Déprime, j’écris ton nom.

 Vendredi, j’ai passé une vraie sale journée comme rarement j’en ai vécu.

Des mauvaises journées, j’en ai eu, cela va de soi. Quand j’ai appris que ma grand-mère avait une tumeur, quand elle est morte, quand ma première chienne est morte, quand je me faisais emmerder au collège, quand je n’avais pas le boulot que je voulais, bref, il y en a eu.

Mais passer une mauvaise journée pour des raisons comme celles citées, c’est normal. Il y a une raison.

Quand vous dîtes à quelqu’un « je suis déprimée aujourd’hui », la question qui suit est généralement « pourquoi ? ». J’ai souvent des raisons de déprimer alors la plupart du temps, j’explique. Le fait qu’il y ait une cause à ma déprime me permet de passer au-delà. Si je sais pourquoi je suis triste, je sais aussi comment travailler dessus.

Non, vendredi, j’ai passé une vraie journée pourrie parce que je n’avais pas de raison de déprimer. Globalement, 2017 a été une bonne année pour moi. J’ai accompli des choses, j’ai level-uppé dans certains domaines, bref, j’ai vraiment avancé.

Vendredi, j’ai passé la journée dans ma bibliothèque. J’ai fait de la veille pour mes prochains achats, j’ai préparé les animations pour les classes la semaine prochaine, j’ai rangé, j’ai accueilli les CE1 des TAP qui ont été enchantés de ce que je leur proposais. Bref, une belle journée de bibliothécaire. Et quand je bosse, je suis bien ! Je me rends compte que même si c’est un temps partiel, j’ai un travail que j’aime et qui m’aide à me lever le matin.

Je suis dans les dernières corrections de Pandémonium, ça y est, après un travail de près de deux ans, j’en vois le bout. Je suis fière de ce roman, j’y ai mis tout ce que j’ai pu. Je me suis améliorée dans l’écriture et la façon de mener mes histoires.
Mon NaNo suit la même voie. Je suis assez contente du scénario, de certains passages qui résonnent bien.

Si je voulais pinailler, je dirais que dans cette vie que je me suis construite de mes propres mains, il me manque mon appartement à Creys parce que j’en ai marre des trajets. Mais je ne suis pas mal là où je suis, c’est même confortable.

Je suis arrivée là où je le voulais parce que je ne me suis pas contentée d’attendre que ça m’arrive. J’ai su saisir les opportunités quand elles se présentaient. C’est cool, je suis contente, je suis fière de moi.

Et pourtant je suis déprimée, oui. Je me réveille certains matins avec un poids sur les épaules, avec une sorte de voile devant les yeux qui me fait voir la vie tout en gris. Je traverse les journées comme une âme en peine en souhaitant que l’heure d’aller me coucher arrive vite. J’ai mal à la tête parce que je suis triste (oui, ça se traduit comme ça chez moi). J’ai mal au cœur parce que j’ai l’impression d’avoir un boulet au pied.

Ces jours-là, il n’y a aucune raison. Il ne s’est rien passé d’extraordinaire. Mais tout semble prendre une proportion insurmontable. Je dois aller en salon ? Je ne vais pas y survivre. Pourquoi est-ce qu’il me manque autant, je n’arrive plus à respirer. Je ne trouve pas les mots pour faire passer ce que je veux dire dans ce roman, je suis vraiment une autrice de merde.

Je me force à toujours sourire et à voir le bon côté des choses parce que je n’aimerais pas mourir sur un sentiment de tristesse. Mais parfois, même ma volonté n’est pas assez forte.

Et ce n’est pas grave. Ça arrive. Ce n’est pas parce que vous avez toutes les raisons du monde d’être heureux et satisfait que vous n’avez pas le droit d’être triste. On vous reproche d’être déprimé sans raison, que d’autres ont une vie bien plus merdique que la vôtre ? Est-ce qu’on fait un concours ?

C’est facile de dire qu’il faut se concentrer sur les petits bonheurs quotidiens. C’est facile de le faire quand on va bien. Je remplis ma jarre à bonheurs quand j’ai le cœur léger. La voir si pleine ne m’aide pas quand je suis déprimée. Elle me dit seulement que lorsque la déprime sera passée, je me rendrai à nouveau compte à quel point ma vie est chouette.

Je sais que les jours tristes sont toujours suivis d’un rayon de soleil. Alors je laisse le temps faire son œuvre pour arrêter l’hémorragie qui me tue doucement.

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2 réflexions sur “Déprime, j’écris ton nom.

  1. :s est ce que tu ne souffriras pas d’une forme de syndrome de l’imposteur ? Genre que malgré tout, malgré tes efforts, tu estimerais que tu n’as pas mérité ta place ? Surtout que parfois, on a tendance à stigmatiser les gens qui réussissent ?
    J’espère que tu parviendras à trouver des réponses pour ne plus avoir la vie gâchée par la déprime.
    Bon courage ! Accroche toi !
    Bizzz

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  2. Bonjour.
    Et si c’était un problème physique et non psychologique ?
    Est-ce qu’il y a un lien avec un ou des aliments mangés la veille ? Ou l’utilisation d’un parfum ou d’une lessive ou d’une cheminée (ma voisine brûle régulièrement des plastiques dans sa cheminée, tout le quartier devient irrespirable).
    Par exemple, mettez-moi en présence d’un bouquet de lis, ou d’huile essentielle d’ylang-ylang bio siii réputée pour apaiser, et… je fonds en larmes ! Eh oui, ces « molécules » (linalool en tête) me CREENT un effet de déprime… tout à fait artificiel !
    Voilà, je voulais juste donner ces pistes… si peu connues (notamment concernant les petits TDAH, qui seraient si calmes s’ils n’étaient embrumés de parfums / savons / lotions / colorants / produits d’entretien / assouplissants / bon d’accord j’arrête ;p).
    Bon courage ! Bonne écriture !!!

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