabuleuse (2019, Rageot éditeur, « low fantasy » jeunesse).

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Quel est ton processus de création en tant qu’autrice ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Parle-nous d’un (ou de plusieurs) moment-type d’écriture.

Je rêverais d’être une autrice jardinière, je trouve l’image bucolique et poétique ! Hélas, je n’ai pas la main verte, j’ai besoin d’un plan détaillé pour démarrer… En général, au début, j’ai juste une idée de base qui tient en une ou deux phrase(s) et, si je suis chanceuse, une ou deux scènes précise(s) en tête – le début et/ou la fin du roman, la plupart du temps. Ensuite, les personnages s’imposent assez vite à moi. Pour eux, je n’ai quasiment pas à faire d’efforts : ils s’invitent d’eux-mêmes dans mon esprit et se présentent avec leur personnalité et leurs particularités (qui ne m’arrangent pas du tout, parfois !). Pour le reste, je note des dizaines d’idées en vrac, je trie, je supprime, je rajoute, j’organise… jusqu’à ce que je réussisse à construire une intrigue qui me semble tenir à peu près la route. Comme cette phase me prend un certain temps, je vis un moment avec les personnages dans ma tête, je les teste mentalement dans certaines scènes que je commence à imaginer, etc. Du coup, je les connais déjà plutôt bien quand je réussis à établir mon plan et que je me lance dans la véritable rédaction. Cependant, planifier son histoire ne signifie pas être psychorigide. On sait bien, de toute façon, que rien ne se passe jamais tout à fait comme prévu, que les personnages ou les événements peuvent nous surprendre en cours d’écriture et partir dans des directions inattendues. C’est là aussi toute la magie de l’écriture !
Quant à mon moment-type d’écriture, comme beaucoup d’autrices et d’auteurs, c’est avant tout le moment où j’ai le temps et la possibilité d’écrire. En ce qui me concerne, ce moment est souvent nocturne et accompagné d’une grande tasse de capuccino (qui, sous prétexte de me maintenir éveillée, me permet d’assouvir ma gourmandise).

Où puises-tu tes inspirations ?

Excellente question ! C’est quand elles me fuient que j’aimerais bien le savoir… Plus sérieusement, je crains de ne pas faire preuve de la moindre originalité en répondant : « un peu partout ». J’ai l’impression que, dans la tête d’une autrice ou d’un auteur, n’importe quoi ou n’importe qui peut déclencher l’idée d’une histoire : cela peut venir d’un reportage qu’on a vu, d’une conversation qu’on a eue ou entendue, d’un article qu’on a lu, d’une scène surprise dans la rue, de rencontres qu’on a faites, d’une atmosphère qu’on a ressentie, d’une musique qu’on a écoutée, d’une illustration qu’on a admirée, d’événements qu’on a vécus, etc. Bref, il me semble que les sources d’inspiration sont multiples, parfois surprenantes, et je ne crois pas en avoir une en particulier.

Préfères-tu écrire des nouvelles ou des romans ? (Ou les deux).

En fait, je trouve les deux exercices très complémentaires. De par son format court, la nouvelle permet de tester beaucoup de choses en variant les genres, les niveaux de langage, les types de narration, les ambiances, etc. Avec son format long, le roman, lui, permet de développer des univers beaucoup plus riches et d’approfondir vraiment la psychologie de ses personnages. Donc, dans l’idéal, je dirais que je préfère écrire des romans… tout en cédant au plaisir de rédiger une nouvelle de temps en temps !

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Quel est ton meilleur souvenir d’autrice ?

En choisir un seul est très difficile… J’ai plein de très bons souvenirs avec les lectrices et lecteurs, ainsi qu’avec les camarades auteurs et autrices (illustrateurs et illustratrices, aussi !) : grâce aux livres, et grâce aux différents salons et festivals littéraires, on fait beaucoup de belles rencontres, on crée des liens et de vraies amitiés. Le tout premier mail d’acceptation d’une nouvelle ou d’un roman par un éditeur constitue également un moment très fort, même chose quand on apprend qu’un texte est sélectionné pour un prix. Les messages et courriers envoyés par les lecteurs/lectrices, ça aussi, c’est génial, en particulier ceux des enfants et des adolescents ! Mais puisque je dois choisir mon meilleur souvenir… en fait, il est tout frais et je plane encore sur mon petit nuage : en tant qu’autrice jeunesse, ce sont mes toutes premières rencontres scolaires avec des classes au sujet de mon premier roman, Les larmes de l’araignée. Ce furent deux jours inoubliables, que je peine à traduire en mots : tellement d’échanges, de questions, de rires, d’émotions, etc. Je ne regrette pas une seconde d’avoir bravé ma timidité pour y aller ! De ce genre d’expérience, on revient riche des autres, et cela ne peut que mettre du baume au cœur et offrir un grand élan de motivation pour continuer à écrire des histoires…

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Tu as participé au recueil « Le Cercle d’Hécate », un univers tiré d’un roman de Cécile Guillot. Comment as-tu abordé l’écriture dans le monde d’une autre autrice ?

