[À la découverte de] Tao Hime, princesse des aiguilles

Aujourd’hui, je devais retourner à Loriol-sur-Drôme pour continuer les tatouages de ma jambe manga. Après Dino, c’était un autre de mes personnages préférés qui aurait dû prendre sa place pour l’éternité (ou au moins, jusqu’à la fin de ma vie). Cruelle déception ! Déprimante frustration !

Alors aujourd’hui, le Terrier accueille Tao Hime pour qu’elle nous parle d’elle et de son métier. J’ai découvert son travail fin 2019 et j’ai tellement accroché que je lui avais dit qu’un jour, je lui demanderais de me tatouer Dino Cavallone. Pendant le premier confinement, je lui ai commissionné une illustration, et pour le deuxième, j’ai pris rendez-vous. En décembre 2020, je me faisais enfin tatouer mon premier tatouage de fan. \o/

*~*

Qui se cache derrière « Tao Hime » ?

En réalité je m’appelle Eugénie mais, adolescente, je n’aimais pas mon prénom alors mes amies m’ont trouvé le surnom de Tao, vu que j’adorais l’Asie. Je ne pensais pas que ce surnom me collerait autant à la peau, même quinze ans après. Alors c’est naturellement devenu mon nom d’artiste. Hime veut dire princesse en japonais, c’était un petit clin d’œil à mon prénom d’origine, porté par une impératrice.

Je suis donc tatoueuse depuis environ deux ans et je m’intéresse à toutes les formes d’art, notamment l’illustration.

Quel a été ton parcours d’études et professionnel jusqu’ici ?

Je suis une touche à tout. J’ai eu du mal à trouver ce qui me plaisait vraiment.

Après un baccalauréat littéraire, j’ai fait une année dans une école de mode qui ne m’a rien appris. Je souhaitais depuis le collège étudier la coiffure et devenir coloriste, mais mon père ne l’entendait pas de cette oreille. Alors, après deux ans de BTS assistante de manager (histoire d’avoir un diplôme sérieux quand même) j’ai étudié la coiffure pendant trois ans. J’ai vraiment été désillusionnée sur ce milieu. Je pense que je n’avais pas assez de haine ou de rage de vaincre en moi pour pouvoir rester coiffeuse. Après tout ça, j’en ai eu marre des études et j’ai pris un travail alimentaire pendant deux ans. Ça m’a permis de me recentrer sur ce que j’aimais plus que tout : le dessin. Et c’est comme ça que j’ai décidé de me lancer dans le tatouage.

Pourquoi as-tu choisi la voie du tatouage ?

En fait, j’ai toujours voulu travailler dans un milieu artistique mais sans vraiment savoir dans quel domaine. Un jour, un ami tatoueur m’a demandé pourquoi je n’essayais pas le tatouage, étant donné que je commençais à être beaucoup tatouée moi-même. Il m’a fait venir dans son salon pour que je m’auto-tatoue. Et puis, ça a été comme une révélation.

Après cette expérience, je suis venue dans son salon plusieurs jours, comme en stage, pour voir si l’univers me plaisait. Ce qui m’a le plus plu c’est le fait que l’hygiène est poussée à son maximum.

Quel est le style de tatouages que tu préfères réaliser ?

Il y a énormément de choses que j’aime faire.

J’aime les choses assez minimalistes, simples et efficaces (des lettrages ou des petits motifs comme des cœurs par exemple).

Mais mon univers tourne autour de Disney et de la culture japonaise. Du coup, j’aime adapter à mon style des motifs connus, plus souvent en noir et gris couleur, ce qui donne une patte assez graphique. Mes tatouages ne comportent pas trop de détails et de fioritures, j’aime les choses impactantes.

Décris-nous une journée type d’une tatoueuse.

J’ai la chance de pouvoir me lever assez tard, vers huit ou neuf heures. L’avantage d’être tatoueuse c’est qu’on a le statut auto-entrepreneur donc on gère nos journées comme on l’entend.

Suivant l’heure des rendez-vous que je me suis booké, je vais au salon pour dix heures ou pour treize heures.

Après la préparation de la salle, je reçois mes clients pour leur séance.

Une fois celle-ci terminée, je nettoie toute la salle selon les normes d’hygiène qui nous sont imposées.

Une fois rentrée chez moi, le soir, je prépare mes dessins pour les autres rendez-vous. Je travaille semaine par semaine donc par exemple le mardi, je travaille mon dessin pour le mardi d’après.

Quand j’ai un peu de temps, je dessine des flashs qui sont des motifs que je propose à mes clients à se faire tatouer tels quels.

Et bien sûr, je travaille en parallèle mes commandes d’illustration.

En résumé, mes journées de travail durent entre dix et douze heures par jour.

Quel est le souvenir le plus insolite ou drôle de ta carrière de tatoueuse ?

Il n’y en a pas un qui me vienne en tête en particulier. Je dirais que chaque séance à ses petits côtés drôles.

