[À la découverte de] Lilith Tarot

Il y a quelques mois, Jack Parker lançait une newsletter spéciale « Modern Witches ». Dans l’un des numéros, nous faisions connaissance avec Lilith, une tarologue lyonnaise. J’ai beaucoup aimé son interview, alors je me suis mise à la suivre sur les réseaux sociaux.

Au fil des semaines, j’ai vraiment pu apprécier ses vidéos, photos et également sa propre newsletter. Si bien qu’en fin d’année dernière, je lui ai demandé un tirage. Incapable d’ouvrir les yeux et de réfléchir posément, Lilith a apporté un éclairage nouveau à une situation que je pensais bloquée.

Lilith n’a pas juste répondu à une interrogation de ma part. Elle m’a longuement questionné sur la situation afin d’en saisir toutes les subtilités. Son tirage m’a ensuite permis de me poser face à mes problèmes. J’aime beaucoup tirer les cartes pour moi, elles me permettent d’avoir un support de réflexion. Mais parfois, c’est très chouette d’avoir quelqu’un d’autre pour le faire. 🙂

Aujourd’hui, nous partons donc à la découverte de Lilith Tarot. Les liens vers ses différents RS sont à la fin de l’interview. N’hésitez pas à lui réserver un tirage, en direct si vous êtes à Lyon ou par mail !

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« Lilith Tarot », mais qui se cache derrière cette appellation si mystérieuse ?
Je suis une Lyonnaise de cœur (je viens de Normandie) de 27 ans, curieuse et passionnée. J’ai un Master 2 en Marketing et avant de devenir tarologue, j’ai été manager dans le prêt-à-porter, dans un magasin d’inspiration californienne à Confluence, ainsi que chargée de com dans une école d’ingénieurs. J’adore le sport, notamment la musculation et la krav maga, Top Chef et mater Netflix avec mon chéri.

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Photo @ Titouan Hervet

Depuis quand utilises-tu les tarots ? Quel a été l’élément déclencheur de ton premier tirage ?
J’utilise les tarots depuis quelques années, 4 ans je crois. J’ai toujours été une petite sorcière et un jour, je suis tombée sur le Tarot de Mars de Quentin Faucompré au Bal des Ardents, une librairie lyonnaise. C’est un tarot d’artiste, clairement pas un jeu pour débuter ! Mais je n’y connaissais rien, et surtout j’étais passionnée. Est-ce que ça m’a empêchée d’apprendre ? Non. D’ailleurs, je voudrais passer le message à tes lecteurs et lectrices : si vous avez envie de vous lancer, faites-le, et suivez avant tout votre cœur.
Mon premier tirage, je l’ai fait pour moi, pour m’entraîner. c’était une carte du jour, qui me disait de me méfier d’une femme de mon entourage. Cela s’est révélé vrai quelques mois plus tard.

Quelles sont tes conditions optimales pour te plonger dans un tirage ?
Aucune, en vrai. J’ai des gris-gris : pendule, palo santo… Mais quand je ne le fais pas, ça ne me bloque pas. Il m’est arrivé de faire des tirages en regardant Les reines du Shopping, ça n’a pas du tout gêné mon interprétation qui a été juste. J’ai tiré les cartes à une soirée en club, avec en fond de la techno. J’aime bien avoir mon tapis, que mon chéri m’a offert. Je pense que la meilleure condition, c’est d’avoir une intention claire et surtout d’être honnête avec soi-même. Je ne suis pas très fan des rituels qu’il faudrait faire pour faire un tirage optimal. Pour moi, c’est juste une affaire d’intention, le reste c’est du décorum. Ça peut aider à se concentrer, mais ce n’est pas nécessaire. Mon amie Karlota a commencé en tirant les cartes par terre dans la rue ! Et elle est douée dans son art. Il y a pas mal de pratiques dans notre milieu qui sont des habitudes ou des croyances, mais elles ne font pas de vous un.e meilleur.e tarologue. Si vous avez besoin d’une ambiance, créez-la, sinon, c’est pas grave.
Pour mes tirages à distance par contre avant de me lancer je lis et je relis les échanges que j’ai eu par mail avec la personne. Ça m’aide à me canaliser sur son énergie.

