[À la découverte de] Manon d’Ombremont, MJ de l’Imaginaire

Aujourd’hui dimanche de reconfinement, nous accueillons dans le Terrier Manon d’Ombremont. Originaire de Liège, blogueuse, joueuse, compagne d’un chien trop mignon, mais aussi autrice chez Livr’S Éditions, elle vient de sortir son dernier roman dont elle vous parle en détail plus bas dans l’interview. Mais avant cela, découvrons cette jeune femme pleine de bonne humeur et lectrice passionnée.

Qui es-tu, Manon d’Ombremont ?
Très vaste question ! Je pense qu’en premier lieu je me qualifie et me considère comme une passionnée et une créative. Une passionnée de la littérature de l’imaginaire, du milieu éditorial qui s’y rattache et des questions littéraires qui tournent autour. J’y ai même consacré mes études. Quant à l’aspect créatif, il intervient via ma pratique du jeu de rôle textuel qui m’a fait évoluer vers l’écriture de roman. Ce sont deux éléments centraux dans ma vie mais il n’y a pas que ça. Je m’intéresse à la culture nippone et à la protection animale de manière générale ainsi qu’au dressage canin. Depuis que j’ai Loki, j’aime bien trouver de nouveaux jeux pour stimuler son intelligence !

Quel est ton processus de création en tant qu’autrice ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Raconte-nous la naissance de tes œuvres.
En règle générale tout part du jeu de rôle. Je créé un personnage, je me l’approprie, je le fais vivre avec son passé, ses enjeux, puis je créé une intrigue dans laquelle il ou elle peut évoluer. Cela m’a posé pas mal de difficultés dans le passé et dans mes romans les plus anciens comme les Légendes Faës ou le Nechtaànomicon (note Terrier : plus disponibles à ce jour) parce que ça donnait des textes un peu de niche, je trouve. Dans le sens où un lecteur lambda qui n’a jamais joué avec moi pouvait avoir du mal à se projeter. La remarque avait tendance à revenir.
J’ai donc commencé à écrire en le faisant pour quelqu’un, quelqu’un d’autre que moi-même. Cela a changé avec Bratva qui a marqué un gros tournant dans ma manière d’écrire puisque, pour la première fois, je sortais totalement du jeu de rôle pour créer un personnage et une histoire de zéro. M’en distancier a été bénéfique sur un plan personnel mais ça a aussi modifié mon rapport à l’écriture.
En général j’écris mieux le matin, directement après m’être levée quand je n’ai pas le poids de ma journée sur le dos. Je mets de la musique, souvent des OST de manga. En fonction du type de roman, c’est Bleach ou Naruto Shippuden, Fairy Tail quand on passe dans l’épique. Pour Bratva, par contre, j’étais davantage sur de la musique électronique type hardcore.

Où puises-tu tes inspirations ?
Partout ! Je consomme énormément de popculture et forcément, cela m’influence. J’ai eu l’idée du personnage de Rayna en jouant à League of Legends et en lisant l’histoire du champion Jhin. J’ai imaginé un démon fan de Britney Spears en me faisant une session « nostalgie de ma préadolescence » sur YouTube et en écoutant Baby One More Time. J’ai eu le déclic pour Nyctophilia en écoutant Phoenix le soir-même où la chanson a été dévoilée par RIOT pour les Worlds 2019. Ça vient vraiment sans crier gare, ça me provoque une sensation difficilement descriptible mais que j’identifie immédiatement comme l’inspiration, la bonne, pas celle qui se réduit à « une idée comme ça ». Dans ces moments-là, il faut que j’aie un carnet ou un bloc note pour écrire ce que ça m’inspire pour ne pas le perdre.

Quel est ton meilleur souvenir d’autrice ?
Il y en a une multitude mais je vais en évoquer un qui m’a particulièrement touchée. Lors d’un salon, une lectrice est venue me voir pour m’offrir un cadeau, de magnifiques boucles d’oreille en forme d’araignée. Elle voulait me remercier pour deux raisons. La première, lui avoir rendu le goût de la lecture fantasy (avec ma toute première saga pourtant bourrée de défauts) et la seconde, lui avoir permis de dépasser un traumatisme qu’elle avait subi car elle a été agressée, ce qui arrive également à l’héroïne des Légendes et lire une scène de ce type a provoqué un déclic, m’a-t-elle dit, ce qui lui a permis d’en parler, de se reconstruire. J’en avais les larmes aux yeux. C’est incroyable de se dire qu’on a pu influencer la vie de quelqu’un d’une manière positive grâce à ce qu’on a écrit… C’est vraiment un souvenir que je chéris.

Qu’es-tu en train de lire en ce moment ?
Au moment où je réponds à l’interview, j’ai commencé un roman de Joe Abercrombie. Le questionnaire arrive à l’un des rares moments où je ne lis pas un petit éditeur… Mais ça fait des années qu’on me rabâche les oreilles avec ce monsieur donc j’ai fini par sauter le pas. Je commence à peine, une petite centaine de pages et ça se présente pas trop mal !