Tout d’abord, j’ai été très touchée d’être invitée par Cécile dans son univers et de pouvoir partager le sommaire avec elle et d’autres autrices de talent (dont toi, ma chère !). Cependant, c’est une tâche délicate de rentrer ainsi dans le monde de quelqu’un d’autre et d’utiliser ses personnages. J’avais vraiment peur de trahir l’esprit de sa trilogie. En guise de « préparation », histoire de me remettre bien dans l’ambiance, j’ai donc relu d’une traite les trois tomes de Fille d’Hécate – c’est tout juste si je ne les ai pas appris par cœur. Mon cas est toutefois un peu particulier puisque j’ai choisi de centrer mon texte, non sur une des trois « sœurcières » stars de la trilogie, mais sur Nolwenn, la demi-sœur adolescente de l’héroïne, qui n’apparaissait que dans le dernier tome et qu’on voyait beaucoup moins (ce qui était tout à fait logique car l’intrigue du roman ne tournait pas autour d’elle). De ce fait, j’ai eu une assez grande marge de liberté pour créer le caractère du personnage central de ma nouvelle, tout en respectant son vécu et ses goûts évoqués par Cécile dans le tome 3. J’avoue un penchant pour les personnages qui sont un peu dans l’ombre des autres. J’aime bien l’idée de m’en emparer pour leur montrer qu’eux aussi ont le droit d’exister, eux aussi ont quelque chose dans le ventre et ont de la valeur, même s’ils ne prennent pas la lumière…

Quel est le dernier livre que tu as lu ?

Je viens de terminer La revanche des princesses, un recueil jeunesse paru chez Poulpe fictions, et qui regroupe des textes de six autrices talentueuses : Sandrine Beau, Clémentine Beauvais, Charlotte Bousquet, Alice Brière-Haquet, Anne-Fleur Multon et Carole Trébor. Dans leurs histoires emplies d’impertinence et/ou d’émotion, les princesses reprennent le pouvoir. Tous les textes sont brillants mais je trouve celui d’Anne-Fleur Multon (La princesse est en colère) particulièrement irrésistible, avec un style savoureux : Sachez, messieurs, que je ne suis la « petite demoiselle » de personne, et surtout pas de grands dadais guindés ! Qui êtes-vous pour me parler sur ce ton, nom d’une pomme empoisonnée ?
Et dès que j’irai refaire un tour en libraire, je projette de me jeter sur Les Furtifs, le nouveau roman de science-fiction d’Alain Damasio… Comme tu peux le constater, je lis aussi bien de la littérature jeunesse que des romans destinés aux adultes, je ne me prive d’aucun plaisir de lecture !

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Quand tu n’écris pas, que fais-tu ?

Je lis, bien sûr !!! Accessoirement, je m’occupe aussi un peu de ma fille de temps en temps.

Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur, qui choisirais-tu ?

Le choix est cornélien… Mais, pour une raison bien précise, et aussi parce que je n’ai jamais eu la chance de le croiser en salon, je prendrais un café avec Fabien Clavel. S’il passe par ici et qu’il me lit, il saura pourquoi.

Et enfin, quels sont tes projets à venir ?

En ce qui concerne les dédicaces, pour l’instant, je n’ai rien de prévu avant les Halliennales, un salon cher à mon cœur qui aura lieu le samedi 5 octobre 2019 (près de Lille). D’ici là, à moins qu’une invitation ne se présente, mon programme à venir prévoit plutôt que je reste enfermée dans ma grotte à travailler sur mes textes…

Quant à mes projets littéraires, j’ai eu la chance d’être invitée sur une anthologie à paraître début 2020. Ce projet est encore secret donc je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais le thème m’a permis de rédiger un texte un peu plus « politique » que mes nouvelles précédentes. Par ailleurs, je travaille actuellement sur un nouveau roman de littérature blanche « Young Adult ». Et pour la suite, j’ai aussi plusieurs projets en littérature de l’imaginaire (jeunesse). Bref, de quoi passer quelques nuits blanches à noircir des pages !

Merci beaucoup Pascaline !