Dans ta vie de tous les jours, que t’apporte le fait de tirer les cartes ?
Beaucoup de joie.
C’est d’abord une guidance. En ce moment, je tire sans cette le 2 d’Épées et l’As de Bâton. Même si je ne sais pas encore sur quoi, je sais que je refuse de voir les choses en face sur un sujet, sûrement sensible, car je ne veux pas trancher. D’un autre coté, mon As de Bâton m’annonce de belles choses dans les domaines spirituels et professionnels, à condition que je canalise mon énergie (je me disperse beaucoup). Ces cartes-là me permettent d’agir en conscience et de co-créer avec l’invisible. Les cartes, c’est un bon moyen de se connecter à sa guidance interne, à l’intuition, tout comme le pendule.
Pour moi les cartes ne sont pas qu’un outil prédictif. C’est d’abord un outil de connaissance de soi, comme l’astrologie.
Ensuite, d’avoir lancé mon compte Insta et Youtube a changé ma vie ! Sans ça, je n’aurais pas eu l’idée de devenir professionnelle, et je n’échangerais pas avec les personnes fabuleuses qui me suivent sur mes réseaux. Je suis hyper fière de mon groupe Facebook, car il réunit des gens qui viennent de toutes croyances et pratiques, et il n’y a aucun jugement. Tout ça, c’est grâce à ma passion pour le tarot, et à mon envie de la partager.

Quelles sont tes inspirations ? Littéraires ou artistiques, ou même dans la vie courante ?
Je suis passionnée par les parcours de femmes fortes, qui créent, qui entreprennent, qui osent. J’adore Les Aventurières, l’entreprise de Laure Jouteau, qui m’a aidée à lancer mon entreprise. J’aime beaucoup Gala Darling, Annabel Gat, Jessica Lanyadoo, Gaby Herstik, elles m’inspirent au quotidien. Fabienne Bizet et Morgane Sifantus.
J’adore Chantal LaNuit et ses soirées Garçon Sauvage. Elle a su remettre de la bienveillance et de l’inclusion dans le milieu LGBTQ+, je suis hyper sensible à ça, c’est ce que j’essaie de faire dans la spiritualité. Comme elle le dit si bien : « nous sommes beaux dans nos singularités ».
Côté livres j’adore Marguerite Duras. Son style sec peut sembler froid ou inaccessible, mais j’adore. J’aime beaucoup la poésie de Nayyirah Waheed. Quand j’étais ado, j’adorais Amélie Nothomb, et je correspond avec elle.
Côté musique j’adore Brigitte ! J’adore leur sensualité. Sinon je suis une grande fan de musique, j’aime beaucoup de choses. Techno, hardstyle, UK bass mais aussi pop, ambient, classique, rap, new wave, dark wave… En ce moment j’écoute beaucoup Princess Nokia, Zayn, Ariana Grande, Taylor Swift, Boy Harsher… Et celleux qui me connaissent savent que je suis obsédée par Depeche Mode et Gesaffelstein.
Ensuite, les gens qui me suivent et avec qui je parle sur les réseaux : leur soutien et leurs idées me guident au quotidien.

Sur ton site, tu parles de « coaching intuitif », peux-tu nous en dire plus ?
Pour moi il s’agit d’accompagner les personnes qui travaillent avec moi avec des outils moins conventionnels : tarot, pendule, méditation, rituels… Mais le but c’est toujours d’aider la personne à trouver ses propres clés et à avancer en toute autonomie.

Que penses-tu des réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils t’apportent une visibilité, une manière de communiquer différente que les rencontres « en vrai », etc… ?
J’adore, j’ai commencé sur Instagram ! Grâce à ça, et à Youtube, j’ai eu mes premier.ère.s client.e.s, qui voulaient des tirages, et c’est là que je me suis dit « bah pourquoi pas après tout » ? Grâce à ça je peux parler avec mes mentors comme Annabel Gat (elle vit aux USA) qui m’a motivée à me mettre à l’astrologie. Même dans ma vie, les réseaux m’ont apporté : j’ai tellement d’ami.e.s que j’ai connu.e.s comme ça. Ca permet aussi à des gens qui vivent loin de moi de pouvoir quand même me parler ou de solliciter un tirage. C’est une bonne chose.

