Vivre avec le deuil

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Il y a mille façons de faire son deuil. Chaque personne est différente, chaque personne vit la chose à sa manière. Je ne suis pas là pour expliquer quel serait le meilleur moyen de vivre le deuil, s’il y en a vraiment un, mais je voudrais parler de mon expérience à moi.

Je l’ai déjà évoqué ici, ma grand-mère maternelle est morte en juillet 2015. Cinq ans plus tôt, mon grand-père maternel est décédé lui aussi, mais cette perte-là n’a pas impacté ma vie autant que celle de ma grand-mère.

Après l’indéfinissable tristesse et ce désespoir que je n’avais jamais connu jusqu’alors, la Vie a frappé. J’ai appris ma propre mortalité. On sait qu’on va tous y passer un jour ou l’autre, la Mort est bien quelque chose qu’on ne pourra jamais éviter, à la fin. Je le savais, mais c’était lointain, diffus. Je n’y pensais même pas parce que pour moi, ce n’était pas d’actualité. Et pourtant.

Être confrontée à la mort de ma grand-mère m’a ouvert les portes d’une vie marquée par l’imminence de sa fin.

J’ai compris que je pouvais mourir demain. Pour quelqu’un comme moi qui a élevé la procrastination au rang d’art, je me suis rendue compte que ce serait insensé de ne pas passer sa dernière journée à faire des choses amusantes, folles, constructives, bref, une journée que je ne risquerais pas de regretter.

Autre élément qui a changé : ma façon d’appréhender mon futur. Le deuil a tué à la fois la procrastinatrice mais aussi la planificatrice que j’étais. Auparavant, j’aimais bien faire des plans sur du très long terme. Aujourd’hui, je planifie jusqu’à 6 mois, un an maximum. Je ne veux plus faire de projets qui prendraient des années à réaliser. Je vis ma vie au jour le jour, et je ne pense pas à ce qui risque de m’arriver dans cinq ou dix ans. Par exemple, je sais que je vais travailler pour 6 mois minimum, je sais ce que je veux faire après, mais voilà. J’ai une ligne directrice qui risque de changer au fil de mes envies et de mes rencontres, rien d’immuable. Et si je dois mourir dans trois mois, je ne regretterai pas de ne pas être allée au bout de cette ligne.

C’est un choix. Je ne dis pas que c’est mieux, mais en tout cas, ça me convient à moi.

Depuis que je parle plus ouvertement de la Mort et de ma façon de vivre ma vie, les gens ont tendance à penser que je suis devenue morbide et que je n’attends que ça, de mourir. Alors qu’au contraire, j’ai l’impression d’être plus heureuse et plus ouverte maintenant que j’ai été confrontée à cette mortalité, et j’apprécie beaucoup plus chaque instant. Je ne voue pas un culte à la Mort, je n’y vois pas une espèce de philosophie ésotérique. C’est un passage obligé pour tous, peu importe qui nous sommes et ce que nous faisons, alors autant se faciliter la Vie.

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