[J’ai vu] Histoires à lire debout

Vendredi soir, j’ai été invitée à aller voir la pièce que présentait le groupe de théâtre « ados » de Chavanoz. Récompense d’une année de travail sous la houlette de leurs professeurs, Joëlle Lestra et Julien Thonnat, les jeunes (âgés de 14 à 18 ans) ont joué la pièce de Jean-Paul Alègre : « Histoires à lire debout ».

La nuit, dans le silence de la bibliothèque, Magnus l’encyclopédie, Philo, Roman, le soupirant de la délicate Flore, le recueil de poésies, et Sans¬Nom, le livre raté qui mélange ses pages, forment une joyeuse bande dans le meilleur des mondes.
Hélas, une menace pèse sur ces rayonnages heureux : celle du Grand Autocrate qui décide de partir en guerre contre le livre et la lecture. Mais d’Artagnan, Buffalo Bill, Obélix, la Princesse de Clèves, Molière et le Petit Poucet ne l’entendent pas de cette oreille ! Ils s’unissent pour défendre la liberté d’écrire et de penser…

Je ne connaissais pas l’oeuvre avant ce soir-là. J’y allais sans même connaître le résumé.

La pièce commence par le personnage du Livre. Il s’adresse au lecteur qui le tient entre ses mains, lui parle comme on parle à une personne avec qui on débute une relation. Un peu de gêne, de la séduction, et beaucoup d’espoir que ça marche. Puis le Livre tourne la page sur son histoire, sur une histoire aux accents oppressants et pourtant lumineux.

On se retrouve alors dans une bibliothèque, dirigée par un vieux bibliothécaire amoureux des livres. Cet amour qui transparaît dans chacun de ses mots est mis à mal par l’arrivée d’une menace, représentée ici par le Grand Autocrate, dictateur qui pourrait être celui du pays d’à côté, et qui décide de s’attaquer à la lecture pour empêcher le peuple de réfléchir à la liberté.

Mais quand la nuit tombe et que le bibliothécaire rentre chez lui, les livres prennent vie pour nous raconter leurs aventures… puis la peur qu’engendrent les agressions qui les visent désormais.

Autant vous le dire tout de suite, j’ai failli pleurer pendant les 3/4 de la pièce. Déjà parce que les jeunes ont été capables de personnifier les sentiments et l’angoisse du thème de la pièce : le bibliothécaire qui parle de ses livres, la petite Flore meurtrie et ses amis impuissants, les personnages célèbres qui s’unissent pour donner un spectacle face à la tyrannie…
Ensuite parce que le message résonnait en moi comme une appréhension sourde, la menace de ma liberté d’écrire, de lire, de ne plus pouvoir m’échapper dans mes romans, et aussi le réconfort que je n’écris pas pour rien, que les artistes ont une véritable mission, que face à la menace, on a tous un rôle à jouer.

Dire que j’ai aimé la pièce ne serait pas lui faire honneur. Ça a été au-delà. Du début à la fin, j’ai été suspendue aux lèvres de ces jeunes, émue aux larmes par leur performance et le message qu’ils faisaient passer.

Un grand bravo à eux, ils ont été parfaits. Et bravo à leurs professeurs d’avoir choisi cette pièce qui les a si bien mis en valeur. C’était superbe. (Kylian, merci. ♥)

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