Quels sont tes projets/événements à venir ?
J’en ai tellement… Plein que je ne pourrais pas faire de suite mais là je me suis mise en tête de faire un tour du monde, on verra si ça marche. Sinon, côté tarot, je vais faire des stages sur Paris avec mon amie Prisca sur l’intuition, un stage sur Lyon avec mon amie Eva sur l’écriture intuitive, et j’ai envie de lancer des programmes en ligne aussi. Sinon je continue mes chroniques horoscopes sur Retard et Cacti.

Merci beaucoup d’avoir répondu à mes petites questions, et à très bientôt !
Merci à toi.

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Photo @ Lilith

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Vous pouvez retrouver Lilith :
Sur son site
Sur Instagram
Sur Facebook
Sur Youtube

Pour réserver un tirage, c’est par ICI. 🙂

Et parce que Lilith est généreuse comme ça, elle vous offre un code promo de 10% sur ses tirages et son coaching, valable jusqu’au 7 juin et à partir de 40€ d’achats.

Voilà le code à utiliser : LILY10

Pour le tirage, c’est donc par ici.
Et le programme de coaching : c’est ici.
Profitez !

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[À la découverte de] Emmanuel Quentin, super-héros des livres

Aujourd’hui dans mon Terrier, nous partons à la rencontre d’un super gars. Super-auteur de deux romans publiés chez le Peuple de Mü (« Dormeurs » et « Où s’imposent les silences » -cliquez sur les titres pour lire mes chroniques) et super-bibliothécaire très impliqué avec sa structure dans les Etats Généraux de l’Imaginaire, Emmanuel Quentin a bien voulu répondre à mes questions, merci à lui. ^_^

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Comme tous les invités du Terrier, je te laisse te présenter en quelques mots à mes lecteurs avant d’entrer dans le vif du sujet.
Alors… alors… alors…. la question que je redoute le plus et qui arrive en premier (ce qui est un peu normal, ceci dit)… En quelques mots, donc… Je vais faire très simple, c’est mieux. Je m’appelle Emmanuel Quentin, je suis né dans les années 70, je suis bibliothécaire de profession parce que je voulais bosser au milieu des livres et depuis peu, deux de mes romans ont été publié, ce qui me vaut de venir me présenter ici, ce dont je suis ravi.

Quel est ton meilleur souvenir d’auteur ?
Comme beaucoup je crois (quoique, après réflexion, pas forcément, il faudra que j’en cause avec d’autres), mon meilleur souvenir d’auteur a été l’acceptation du manuscrit de « Dormeurs » aux éditions le Peuple de Mü. C’était une vraie émotion. Après j’ai beaucoup d’autres souvenirs, moins intenses mais néanmoins importants : le premier contact avec les lecteurs (et les discussions enflammées sur la science-fiction qui ont suivi ; un passage où j’étais dans l’impasse qui se débloque tout à coup sans prévenir et qui donne des perspectives incroyables à l’histoire ; la réception des livres une fois imprimés ; la présence sur un salon où je peux échanger avec un auteur que je lis depuis des années et qui m’intimide… oui à tout bien considérer je pourrais dresser une longue liste de ce genre de souvenirs.

