Comme un petit goût amer.

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Je reviens d’Épinal, où se tenaient comme chaque année les Imaginales. Loin de l’euphorie et du contentement éprouvés il y a deux ans, j’ai aujourd’hui comme un petit pincement au cœur d’avoir vu et compris tant de choses consternantes.

Il y a bien longtemps que je ne crois plus que le monde de l’édition, c’est tout rose. Cependant, je suis arrivée à saturation de certaines choses : entendre dire que tel roman est nul et qu’on n’essaiera même pas de le lire uniquement parce que l’auteure appartient à une certaine maison d’édition, et sa variante « si telle blogueuse dit que ça vaut pas le coup, je ne tente même pas de me faire ma propre idée, je vais suivre sans réfléchir ». Balancer des horreurs sur un ou une, et se rendre compte que « merde, elle publie à cet endroit, il faut que je sois copine avec ! », je trouve ça d’une nullité affligeante. Et surtout, je me suis rendue compte qu’après des « oh, j’adore ton roman ! », « c’est trop bien ce que tu fais ! » et « t’es trop sympa, je t’adore, soyons BFF !!! », après avoir pris de mon temps pour lire et donner mon avis sur des romans/nouvelles en cours d’écriture, une fois les dits romans publiés, je pouvais toujours m’asseoir sur cette « amitié » qu’on m’avait si somptueusement offerte quand je servais à quelque chose. Pire, une fois avéré que je vendais de toute façon moins de romans qu’il ou elle, j’ai découvert cette élégante tendance qui vise à me regarder de haut, m’ignorer quand je pose une question, ou carrément me parler comme si j’étais une mendiante face à une Madame De la Haute. À chaque fois que ça m’arrive, je me dis que c’est fini, que ça n’arrivera plus, et je me retrouve plus tard à penser que peut-être, je vais laisser passer l’opportunité d’être utile à quelqu’un, et je retombe dans le piège.

Mais heureusement, tout le monde n’est pas comme ça dans ce milieu de vipères. Les Imaginales, c’est aussi rencontrer des personnes merveilleuses, revoir des gens adorables, rire et partager avec des auteurs et des lecteurs qui ne se prennent pas la tête.

J’éprouve toujours un réel plaisir à échanger avec Mathieu Guibé et la douce Cécile Guillot, le Chat Noir étant le seul stand où je suis sûre de toujours repartir avec un roman. J. Arden et Andréa Schwartz, deux jeunes filles pétillantes et amusantes, au talent indéniable. Vanessa Terral, que j’ai enfin eu la chance de rencontrer, Samantha Bailly, Alice Scarling, que j’ai hâte de découvrir, et Denis Labbé, entre autres. Ces gens-là sont ceux qui, malgré le dégoût de certaines expériences dans le monde de l’édition, font que l’envie reste de partager, d’aller en salon, ne serait-ce que pour les voir et leur parler.

Un festival en demi-teinte cette année, avec moins d’achats aussi. Peut-être est-il temps pour moi de passer à autre chose, de laisser de côté l’écriture pour m’aventurer dans de nouveaux projets.

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