Mes premiers Shetlands

En 1992, alors que nous vivions en région parisienne, mes parents décidèrent d’adopter un chien. Après de nombreuses recherches sur quelle race pourrait le mieux convenir à notre famille, leur choix se porta sur la race des Shetlands, ces « petits bergers sympa ». Un Colley miniature, comme j’ai coutume de l’entendre lorsque je promène mes chiens, entre 33 et 39 cm au garrot, de couleur fauve, tricolore, bleu merle ou bicolore (bleu ou noir). Une petite tête trop mignonne, un regard plein d’amour, une belle fourrure, et un caractère réservé mais débordant d’affection pour ses maîtres.

Après la visite de plusieurs élevages, c’est au Mans, dans l’élevage du Cèdre Enchanté, que mes parents choisirent une petite femelle fauve, Hanska.

Les premières semaines furent toutefois très difficiles. Depuis une très mauvaise expérience dans ma toute petite enfance, j’avais une peur extraordinaire des chiens. Impossible pour moi d’apprécier la compagnie d’un chiot aussi excité qu’Hanska, qui nous martyrisait, ma sœur et moi, en nous mordillant les chevilles dès que nous descendions du canapé. Toute fofolle, incapable d’écouter un ordre, un peu trop joueuse pour obéir, mes parents ont même un temps songé à la ramener à l’élevage.

Mais le déclic survint, lorsque pendant un trajet pour l’école, Hanska réussit à se libérer de son collier et se mit à courir sur la route. J’ai eu tellement peur qu’elle se fasse renverser par une voiture que ma phobie des chiens s’envola, et je passai le reste de la journée à la tenir dans mes bras. Hanska se calma, tout en gardant son caractère très joueur, mais elle resta finalement avec nous. Elle était un peu la princesse de la maison, la troisième fille de mon père. Joueuse, câline, affectueuse, et très bruyante (impossible de jouer au ballon avec elle sans qu’elle ne casse les oreilles de tout le monde -elle aboyait aussi quand on frappait à la porte ou que le téléphone sonnait, terrible), c’était notre premier chien, notre fifille à nous.

Cinq ans plus tard, elle eut sa première portée d’un mâle tricolore de l’élevage du Cèdre Enchanté, Hermès. Cinq chiots sont nés, trois femelles (deux tri et une fauve) et deux mâles tri. Les Shetlands étant une race difficile en ce qui concerne les naissances, surtout pour des novices, seul Némo, le premier né, survécut. Nous l’avons donc gardé avec nous.

Hanska est morte en 2007, d’une maladie foudroyante. Nous nous sommes levés un samedi matin, et elle ne pouvait plus bouger, son arrière-train tout trempé. Mon père et ma sœur l’ont emmenée chez le vétérinaire, ils sont revenus sans elle. Ma première chienne, avec laquelle j’avais grandi, depuis mes six ans. Celle grâce à qui ma phobie des chiens avait disparu, qui m’a appris à respecter les bêtes, à les aimer. Une matinée, et elle est était partie, laissant un grand vide derrière elle et dans nos cœurs.

Sa mort a entraîné un long dépérissement de Némo, qui a malgré tout survécu jusqu’en 2012, malade, aveugle, sourd, mais qui à chaque fois qu’on pensait que c’était la bonne, repartait de plus belle.

Quand Némo est parti, j’avais déjà Ghost, un autre Shetland. Pourtant, voir partir ce petit bout de chien que j’ai vu naître, que j’ai tenu dans mes mains alors qu’il n’avait que quelques minutes, ce fut dur. Il était malade, mais il était heureux.

Mes deux loulous, vous nous manquez.

(Je ferai plus tard un article plus joyeux sur Ghost et Jazzy, ce que j’avais prévu de faire au début de celui-ci…)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s