Comment écris-tu ? Quel est ton processus de création ? Est-ce que tu as déjà toutes les cartes en main avant de commencer à écrire ou suis-tu tes personnages sans savoir où ils te mèneront ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Bref, dis-nous tout. 🙂
J’écris quand je peux mais avant tout, il me faut une idée. A partir de là, je commence à écrire, sans faire de plan. Je suis effectivement mes personnages et j’adore ça, de me laisser surprendre par leurs personnalités et le monde qui les entoure. En revanche, j’écris lentement, et beaucoup dans ma tête d’une certaine façon. L’histoire mature essentiellement dans ma tête, dans les grandes lignes avant que je ne couche les mots sur le papier. Je dis « dans les grandes lignes », parce que je ne veux me fermer aucune porte et profiter de ce que les situations engendrent d’elles-mêmes dans une histoire. En gros, je suis loin d’être un architecte mais ça me va bien comme ça. Le tout c’est de rester vigilant pour conserver une cohérence.
Quant à ma mise en condition en écriture, elle est effroyable. Je me dis « ce soir je m’y mets », et bim ! Arrivé le soir, je trouve toutes les mauvaises raisons pour ne pas m’y coller. Surtout au début d’un roman, quand je vois tout le chemin qu’il me reste à parcourir. Mais lorsque j’ai bien avancé, l’histoire est tellement dans ma tête qu’il en faut peu pour me pousser à écrire. Le hic survient surtout lorsque j’arrête. A ce moment-là, je suis un zombie. On me parle mais je n’écoute rien, je me contente de répéter plusieurs fois ce qu’on me dit avant que mon cerveau percute. Ça peut déstabiliser l’entourage…

Quel est le personnage que tu préfères dans tes romans ?
Alors là, difficile question. En fait je crois que j’apprécie certains personnages secondaires autant que les principaux. Mais si je devais en choisir un, je dirais Dimitri dans « Où s’imposent les silences ». Fredric dans « Dormeurs » peut avoir un côté très agaçant. Et celui du roman en cours d’écriture n’est pas un tendre : grande gueule, égoïste, désabusé… à croire que j’aime bien ce genre de personnages.

Où puises-tu tes inspirations ?
Partout ! Je prends tout ce qui passe et quand quelque chose attire mon attention, même pour des éléments de décor je dis « stop, je prends ». Le monde qui nous entoure est une forte source d’inspiration, mais les livres aussi. Il se pourrait que je sois une éponge, mais ça n’a rien d’exceptionnel.

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Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le dernier film vu ?
Le dernier livre que j’ai lu est un Perry Mason,  « Cœurs à vendre ». Le dernier film, c’est « The Iceman ». Mon dernier coup de cœur est un livre à paraître que j’ai eu la chance de lire en avant-première, et que je ne m’enlève pas de la tête tant il m’a touché. Il s’agit de « Petit blanc » de Nicolas Cartelet*. Il y a beaucoup de tendresse dans ce livre, d’humanité, et il touche à des thèmes qui m’ont parlé. Sa fin est également renversante. Bref, un livre à lire absolument.

Décris nous une journée idéale.
La journée idéale, c’est celle où je me retrouve avec les amis ou la famille. Pas obligé que ce soit pour un événement particulier. La simplicité , c’est pas mal dans ces cas là. Etre ensemble et en profiter.

Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?
Robert Merle, sans l’ombre d’une hésitation.

Question pro maintenant : quel regard porte le bibliothécaire sur la façon dont est traité le genre de l’Imaginaire en bibliothèque ?
Ah là là…. (soupir). Il y a du boulot ! Quand je suis en vacances, j’en profite parfois (c’est quand même les vacances) pour faire un petit tour des bibliothèques des villes que je traverse… eh bien, on voit très vite celles portant un intérêt pour les littératures de l’Imaginaire et celles qui sont démunies face à elles : méconnaissance du genre dans bien des cas, ou bugdet qui ne suit pas dans d’autres. Mais j’ai cru comprendre que des bibliothécaires semaient des graines d’Imaginaire partout où elles/ils passaient. Soyons positifs, tout ça va bientôt évoluer !

Pour finir, quels sont tes projets à venir ?
Ma nouvelle « L’herbe plus mauve ailleurs » doit paraître en fin d’année dans l’anthologie « Pulps » aux éditions Ad Astra, je viens d’en terminer une autre pour les éditions Le Peuple de Mü à paraître l’an prochain. Et j’ai donc entamé un roman d’anticipation noir c’est noir, avec le personnage grande gueule dont je parlais plus haut, évoluant dans un monde asphyxié…. mais je n’en suis qu’au début et donc, je trouve toutes les bonnes raisons pour retarder le moment de m’y mettre vraiment. Mais j’ai autour de moi, des personnes bienveillantes qui me poussent à m’y pencher pour de bon, même si je dois avoir l’air d’un zombie après chaque séance d’écriture. Sinon, je serai aux Aventuriales de Ménétrol en septembre prochain, un salon incontournable dans les terres du Milieu, où l’ambiance est extrêmement sympathique.

