[À la découverte de] Emmanuel Quentin, super-héros des livres

Aujourd’hui dans mon Terrier, nous partons à la rencontre d’un super gars. Super-auteur de deux romans publiés chez le Peuple de Mü (« Dormeurs » et « Où s’imposent les silences » -cliquez sur les titres pour lire mes chroniques) et super-bibliothécaire très impliqué avec sa structure dans les Etats Généraux de l’Imaginaire, Emmanuel Quentin a bien voulu répondre à mes questions, merci à lui. ^_^

DORMEURS_C1

Comme tous les invités du Terrier, je te laisse te présenter en quelques mots à mes lecteurs avant d’entrer dans le vif du sujet.
Alors… alors… alors…. la question que je redoute le plus et qui arrive en premier (ce qui est un peu normal, ceci dit)… En quelques mots, donc… Je vais faire très simple, c’est mieux. Je m’appelle Emmanuel Quentin, je suis né dans les années 70, je suis bibliothécaire de profession parce que je voulais bosser au milieu des livres et depuis peu, deux de mes romans ont été publié, ce qui me vaut de venir me présenter ici, ce dont je suis ravi.

Quel est ton meilleur souvenir d’auteur ?
Comme beaucoup je crois (quoique, après réflexion, pas forcément, il faudra que j’en cause avec d’autres), mon meilleur souvenir d’auteur a été l’acceptation du manuscrit de « Dormeurs » aux éditions le Peuple de Mü. C’était une vraie émotion. Après j’ai beaucoup d’autres souvenirs, moins intenses mais néanmoins importants : le premier contact avec les lecteurs (et les discussions enflammées sur la science-fiction qui ont suivi ; un passage où j’étais dans l’impasse qui se débloque tout à coup sans prévenir et qui donne des perspectives incroyables à l’histoire ; la réception des livres une fois imprimés ; la présence sur un salon où je peux échanger avec un auteur que je lis depuis des années et qui m’intimide… oui à tout bien considérer je pourrais dresser une longue liste de ce genre de souvenirs.

Comment écris-tu ? Quel est ton processus de création ? Est-ce que tu as déjà toutes les cartes en main avant de commencer à écrire ou suis-tu tes personnages sans savoir où ils te mèneront ? Comment te mets-tu en condition d’écriture ? Bref, dis-nous tout. 🙂
J’écris quand je peux mais avant tout, il me faut une idée. A partir de là, je commence à écrire, sans faire de plan. Je suis effectivement mes personnages et j’adore ça, de me laisser surprendre par leurs personnalités et le monde qui les entoure. En revanche, j’écris lentement, et beaucoup dans ma tête d’une certaine façon. L’histoire mature essentiellement dans ma tête, dans les grandes lignes avant que je ne couche les mots sur le papier. Je dis « dans les grandes lignes », parce que je ne veux me fermer aucune porte et profiter de ce que les situations engendrent d’elles-mêmes dans une histoire. En gros, je suis loin d’être un architecte mais ça me va bien comme ça. Le tout c’est de rester vigilant pour conserver une cohérence.
Quant à ma mise en condition en écriture, elle est effroyable. Je me dis « ce soir je m’y mets », et bim ! Arrivé le soir, je trouve toutes les mauvaises raisons pour ne pas m’y coller. Surtout au début d’un roman, quand je vois tout le chemin qu’il me reste à parcourir. Mais lorsque j’ai bien avancé, l’histoire est tellement dans ma tête qu’il en faut peu pour me pousser à écrire. Le hic survient surtout lorsque j’arrête. A ce moment-là, je suis un zombie. On me parle mais je n’écoute rien, je me contente de répéter plusieurs fois ce qu’on me dit avant que mon cerveau percute. Ça peut déstabiliser l’entourage…

Quel est le personnage que tu préfères dans tes romans ?
Alors là, difficile question. En fait je crois que j’apprécie certains personnages secondaires autant que les principaux. Mais si je devais en choisir un, je dirais Dimitri dans « Où s’imposent les silences ». Fredric dans « Dormeurs » peut avoir un côté très agaçant. Et celui du roman en cours d’écriture n’est pas un tendre : grande gueule, égoïste, désabusé… à croire que j’aime bien ce genre de personnages.

Où puises-tu tes inspirations ?
Partout ! Je prends tout ce qui passe et quand quelque chose attire mon attention, même pour des éléments de décor je dis « stop, je prends ». Le monde qui nous entoure est une forte source d’inspiration, mais les livres aussi. Il se pourrait que je sois une éponge, mais ça n’a rien d’exceptionnel.

EQ_Silences

Quel est le dernier livre que tu as lu ? Et le dernier film vu ?
Le dernier livre que j’ai lu est un Perry Mason,  « Cœurs à vendre ». Le dernier film, c’est « The Iceman ». Mon dernier coup de cœur est un livre à paraître que j’ai eu la chance de lire en avant-première, et que je ne m’enlève pas de la tête tant il m’a touché. Il s’agit de « Petit blanc » de Nicolas Cartelet*. Il y a beaucoup de tendresse dans ce livre, d’humanité, et il touche à des thèmes qui m’ont parlé. Sa fin est également renversante. Bref, un livre à lire absolument.

Décris nous une journée idéale.
La journée idéale, c’est celle où je me retrouve avec les amis ou la famille. Pas obligé que ce soit pour un événement particulier. La simplicité , c’est pas mal dans ces cas là. Etre ensemble et en profiter.

Si tu pouvais aller prendre un café avec un auteur (vivant ou mort), qui choisirais-tu ?
Robert Merle, sans l’ombre d’une hésitation.

Question pro maintenant : quel regard porte le bibliothécaire sur la façon dont est traité le genre de l’Imaginaire en bibliothèque ?
Ah là là…. (soupir). Il y a du boulot ! Quand je suis en vacances, j’en profite parfois (c’est quand même les vacances) pour faire un petit tour des bibliothèques des villes que je traverse… eh bien, on voit très vite celles portant un intérêt pour les littératures de l’Imaginaire et celles qui sont démunies face à elles : méconnaissance du genre dans bien des cas, ou bugdet qui ne suit pas dans d’autres. Mais j’ai cru comprendre que des bibliothécaires semaient des graines d’Imaginaire partout où elles/ils passaient. Soyons positifs, tout ça va bientôt évoluer !

Pour finir, quels sont tes projets à venir ?
Ma nouvelle « L’herbe plus mauve ailleurs » doit paraître en fin d’année dans l’anthologie « Pulps » aux éditions Ad Astra, je viens d’en terminer une autre pour les éditions Le Peuple de Mü à paraître l’an prochain. Et j’ai donc entamé un roman d’anticipation noir c’est noir, avec le personnage grande gueule dont je parlais plus haut, évoluant dans un monde asphyxié…. mais je n’en suis qu’au début et donc, je trouve toutes les bonnes raisons pour retarder le moment de m’y mettre vraiment. Mais j’ai autour de moi, des personnes bienveillantes qui me poussent à m’y pencher pour de bon, même si je dois avoir l’air d’un zombie après chaque séance d’écriture. Sinon, je serai aux Aventuriales de Ménétrol en septembre prochain, un salon incontournable dans les terres du Milieu, où l’ambiance est extrêmement sympathique.

 

Vous pouvez retrouver Emmanuel sur Twitter et sur sa page Facebook, ou encore sur son blog

*À paraître en septembre chez le Peuple de Mü.

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