J’avais oublié.

J’avais oublié ce que c’était de travailler sur un roman. De travailler « pour de vrai », dans le but de le partager et pas de le laisser comme les vingt autres projets dans les Fichiers Perdus de l’ordinateur.

J’avais oublié les doutes : sur la qualité de l’écriture, sur les enchaînements des événements, sur la cohérence des personnages, sur l’attrait du scénario.

J’avais oublié la frustration, celle qui arrive quand, après avoir passé une heure à recopier un passage écrit à la main longtemps auparavant, on se rend compte que ça ne colle pas du tout avec le reste.

J’avais oublié la peur qui tiraille les tripes. J’avais oublié l’attente d’une réponse.

J’avais oublié de rêver très fort, de voir en grand, de croire en ce que je pouvais faire.

J’avais oublié la fatigue, les yeux qui piquent, les crampes dans les doigts, et ce besoin de terminer un chapitre malgré tout.

J’avais oublié l’envie de mettre un point final à une histoire, et l’angoisse de se sentir orpheline une fois que c’est fait.

J’avais oublié d’écrire.

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