 

Vous pouvez retrouver Emmanuel sur Twitter et sur sa page Facebook, ou encore sur son blog

*À paraître en septembre chez le Peuple de Mü.

[À la découverte de] Ana Dess, prêtresse du vent

Une nouvelle invitée dans mon Terrier aujourd’hui, et pas n’importe qui ! Rencontrée lors d’un salon en 2015, enthousiaste face à un projet que je lui présentais et qui m’a offert une merveilleuse collaboration, j’ai l’immense privilège de poser mes questions à ma copine Ana Dess, avec qui j’ai travaillé sur Zombiguïté. ♥

« Ana Dess » ? Mais qui se cache sous ce nom facétieux ?
Ana Dess veut dire Je suis Ana en japonais (phonétiquement), c’est un clin d’œil à cette culture qui m’a bercée pendant des années.
Derrière ce nom se cache une multitudes de dimensions artistiques : peinture, illustration, musique, écriture, poésie, BD… J’aime traverser les arts et les frontières pour raconter des histoires.

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Quel a été ton parcours jusqu’ici ?
En sortant du bac j’ai d’abord bosser pour des boites de communications en tant que graphiste. En parallèle je me suis lancée dans la musique. J’ai écris deux albums qui sont sortis au niveau national. J’écris les textes, c’est entre le slam et la chanson française. J’ai commencé seule sur scène, et puis j’ai fini avec piano, guitare et violoncelle, ça a été une expérience inoubliable.
Les deux albums sont en écoutes sur toutes les plateformes : deezer, itunes…

Je suis devenue intermittence du spectacle, mais en 2013 j’ai décidé de faire une pause.
C’est un secteur très difficile, surtout quand tu fais du atypique.

Je me suis tournée vers le dessin que je pratiquais déjà mais comme amatrice.
J’ai décidé de créer un petit personnage qui me ressemble et j’ai sorti ma première BD en juin 2013.
La vie continue et aujourd’hui j’ai sorti 7 livres et je prépare un nouveau spectacle musical.

Tu auto-édites tes BD, est-ce que c’est un choix que tu regrettes ou au contraire, tu ne vois pas ta carrière autrement ?
Quand j’ai décidé de faire cette première BD, je me suis dit : dans un premier temps, je vais me tester avec le public et après on verra. Les années ont passé et les projets aussi. Finalement je suis toujours en auto-édition et ça me convient bien. Je ne regrette pas du tout, et je ne suis pas fermée à signer chez un éditeur le moment venu, si le projet est soutenu.

Quel est ton processus de création ? Comment te mets-tu en condition pour créer ?
Je pense que mon cerveau est en perpétuel temps de création. Il me faudrait deux vies pour tout faire ! Mais dans les moments de pures créations j’ai besoin d’être dans ma bulle.
J’ai besoin de la nature, du calme, du silence ou de la musique choisie, de la solitude.

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Illustration pour Zombiguïté

Où puises-tu ton inspiration ?
Partout autour de moi. Mais ces deux dernières années essentiellement dans mes voyages, dans le rapport que l’homme a avec la nature. Je lis beaucoup également.

Quelle est ta relation avec les réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils t’apportent une visibilité, une manière de communiquer différente que les salons, etc… ?
Les réseaux sociaux sont là pour les gens que j’ai rencontrés d’abord en festival. C’est rare que ce soit le contraire. Ils me permettent de communiquer avec une partie de mes suiveurs, d’organiser des petits concours et de poster des photos et vidéos.

Qu’aimes-tu faire pendant ton temps libre ?
J’adore me balader, randonner. Je lis, je joue à des jeux vidéos et des jeux de sociétés. Je voyage et je lis.

