[Ma vie de bib] Prix littéraire de l’Imaginaire

Depuis que j’ai mon poste de responsable de bibliothèque, je tente pas mal de choses. J’ai réussi à happer le public enfant qui répond bien à toutes les animations, j’ai mis de côté le public adulte qui lui, a beaucoup de mal à franchir les portes de la bibliothèque, pour revenir avec un gros projet début 2020 : un prix littéraire de l’Imaginaire. \o/

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Comme je suis assez bien la production, la sélection d’ouvrages a été relativement rapide : il y avait deux critères officiels (en dehors du fait qu’il fallait de la qualité, n’est-ce pas), l’auteur/autrice devait résider en AURA et le roman devait avoir été publié en 2018/2019. Pour les « officieux », j’ai choisi des ouvrages susceptibles de fonctionner dans mon réseau de bibliothèques, étant donné que l’Imaginaire, ce n’est pas ce qui sort le plus. Et comme je voulais profiter de la Nuit de la Lecture, nous avons lancé le prix samedi dernier.

Breeeeef. Samedi dernier, cérémonie d’ouverture, avec le stress qui va bien. C’est là que nous avons dévoilé les six titres en compétition :

« Résolution« , de Li-Cam

« Le tyran des songes« , d’Oren Miller

« Les baleines célestes« , d’Elodie Serrano

« Les machines fantômes« , d’Olivier Paquet

« Les fileurs de temps« , de Thomas Fouchault

« Ce qui vient la nuit« , de Mathieu Rivero (Julien Bétan et Melchior Ascaride)

Elodie Serrano et Thomas Fouchault (accompagné de Frédéric Dupuy des éditions 1115) nous ont fait l’immense plaisir de venir nous voir dans notre si lointaine campagne. Li-Cam et Olivier Paquet étaient déjà en animation et j’ai mis un peu trop de temps à prévenir Oren Miller. ^^’ Je pense que tout le monde a passé un bon moment (surtout moi, quand j’ai pu arrêter de parler).

Tous les livres ont été empruntés pour la première vague de lecture, les votes auront lieu en juillet, et à la rentrée 2020, il se passera… quelque chose. 😉

Petits bonheurs – 16 janvier

mde

  • Le premier ciné de l’année.
  • La saison 6 de Brooklyn 99.
  • Découvrir un nouvel endroit sympa juste à côté de chez moi pour aller balader les chiens.
  • Les progrès d’Hachiko en laisse.
  • Préparer le prix de l’Imaginaire à la bib (il y a plus de stress que de bonheur, mais bon XD;).

 

Et un petit rappel de début d’année pour dire que l’idée de mes Petits Bonheurs vient du côté des Libellules. ^_~

Atelier d’écriture – Histoires courtes

Le mois dernier, j’ai animé un atelier d’écriture à la médiathèque tête de réseau, sur le thème des « histoires courtes ». J’avais déjà tenté la chose l’an passé avec les nouvelles mais j’avais trouvé que ça manquait d’interactivité. Cette fois-ci, j’ai donc complètement changé la formule avec des exercices courts et participatifs.

Ouverte aux ados/adultes, les objectifs de l’action étaient d’initier le public aux histoires courtes, de l’intéresser aux techniques d’écriture et d’encourager les adolescents à partager leurs mondes.

Si nous avions un peu insisté sur le fait que j’intervenais en tant qu’autrice, l’animation peut sans problème être animée par quelqu’un d’autre.

L’atelier a duré un peu plus de deux heures, avec un temps de présentation (moi, les participants, les textes courts). Nous avons commencé par choisir un lieu effrayant, propre à chacun, et par imaginer une scène dans ce lieu, sans limite de longueur. Le but était de terminer l’atelier avec une histoire effrayante en deux phrases seulement.

J’ai été très contente du rendu de l’atelier, très interactif, très vivant. Malgré l’appréhension de ne pas être capable d’être concis, tout le monde a brillamment réussi à écrire une histoire très effrayante en seulement deux phrases.

Je pense proposer le même atelier dans ma structure, même si on a du mal à faire venir le public ado/adulte chez moi…

« Parler de ses peines, c’est déjà se consoler. »

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L’année 2019 a été l’une des années les plus difficiles de toute ma vie, si ce n’est la plus difficile. Des deuils, j’en ai connu et des sévères. Deuil d’humains et deuil d’animaux. Mais un deuil comme celui que je vis depuis mars 2019, jamais. Chaque matin, se lever avec l’unique envie que la journée passe rapidement afin de retourner se coucher. Ne plus avoir envie de rien. Ne plus savoir ce qu’est l’enthousiasme, les bonheurs simples. Voir le temps défiler en se disant que la peine est tellement récente, et vivre l’éternité en souffrance.

Cette année 2019, je l’ai passée enfermée dans ma douleur et la solitude de ne pas pouvoir la partager. Malgré le soutien que j’ai pu recevoir, Ghost était mon compagnon à moi seule, c’était un lien unique.

Et j’ai mis du temps à accepter que je devais avancer, que rien n’irait mieux miraculeusement. Je n’allais pas me réveiller un matin en me disant « ah, ça y est, mon deuil est terminé ». Alors j’avais le choix entre continuer sur la même voie en attendant la fin de ma vie, ou essayer de construire autour de l’absence.

Pendant des mois, j’ai laissé la boîte qui contenait les cendres de Ghost sur un meuble sans y toucher. Je ne l’ai même pas ouverte. Je ne savais même pas ce qu’il y avait à l’intérieur, parce qu’on ne m’avait pas dit que ce n’était qu’une boîte, que l’urne était dedans, et qu’elle était en plus destructible dans le temps. Je l’avais récupérée telle quelle chez le vétérinaire, et je n’avais pas eu la force d’enlever le plastique qui l’entourait.

Il y a quelques semaines, j’ai appris que la société qui s’était occupée de l’incinération de Ghost avait été rachetée, et qu’une agence avait ouvert près de chez mes parents. Je ne sais pas trop pourquoi mais j’ai eu envie de rencontrer la personne qui la gérait. Alors j’ai pris un rendez-vous et nous avons longuement discuté, de son travail, du deuil animalier.

Et plus tard, j’ai enfin décidé de faire un pas en avant. Un tout petit. En achetant l’urne définitive qui contiendrait les cendres de Ghost.

Ça m’a fait quelque chose de voir la boîte s’ouvrir, de savoir que dans la pièce d’à côté, on se chargeait de transférer ce qu’il restait du corps de mon chien. J’ai vu les cendres, j’y tenais. Et je suis repartie avec l’urne qui a trouvé sa place dans ma salle à manger.

Dans le même temps, parce que j’ai compris que je n’étais pas capable de trouver la paix toute seule, j’ai pris rendez-vous chez un professionnel pour me faire aider. J’ai longtemps hésité, partagée entre la honte et la culpabilité, et maintenant que j’y suis allée, que j’ai parlé, échangé, je ne regrette pas mon choix. Ce n’est certes pas miraculeux. Je sais que le temps n’effacera rien et que l’absence de mon chien me tuera pour le reste de ma vie, mais maintenant, je sais que je peux commencer à construire autour de cette absence.