[À la découverte de] Virginie, maman chat

Aujourd’hui, nous partons à la découverte de Virginie, présidente de l’association « Le panorama des animaux », qui recueille et place des chats errants ou abandonnés par leurs propriétaires. C’est un travail 24h/24 et 7 jours/7, tout spécialement à cette période où les portées se comptent par dizaines. Virginie, entre deux biberonnages, a bien voulu répondre à mes questions.

Bonjour Virginie et bienvenue dans mon Terrier !
Merci Aurélie de m’accueillir sur ton blog.

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Quel a été ton parcours professionnel jusqu’ici ?

Mon parcours professionnel a été des plus classiques BAC Comptable puis hop au boulot, je suis comptable depuis presque 20 ans. Mais voilà depuis toute petite les animaux c’est ma passion mais mes parents voulaient que j’aie un vrai métier.
Ma passion a quand même refait surface, j’ai suivi une formation par correspondance d’auxiliaire vétérinaire avec des stages, puis j’ai fait une formation de comportementaliste chats et pour finir j’ai passé mon CETAC Certificat d’Etudes et Technique Animaux de Compagnie bien sûr j’ai pris l’option chats, ce qui m’a permis par la suite d’obtenir un certificat de capacité qui me donne l’autorisation d’exercer avec les animaux.

Pourquoi avoir créé cette association ? Raconte-nous sa naissance.

J’ai créé cette association en janvier 2008 car je m’étais inscrite sur un forum de protection animale et je me sentais impuissante face à tant de SOS, d’animaux menacés de mort, d’animaux en danger, d’associations en galère etc. Je suis tombée enceinte quelques mois plus tard donc l’association a été en suspens jusqu’au 1 an de mon fils. Depuis 2010, les premières prises en charge ont commencé et là je me suis enfin sentie utile, à ma place. Il a fallu trouver des familles d’accueil, trouver des vétérinaires avec qui travailler, faire des appels aux dons, organiser des animations, il y a toujours quelque chose à faire, on ne s’ennuie jamais.
L’association vit essentiellement grâce aux dons, on a pu obtenir durant quelques années une subvention de la ville de Villeurbanne (je ne sais pas si on l’aura cette année), en 2018 on a eu une aide de la fondation Brigitte Bardot (on a refait une demande pour 2019, on attend la réponse).
L’association n’a pas de locaux, une pièce chez moi est aménagée en « nurserie » ou « chatterie » ce qui demande beaucoup de travail au niveau entretien pour éviter les épidémies et une salle de bain est dédiée à la quarantaine.

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Popcorn, né le 14 avril 2019, à l’adoption.

En général, comment se déroule une prise en charge d’un animal ?

Nos prises en charge sont en général des chats/chatons trouvés dehors qui sont déposés chez notre vétérinaire ou bien des collaborations avec l’association DDF ou tout simplement des SOS que l’on reçoit en direct ou publié sur les réseaux sociaux.
Quand le ou les chats arrivent ils passent d’abord par une période de quarantaine qui dure entre 10 et 15 jours (on traite au cas par cas). Cette période permet de limiter les risques d’épidémies et de faire les premiers soins si besoin à l’animal.
Ensuite ils passent par la mini chatterie qui est une chambre chez moi puis soit ils intègrent mes chats soit ils partent en famille d’accueil.
On procède aussi à la vaccination typhus coryza et si plus de 6 mois on stérilise et on teste FIV et FELV.
Ensuite nos pensionnaires sont proposés à l’adoption.

Quelles sont les difficultés que tu rencontres au quotidien ?

Les difficultés que l’on rencontre au quotidien c’est dans un premier temps le nombre de SOS que l’on reçoit par jour, comme on n’a pas de refuge, on fonctionne par familles d’accueil alors le nombre de prises en charge est limité. Ensuite il y a aussi la difficulté à trouver de nouvelles familles d’accueil qui ont réellement envie de s’impliquer. Puis la plus grosse difficulté est d’ordre financier, les frais d’adoption sont loin de couvrir tous les frais que l’association engage car il n’y a pas que les frais vétérinaire, il y a aussi le matériel (cage de convalescence, cage de transport, arbre à chats, jouets) ainsi que l’alimentation (lait maternisé, pâtée, croquettes, croquettes médicales) puis des frais de « logistique » comme les produits de désinfection, lessive etc. Sans oublier des frais administratif comme les timbres, les impressions de flyers…
Ensuite il y a des difficultés qui sont les critiques sur la gestion de l’association, sur les finances. Parfois on se prend des phrases du genre « Si l’association a pas les moyens fallait peut être pas les prendre en charge » « vous faites pas de pré/post visite adoption alors en fait vous ne suivez pas vraiment vos placements ». C’est lourd de gérer tout ça en plus du reste.
Enfin ce qui est le plus difficile à vivre au quotidien ce sont les décès, parce qu’on a beau tout faire parfois on ne peut tout simplement pas les sauver, il y a des maladies qui sont mortelles comme le typhus (taux de survie 10%). Heureusement on en a pas tous les jours mais quand ça arrive, on se sent nul, on se remet en question. Malgré le chagrin on continue de s’accrocher car il y a tous les autres qui ont besoin de nous.

