We don’t meet people by accident.

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Illustration @Janie Olsen

Il y a des rencontres qui laissent une marque, d’autres qui permettent de faire un pas de plus sur le chemin de la vie, et certaines, plus rares, bouleversent complètement une existence.

J’ai écrit mes premiers romans « au ventre ». J’avais des histoires à raconter, et je le faisais. Je me laissais prendre au jeu des personnages qui n’en font qu’à leur tête, je balançais un Deus ex Machina quand l’intrigue peinait, je me documentais tout de même un peu pour ne pas trop manipuler la réalité à ma sauce (n’est-ce pas, comtesse Bathory ?) mais au final, j’écrivais ce dont j’avais envie, et peu importait comment je maniais les mots puisque je les voyais comme d’excellents ambassadeurs de ma pensée.

J’ai aimé écrire mes vampires et mes zombies. C’était un moment de pur bonheur que de voir mes personnages prendre vie, de les passer à la moulinette des relectures et des corrections, de les avoir entre mes mains dans leur écrin de papier. L’écriture de ces romans était fluide, les phrases coulaient sous mes doigts, j’étais plutôt satisfaite de moi.

L’an dernier, j’ai commencé à écrire mon nouveau roman dans le cadre du challenge du NaNoWriMo. Et les 50 000 mots, je les ai posés sans faire de réels efforts. J’avais une histoire qui tenait la route, une héroïne sympa à faire parler et un thème qui me tenait à cœur. Dans ma tête, c’était le prochain roman que j’allais sortir, et probablement assez rapidement vu la manière dont je l’écrivais. Je pensais sincèrement qu’il allait être meilleur que mes autres bouquins, mais je n’avais aucune idée du pourquoi. Peut-être simplement parce que j’avais des idées à faire passer avec cette histoire, que je trouvais ça important. Mais quand je dis « meilleur », c’était sans aller jusqu’à penser qu’il aurait forcément plus de succès que les autres. Ma petite notoriété toute relative était plutôt confortable.

En fait, je ne me mesurais pas à la bonne échelle, parce que l’échelle, je ne la connaissais pas encore.

Il y a des rencontres qui peuvent changer un pan complet de l’existence, et cette année, j’ai rencontré quelqu’un qui a ouvert une porte. De petits pas en petits pas, des guides se sont placés sur ma route pour m’amener à cet instant précis. S’ils n’avaient pas été là, qui sait où j’en serais aujourd’hui ? Une chose est sûre, je ne serais pas en train de galérer sur « Le Royaume de Hel ».

Vous écoutez quelqu’un parler, et soudain, votre perception change. Tout ce que vous avez imaginé sur ce qui est encore à ce moment un loisir se craquelle, et derrière les fissures, vous commencez à saisir que le monde est plus grand, bien plus grand. Vous êtes là avec votre petit passé de scribouilleuse, avec des idées bien arrêtées sur votre façon de considérer le travail, et mot après mot, on enlève toutes les briques qui formaient le mur cachant l’univers. Vous voulez même devenir comme cette personne quand vous serez grand !

Bien sûr, vous vous mettez à lire ses ouvrages. Ça serait quand même un comble si ce n’était qu’un commercial incapable de mettre la même conviction dans ses romans ! Et vous prenez baffe sur baffe. Jusqu’à lire un genre de littérature que jamais vous ne lisez d’ordinaire. Les mots n’étaient pas juste lancés comme des dés. Vous réfléchissez au sens de tout cela. Et c’est là que vous vous rendez compte qu’après une rencontre et deux livres, vous êtes en train d’envisager une nouvelle manière de travailler.

J’ai entièrement repris ce que j’avais écrit pour le Royaume. J’ai fait des fiches. Un synopsis, avec une liste d’événements à placer dans l’histoire pour qu’elle avance. Les personnages ont chacun trouvé leur ton. Je suis allée rencontrer des professionnels, qui ont été ravis de répondre à mes questions (avant, jamais je n’aurais même songé à poser des questions, c’est idiot de ma part, mais ça ne rentrait pas dans mon processus de création).

Je crois que le plus bel instant dans le travail de ce roman, pour le moment, est lorsque j’ai eu besoin de décrire Niflheim et que je n’ai eu qu’à sortir ma fiche de préparation.

Alors oui, je galère. Vraiment. Je reprends les phrases vingt-cinq fois jusqu’à ce qu’elles sonnent juste. J’efface des lignes entières, je n’ai plus peur de jeter le travail d’une journée. Je vis quelque chose de nouveau avec ce roman, qui me fait tous les jours douter de ma capacité à écrire. Je suis à bout, parfois. J’ai envie de tout balancer à la poubelle, d’arrêter de croire que je peux y arriver, de passer à autre chose et ne plus jamais reprendre la plume de toute ma vie.

Finalement, je n’étais pas si mal avec mes œillères, hein ? Pourtant, je ne les remettrais pour rien au monde. Quand on aperçoit ce qu’il y a derrière la porte de l’écriture, on ne peut pas la refermer. Alors là tout de suite, je suis encore en bas de l’escalier qui mène à cette porte. J’ai beaucoup de marches à gravir, certainement pas mal d’obstacles, de déconvenues et de découragements qui m’attendent, mais bordel, je l’ouvrirai un jour, cette foutue porte ! ^_^

Alors merci à toi, mon Maître Jedi sans qui la Force ne voudrait encore rien dire pour moi.

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