Beaucoup de gens sont stressés lorsqu’ils se font tatouer alors ils ont des comportements assez bizarres. On dirait que le stress ou l’excitation leur font perdre leur moyen. Du coup, ça donne des situations assez marrantes.

Je pense que ce qui me fera toujours rire, ce sont les gens qui sont raides comme des piquets. Par exemple, quand tu poses le stencil (une sorte de calque avec le dessin) il y a des gens à qui il est impossible de faire plier les bras tellement ils sont tendus.

Je l’ai un peu saoulée avec Dino moi…

Quelle est ta relation avec les réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils t’apportent une visibilité, une manière de communiquer différente de l’IRL, etc… ?

Personnellement j’ai toujours adoré les réseaux. J’ai eu accès assez jeune aux plateformes de blog.

J’adore Instagram. On peut vraiment y créer une ambiance visuelle et c’est vrai que ça colle parfaitement avec mon travail. Et puis c’est facile à gérer, rapide.

80% de ma clientèle vient d’Instagram. Je tattoo dans un petit village et c’est vrai que mon univers ne colle pas forcément avec les envies des gens du coin. Alors les gens font de la route pour venir me voir et c’est super cool !

Un film / série à conseiller en ce moment ?

Je ne suis pas forcément la plus calée pour ça parce que je suis très difficile avec tout ce qui tourne autour de ça.

Dernièrement j’ai adoré la série Reign parce que j’aime beaucoup ce genre d’ambiance et j’admire beaucoup les costumes.

Le dernier film que j’ai vu et qui m’a beaucoup marqué est “I spit on your grave”. C’est un film gore, âme sensible s’abstenir.

Et je ne peux pas conclure sans parler du superbe animé “My Hero Academia” que j’ai commencé à regarder il y a quelques semaines et que je trouve génial !

Si tu pouvais aller prendre un café avec une personnalité illustre (vivante ou morte), qui choisirais-tu ?

Quand j’avais quinze ans, ma mère m’a offert un livre qui s’appelle “la dernière impératrice de Chine” qu’elle avait elle-même lu à cet âge. Cela parle de l’impératrice Tseu-yi, de sa vie, de son histoire. Elle n’est partie de rien. Elle est entrée au service de l’empereur en tant que concubine et, par sa détermination et son intelligence, a réussi à devenir la seule et unique impératrice de toute la Chine, survivant même à son mari et son propre fils.

Je pense que j’adorerai pouvoir discuter avec elle, pour pouvoir m’inspirer de sa combativité et me donner du courage dans un monde où la place de la femme est toujours plus menacée.

Une planche de flashs, tatouages à réserver même pendant le confinement !

Comment te vois-tu dans 5 ans ?

Je n’aime pas trop prévoir le futur.
J’espère pouvoir continuer à tatouer et m’épanouir dans ce que j’aime !
Je voudrais reprendre les voyages dès que cela sera possible.
Et voilà, vivre heureuse.

~*~

Un grand merci à Tao Hime d’avoir répondu à mes questions ! Si pendant le confinement, les tatoueurs ne peuvent pas exercer, Tao propose tout de même des illustrations (en ce moment, elle peut vous faire votre perso de My Hero Academia -j’ai demandé le mien). Allez voir son compte Instagram ICI pour toutes les infos !

6 réflexions sur “[À la découverte de] Tao Hime, princesse des aiguilles

  1. Rha pas cool que tu aies du annuler ton rendez vous. C’est incompréhensible cette décision y’a pas plus désinfecté qu’un salon de tatouage de base 🤦‍♀️ j’ai une amie dans le cas c’est frustrant pour elle..elle s’était installée en septembre 2019 à son compte en plus 😅
    C’était intéressant de découvrir Tao Hime ☺️

    Aimé par 1 personne

    • Surtout que c’est parti pour durer pour les tatoueurs, je comprends vraiment pas qu’on les empêche de faire leur travail. Je sais pas à quel point ils sont aidés par l’état pour compenser la perte de revenus en plus… >_>

      Aimé par 1 personne

      • En Belgique ils vont pouvoir reprendre le 26 avril mais la dernière fois ils ont rouvert pour 3 semaines puis il a fallu tout refermer ces trois dernières semaines ^^’ Je ne sais pas non plus s’ils reçoivent des aides ou pas… Et ce que ça vaut car souvent on entend des témoignages qui disent que ça couvre même pas les frais fixes ^^’ ça ou rien…

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      • C’est encore flou pour la France, y a des rumeurs de prolongement de fermeture pour les « non essentiels ». Mais de toute façon, j’ai l’impression qu’on fait que ça depuis un an.

        Là Tao propose des illustrations justement pour essayer de rester à flot. Je serais beaucoup trop stressée si j’avais pas un boulot fixe et qui continue de tourner. @_@

        Aimé par 1 personne

      • Oui moi aussi, avec tout ça je me suis rendue compte que j’avais une certaine chance même si mon boulot a ses points négatifs aussi… Au moins mon salaire tombe chaque mois :/

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