Quand tu n’écris pas, que fais-tu ?
Je joue. Je joue beaucoup trop même et toujours à League of Legends depuis huit ou neuf ans, c’est désastreux quand j’y repense tout ce temps perdu haha. J’ai longtemps alterné avec World of Warcraft mais j’ai mis ça en pause parce que c’était beaucoup trop chronophage et incompatible donc avec ma situation actuelle. Une partie sur LoL dure entre 20 et 40 minutes, quand je commence à farmer sur WoW il m’arrive d’oublier de manger…
Sinon je m’occupe de Loki : balades, exercices de dressage, câlins aussi parce qu’il a besoin de beaucoup d’attention. Et je lis, je lis beaucoup : romans, mangas, comics, parfois je regarde des séries. C’est original pas vrai ? Je passe aussi pas mal de temps sur mon boulot alimentaire, mais c’est normal.

Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?
John Scalzi, je pense. Je l’ai découvert il y a deux ou trois ans et c’est un de mes auteurs chouchous. S’il est aussi drôle, ironique et intelligent dans la vie que dans ses romans, ça doit être un vrai plaisir. Après si je peux tricher et inviter la merveilleuse Ada Palmer… Je ne dis pas non ! Cette femme m’impressionne énormément dans ses romans, on sent une vraie culture, une vraie passion, c’est le genre de personne que j’ai envie de fréquenter. Mais en même temps, je risque d’être trop impressionnée par elle et de me ridiculiser à ne pas réussir à aligner deux phrases intelligentes…

Parle-nous un peu de ton dernier roman paru, « Clément Coudpel contre les spectres de Samain ».
Il s’agit d’un roman qui n’a aucun lien avec ma pratique du jeu de rôles. Ce devait être un texte jeunesse à la base mais c’est parti un peu en cacahuète entre temps… Même si le héros reste jeune, je considère plutôt que c’est un roman tout public.
Clément a treize ans, c’est un macrale (un sorcier quoi) et sa situation ne lui plait pas trop. Il préférerait être juste normal, comme son meilleur ami. Heureusement, sa sœur gère tout l’aspect magique de la famille mais le jour où elle disparait, pas longtemps avant un rituel important, Clément va devoir prendre les choses en main (contre son gré). C’est un roman où j’ai mis tout ce que j’aime dans la vie : jeux-vidéos, mangas, popculture de manière globale. Il y a beaucoup de références et l’histoire se déroule dans mon coin donc on y trouve aussi des endroits très réels comme l’Université de Liège ou encore la librairie indé Kazabulles où je me rends souvent. C’est un texte assez personnel à ce niveau, qui me représente et me correspond. On y aborde aussi la thématique du choix, de la liberté, des soucis familiaux… Le tout sur fond de folklore liégeois. Ça a été très difficile à écrire, paradoxalement, parce que je n’étais jamais satisfaite de ce que j’écrivais vu qu’il est vraiment différent de ce dont j’ai l’habitude mais ça m’a prouvé que j’étais capable d’écrire pour tout le monde et pas juste pour ceux qui aiment les sociopathes.

Les salons et événements littéraires étant un lointain souvenir en ce moment, comment gères-tu ce nouvel impact sur ta carrière ? Et quels sont tes projets à venir malgré tout ?
Moralement c’est un peu difficile (dans le sens décourageant) puisque Clément a eu la malchance de sortir alors que tous les salons s’annulaient les uns après les autres. On avait de l’espoir pour septembre / octobre avec notamment les Halliénnales, raison pour laquelle l’éditrice a maintenu le titre mais finalement, je n’ai pu faire qu’une seule dédicace en librairie (justement chez Kazabulles). C’est frustrant parce que je tire beaucoup d’énergie de mon contact avec les lecteurs et avec les copains auteurs / copines autrices. Je gère ça en relativisant, enfin, en essayant de relativiser. Que faire d’autre, de toute manière ? Je n’ai jamais trop aimé m’apitoyer sur mon sort, c’est une perte d’énergie comme de temps.
Je n’ai pas fondamentalement de projets à l’avenir puisque je n’écris que difficilement depuis la fin de mon mémoire en 2018. Je n’en reviens toujours pas d’être arrivée au bout de Clément d’ailleurs… Actuellement je me concentre sur Nyctophilia mais je suis bloquée, tiraillée sur l’avenir de ce texte et sur ce que je veux : le publier à tout prix quitte à y sacrifier son essence ou accepter de tourner la page en le laissant dans un tiroir. Pour le moment, je n’ai pas encore eu de grande illumination, de grande inspiration, donc je me contente de bosser, de vivre ma vie et d’attendre que ça arrive. Je pense que ça finira par revenir et je n’ai pas envie de me contraindre à produire à tout prix.

On te le souhaite en tout cas, Manon ! Vous pouvez retrouver l’autrice sur ses réseaux sociaux : Twitter / Instagram ou sur son site internet.

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