Du rêve à la nouvelle

Aujourd’hui, je ressors un article écrit il y a 2 ans (ne me jugez pas, j’ai dit que le blog était en vacances en juillet) pour le site « Le Renard Loquace », où je parlais de ma façon d’utiliser mes rêves pour pondre une histoire.

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D’ordinaire, il me suffit d’une étincelle pour avoir l’idée d’un roman : une chanson, une phrase entendue, une personne croisée dans la rue, une pensée furtive. Pourtant, aucune nouvelle n’est jamais née de cette façon. Non, pour moi, chaque courte histoire que j’ai écrite provenait d’un songe particulièrement prenant. Je suis une personne dont l’inconscient travaille beaucoup la nuit, et je me souviens toujours très bien des rêves, souvent farfelus, que je fais. Et parfois, l’un d’eux sort du lot.

Ces rêves-là, je les qualifie de « forts en atmosphère ». C’est ainsi que j’ai écrit pour la première fois dans un univers de medieval fantasy, alors que je suis plutôt versée dans le fantastique. Ce rêve qui a donné naissance à une nouvelle, « Feu de Lune » (Val Sombre Éditions), était un rêve très fort, chargé en détail, et plus important encore, chargé en « impressions » puisque j’étais l’un des personnages actifs. C’était une scène dialoguée, sur fond de grande bataille. Lorsque je me suis réveillée, j’étais encore dans cette ambiance médiévale fantastique. Pour ne pas oublier cette sensation d’avoir vécu quelque chose d’important, j’ai attrapé le premier papier que j’ai trouvé et j’ai pris des notes.

De l’ébauche à l’histoire

Ce n’était pas encore une histoire, il n’y avait pas de trame, juste des images, des sons, des odeurs. Tout ça, je l’ai noté avec soin, avec tout ce que j’avais ressenti pendant ce rêve, jusqu’à la sensation d’une épée entre mes mains. Les notes étaient chaotiques, avec des flèches et des points d’exclamation, mais j’ai absolument tout inscrit sur cette feuille. Le lendemain, à tête reposée, j’ai repris mon papier, et j’ai commencé à réfléchir au passé des personnages croisés pendant la nuit, de la personne que j’avais moi-même été pendant le rêve, de la cause de cette bataille, de l’aménagement du château dans lequel je m’étais trouvée. Pourquoi y avait-il eu une bataille ? Comment avait-on préparé le siège ? Quels buts servaient les différents protagonistes ? Et surtout, quel genre de monde était-ce ?

En me posant toutes ces questions, j’ai réussi à amorcer une histoire, et tout en gardant mes premières notes sous les yeux pour ne pas perdre l’ambiance initiale du rêve, j’ai commencé l’écriture de cette nouvelle. Au final, cette très courte scène de bataille que j’avais rêvée ne servit qu’à donner une atmosphère à ma nouvelle, à ériger un univers plus vaste. Elle fut le point de départ, une sorte de rencontre avec ce monde et les personnages, et la nouvelle devint la suite de ce rêve.

Une simple transposition

Il est arrivé également qu’une nouvelle soit la version travaillée d’un rêve complet, et dans ces cas-là, le travail est un peu différent : en effet, puisqu’il s’agit de raconter des événements déjà « vus » dans un rêve, l’exercice porte plus sur la forme (comment raconter) que sur le fond (l’histoire est normalement déjà tracée). Mais dans l’ensemble, c’est assez semblable. L’un des points communs entre tous ces rêves reste l’atmosphère. Il faut que quelque chose de très fort se dégage d’un songe pour que je décide de le travailler, une étincelle qui me fait dire que oui, je tiens une histoire. Ce fut le cas pour ma nouvelle « Epsilon » (écrite pour le magazine Absinthe) que j’ai rêvé presque telle quelle. La chronologie du songe était cohérente, mais les questions à me poser étaient du même acabit. Qu’est-ce qui a déclenché les événements du rêve ? Quel nom puis-je donner à ce groupe secret ? Pourquoi une telle attaque sur le camp ?

Une nouvelle fois, un carnet sur la table de chevet est indispensable pour pouvoir prendre de courtes notes au réveil sur la chronologie des événements, sur l’ambiance, sur les personnages, sur les dialogues éventuellement entendus. Les notes sont les meilleurs éléments de base pour avoir une idée de la direction à prendre dans une nouvelle. Peu importe qu’on les suive à la lettre au moment de l’écriture, les avoir à portée de main permet de se remettre dans l’ambiance du rêve, de recréer l’atmosphère de la situation, et de faire courir le stylo sur le papier.

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