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Grimaldi, né le 1r mai 2018, à l’adoption.

Et à l’inverse, quels sont les petits bonheurs que t’apporte cette association ?

Réussir à sauver des petites boules de poils même si c’est loin d’être facile parfois, les nuits peuvent être courtes, les soins épuisants. Les chatons arrivent très souvent dans un état « critique », on tente tout ce que l’on peut sans en arriver à faire de l’acharnement thérapeutique, ce n’est pas du tout notre politique.
Réussir à redonner confiance à un chat effrayé qui a pu être maltraité ou tout simplement qui voit l’homme comme un ennemi, quand on a les premières câlins, les premiers ronrons c’est une véritable victoire.
Et bien sur le bonheur au top c’est quand nos petits protégés trouvent la famille idéale pour leur nouveau départ dans la vie, notre rôle c’est justement de tout mettre en œuvre pour qu’ils aient cette chance.

Quelle est ta relation avec les réseaux sociaux ? Est-ce qu’ils apportent une visibilité à l’association, une manière de communiquer, etc… ?

Les réseaux sociaux une grande question, il faut être présent quasiment H24 ce qui est assez compliqué, faut répondre aux gens limite dans la seconde, ils n’ont aucune notion du bénévolat. Les réseaux sociaux sont pratiques car ils permettent aux gens de suivre l’actualité de l’association (prise en charge, soins, adoptions, animations etc). Malheureusement, il y a tellement d’associations de protection animale que les gens se perdent au milieu de ce flot d’informations.
Ils apportent une certaine visibilité c’est certain enfin à condition que l’on publie régulièrement, que les gens like ou partagent les publications sinon autant dire qu’on est invisible. Aujourd’hui on ne peut pas se permettre de ne pas être actif sur les RS, on est dans une société ou tout doit être immédiat. En revanche il faut aussi sélectionner les informations que l’on diffuse car les photos « trash » qui sont le reflet de la réalité, les gens n’aiment pas, ils ne veulent pas savoir ce qui se passent en vrai, ils préfèrent les photos de chatons tout mignon. Parfois c’est donc compliqué de faire passer une information. On a aussi le problème des gens qui se désabonnent ou qui masquent les publications parce qu’on fait des appels aux dons et qu’on ne poste pas que des jolies photos du pays des bisounours chatons.

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Princesse, née le 8 mars 2019, à l’adoption.

Que peut-on faire pour soutenir l’association ?

Il y a plein de façon de soutenir l’association :
Liker la page Facebook
– Partager les annonces adoptions, les appels aux dons, l’actualité de l’association
– Devenir adhérent (10 euros annuel)
– Distribuer des flyers d’adhésion et autres info sur l’association
– Devenir familles d’accueil

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Comment vois-tu le futur de l’association ?

C’est une question que je me pose souvent. Une partie de moi aimerait ouvrir un refuge, pouvoir en sauver encore plus mais l’autre partie ne sait pas si elle tiendra le coup encore longtemps face à la maltraitance, l’abandon et autres atrocités auxquelles on est confrontée. On se blinde jamais face à la misère animale encore moins face aux décès, on fait tout ce que l’on peut et parfois ça ne suffit pas et résultat on doute, on se demande à quoi ça sert de continuer, on se demande ou est ce qu’on a merdé pour cet échec. La protection animale n’est pas simple tous les jours, il n’y a pas de pause, c’est 7 jours sur 7 , 24heures sur 24, pas de vacances, pas de week-end. C’est un rythme dur.
En fait je suis incapable de savoir comment sera le futur de l’association.

En tout cas au Terrier, on souhaite à l’association de continuer à faire son énorme travail dans de bonnes conditions ! Merci à Virginie pour cette interview, vous pouvez retrouver le Panorama des Animaux sur le site internet, la page Facebook, Instagram et Twitter.

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