On sait que tu es une artiste engagée, mais tu es aussi organisatrice du Festival de la BD et l’Illustration à Montseveroux avec l’association Les K’amis Cases. Peux-tu nous en dire plus sur l’envie de départ et sur le salon en lui-même ?
C’est Monsieur Rudy (auteur des petits manuels pour les nuls, et mon mari) qui a lancé l’idée.
On croise souvent d’autres artistes dont on apprécie le travail et l’humain. Nous habitons un petit village d’Isère de 900 habitants, un village médiéval avec un beau château.
Finalement organiser un événement comme celui-ci dans notre village a pris forme dans nos têtes.
c’est la troisième année, cela demande beaucoup de temps et de passion, mais je suis fière de pouvoir valoriser ceux que j’aime.

As-tu des projets à venir que tu souhaites partager ?
Oui, je viens tout juste de sortir un nouveau livre. Un carnet de voyages poétiques.
C’est un livre un peu spécial, imprimé en 150 exemplaires numérotés. J’ai fait le choix de beaux papiers, c’est plus qu’un livre, c’est une manière de voyager.
Le livre regroupe des illustrations à l’aquarelle que j’ai faite durant 4 voyages : Islande, Maroc, Crète et Finlande. Il est ponctué par des textes poétiques que j’ai écris.

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Vous pouvez retrouver Ana sur son site internet et sur sa boutique Etsy. 😉

[À la découverte de] Isaac Marion, auteur dans l’espace

(English below)

Aujourd’hui dans mon Terrier, un invité particulier. Il est américain, il écrit des romans de zombies dont mon préféré de tous les temps, et surtout, il a changé ma vie en me permettant de me lancer dans le genre. Oui, c’est un peu la joie et la félicité pour moi, cet article.
J’accueille donc aujourd’hui Isaac Marion, qui a accepté de jouer le jeu des questions/réponses.

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Photo par Juliann Itter

Isaac Marion, qui est-ce ? C’est un musicien/chanteur, vous pouvez écouter ce qu’il fait sur ce site.
C’est également l’auteur de « Vivants » (ma chronique ici), le seul de sa série de romans à avoir été traduit en français. Vous connaissez sûrement le film tiré du livre et reprenant le titre original « Warm Bodies ».
Isaac a écrit « The New Hunger », une courte préquelle de « Vivants » où on retrouve les personnages quelques années plus tôt. En février dernier est sorti aux États-Unis et au Royaume-Uni « The Burning World », suite directe de « Vivants » (ma chronique ici).
Comme je le disais, ces deux romans ne sont pas traduits en français pour le moment, ce qui est une considérable tristesse (pour ceux qui ne lisent pas en VO plus particulièrement, les autres vous n’avez aucune excuse pour ne pas avoir lu les bouquins).

Pourquoi ? Pourquoi aucune maison d’édition ne s’est lancée dans l’aventure de la traduction ? C’est un mystère. Parce que selon moi, ces romans sont des merveilles.

Je laisse maintenant la place à l’auteur lui-même, que je remercie infiniment pour le temps passé à répondre à mes questions de fan transie. Pour ceux qui lisent l’anglais, j’ai ajouté l’interview originale plus bas. Bonne lecture !

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On te connaît pour « Vivants » qui a été traduit en Français et publié par Bragelonne en 2012. Peux-tu nous en dire plus sur la suite, « The Burning World », et pourquoi il est important qu’elle soit traduite également ?

« The Burning World » est la suite directe de « Vivants » et commence quelque chose comme deux mois plus tard. R est presque entièrement guéri de l’infection mais son identité reste encore partielle : pas de souvenirs, pas de passé, pas de sentiment d’appartenance à ce nouveau monde. Pendant qu’il s’efforce de réintégrer la société humaine, une étrange organisation militaire venue d’une autre époque arrive pour « restaurer l’ordre ». R et Julie doivent alors prendre la route vers des horizons inconnus.

En ce qui concerne une traduction, ce serait vraiment génial si ça arrivait. À ma grande déception, il n’y a pas encore eu d’offres pour traduire le roman car apparemment, « Vivants » ne s’est pas vendu suffisamment bien à l’international. Ça me semble tellement injuste que les lecteurs de « Vivants » doivent rester en attente du reste de la série. J’espère que ça changera quand la série sera terminée et que les ventes décolleront. Et, bien sûr, si un autre film survient et change la donne.

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Comment construis-tu tes histoires ? Est-ce que tu as tout dans la tête avant de commencer ou suis-tu tes personnages là où ils vont ?

C’est un peu des deux. J’esquisse un flux d’événements et j’imagine de quoi les scènes auraient l’air et comment je les ressentirais dans ma tête pour avoir un guide à suivre pendant l’écriture, mais je ne le respecte pas religieusement. Le plan général est toujours en mutation avec les personnages et le scénario qui se développent.

Est-ce que tu as une routine d’écriture ?

Je me réveille, je prends mon petit-déjeuner, et je marche jusqu’au café. De préférence sans parler à quiconque, sans écouter aucune nouvelle, et sans interagir avec le monde. J’essaie de sauter directement de mes rêves à ma fiction.

Quelles sont tes inspirations dans la vie ?

La musique. Les villes. La nature. Les amis. L’espace. Les rêves. Les drogues.

Quel est le dernier livre que tu as lu ?

« Universal Harvester », de John Darnielle. Je ne suis pas encore certain de ce que j’en ai pensé. Très difficile à saisir, une écriture distante avec une fin qui était un peu facile. Mais également très morose et intriguant, avec des passages d’une très belle prose.

Tu as écrit une nouvelle pour une anthologie basée sur « La Nuit des Morts-Vivants » de Romero. Qu’est-ce que ça fait d’entrer dans un univers qui n’est pas le sien ?

Wow, je suis surpris que tu sois au courant de ça ! C’était une expérience intéressante. « La Nuit des Morts-Vivants » est l’un des rares films de zombie pour lesquels j’ai un grand respect artistique. Il a de la retenue. Il a de la classe. Même un peu d’ambiguïté.

Mon histoire est au sujet de la fille, qui passe la totalité du film allongée sur la table au sous-sol à écouter ses parents se disputer. Elle a toujours été la partie la plus intrigante du film parce qu’elle expérimente cette transition lente de vivant à mort-vivant, mais nous n’avons jamais la moindre idée de ce à quoi ça ressemble pour elle. Et son comportement à la fin est un peu déroutant : elle tue sa mère sauvagement… mais ne la mange pas ? Il y a là une certaine complexité que le film laisse inexplorée, alors j’ai trouvé excitant de plonger là-dedans et de décrire son état intérieur à un niveau que le film n’a pas atteint.

Si tu pouvais aller n’importe où maintenant, gratuitement, où irais-tu ?

La Lune. Je ressens pleinement la pression des foules dernièrement. J’ai envie d’enfouir mon visage dans de la poudre de Lune et de faire une longue sieste.

Quel est ton meilleur souvenir d’auteur ?

Honnêtement, ça serait l’expérience du tournage du film. J’ai eu des instants très profonds dans le processus d’écriture, mais c’est compliqué pour n’importe quoi de tenir la comparaison avec la sensation d’être entouré par des gens travaillant à donner vie à ton histoire. Regarder des acteurs jouer des personnes nées de ton propre esprit. Voir tout cet art, cet argent et ce talent qui s’assemblent pour construire un monde que tu as inventé. Il n’y a juste rien de comparable.

Le monde brûle, les zombies sont partout et tu es l’un d’eux. Mais le remède se répand et les zombies commencent à se souvenir de qui ils étaient avant. Voudrais-tu récupérer tous tes souvenirs ou préférerais-tu un nouveau départ ?

C’est un peu le conflit central de « The Burning World », donc je ne peux pas dire grand-chose sans risquer de spoiler ! Mais essentiellement… il n’y a pas de nouveau départ. Nos passés -souvenirs, expériences, leçons apprises-, sont les matériaux qui composent nos identités. Si tu enlèves tout ça, qui es-tu ?

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Dernière question : où doit-on t’emmener pour un premier rendez-vous parfait ?

Haha, eh bien, pour un tout premier rendez-vous, rien de vraiment spécial ! Amenez-moi dans un bar chaud et sombre, avec un verre de bon whisky, et je serai prêt à vous ouvrir mon âme.

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Liens utiles :
Son site officiel
Page Facebook
Twitter
Instagram

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And now that I declared my love in French, here is the English version of Isaac Marion’s interview. Thanks again for your time!

We know you for ‘Warm Bodies’, which has been translated in French a few years ago. Can you tell us about ‘The Burning World’ and how awesome it would be if it were translated too?

The Burning World is a direct sequel to Warm Bodies and begins about 2 months later. R has mostly recovered from the plague but still lacks an identity—no memories, no history, no sense of place in the new world. So he’s struggling with integrating back into human society, and then this strange military organization from the old days shows up to « restore order » and R and Julie have to go on the run, out into the unknown world.

As for a translation, it would certainly be awesome if it happened. To my great disappointment, there haven’t been any offers for translations yet because apparently Warm Bodies did not sell well enough internationally. It seems very unfair to me, that the readers of Warm Bodies will be left hanging for the rest of the series. I really hope this will change when the series is finished and sales start to pick up. And of course, if another movie ever happens that will change everything.

How do you build your stories? Do you have everything in mind before starting or do you follow your characters along their way?

It’s a little of both. I sketch out a rough flow of events and imagine how the scenes will look and feel in my head so that I have a guide to follow while writing, but I don’t stick to it religiously. The plan always mutates and changes as the characters and plot lines develop.

Do you have a writing routine?

I wake up, eat breakfast, and walk to the coffee shop. Preferably without talking to anyone or seeing any news or interacting with the world at all. I try to jump directly from my dreams into my fiction.

What and/or who are your inspirations in life?

Music. Cities. Nature. Friends. Space. Dreams. Drugs.

What’s the last book you read?

UNIVERSAL HARVESTER, by John Darnielle. I’m still not entirely sure what to make of it. Very elusive, arms-length writing with an ending that was a bit of a cop-out. But also very moody and intriguing with moments of really beautiful prose.

You wrote a short story for an anthology based on Romero’s ‘Night of the Living Dead’. What was it like to enter this universe that wasn’t yours?

Wow, I’m surprised you know about that! It was an interesting experience. Night of the Living Dead is one of the few zombie films that I feel I can really respect on artistic level. It has restraint. It has class. Even a bit of ambiguity. My story is about the girl, the daughter who spends the whole film lying on the table in the basement listening to her parents fight. She was always the most intriguing part of the film because she experiences that slow transition from living to undead, but we never get any clue as to what that’s like for her. And her behavior at the end is somewhat puzzling—she kills her mother savagely…but doesn’t eat her? There’s some complexity there that the movie leaves unexplored, so I found it thrilling to jump in there and describe her internal state on a level that the movie didn’t touch.

If you could go anywhere right now, for free, where would you go?

The moon. I’m feeling the pressure of crowds lately. I want to bury my face in some cool moon powder and take a long nap.

What is your best memory as a writer?

Honestly, it would have to be the experience of being on the movie set. I’ve had some profound moments in the actual writing process, but it’s hard for anything to compete with the feeling of being surrounded by people working to bring your story to life. Watching actors play people born out of your own mind. Seeing all the craft and money and artistry that goes into building a world you imagined. There’s just nothing else like that.

The world is burning, zombies are everywhere and you are one of them. But the cure is spreading and zombies are remembering who they were before. Would you want your memories back, or would you rather have a fresh start?

That’s kind of the central conflict in THE BURNING WORLD, so I can’t say too much without spoiling it! But essentially…there are no fresh starts. Our pasts—memories, experiences, lessons learned—are the materials that compose our identities. Take all that away and who are you?

Last question: where should one take you for a perfect first date?

Haha, well, for a very first date, nothing too special! Give me a warm, dark bar and a glass of good whiskey and I’m ready to bare my soul.

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